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Sous le soleil, exactement


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Nom : Sous le soleil, exactement. Le paysage en Provence, du classicisme à la modernité (1750-1920)
Date : jusqu'au 21 août
Horaires : du mardi au dimanche, de 11h00 à 18h00.
Lieu : Centre de la Vieille Charité
Adresse : 2, rue de la Charité, 13 002 Marseille
Tarifs : 5 euros, tarif réduit : 2 euros
Infos : 04 91 14 59 30
mairie-marseille.fr

Cézanne, Van Gogh, Renoir, Vernet et une soixantaine d'autres peintres se sont donnés rendez-vous, cet été, à Marseille, dans les galeries de la Vieille Charité. "Sous le soleil, exactement", cette exposition au nom très évocateur qui rappelle inévitablement la chanson de Serge Gainsbourg, présente, à travers 150 œuvres, la diversité et la lumière des paysages de Provence, terre d'élection de nombreux artistes entre 1750 et 1920.


L'exposition réunit des œuvres couvrant des mouvements artistiques très éclectiques : classicisme, naturalisme, impressionnisme, postimpressionnisme, fauvisme et cubisme. C'est l'occasion de découvrir l'évolution du regard de peintres célèbres sur ce paysage bien particulier et sur la lumière qui s'en dégage. L'exposition s'articule justement autour de l'exploitation chromatique de cette lumière provençale. La rade de Marseille, le port de Toulon, les gorges d'Ollioules, la Sainte Victoire et des paysages provençaux aux couleurs flamboyantes se dévoilent sous un jour nouveau mettant en évidence les atouts qui ont fait de la Provence l'un des principaux foyers de l'élaboration et du développement de la peinture de paysage, de Joseph Vernet à Georges Braque.

Dans une lumière renouvelée
L'exposition s'ouvre avec les œuvres de celui qui fut le premier à s'intéresser à la représentation de la lumière en Provence, le peintre Joseph Vernet. En observant certains tableaux de la série des Vues des ports de France, réalisés entre 1750 et 1760, on comprend comment a débuté cet amour pour la Provence et ses paysages. Le port d'Antibes en Provence, vu du côté de la terre (1756) montre en premier plan le clair-obscur et la lumière dans le lointain. Le style du peintre, où prédominent le ciel et la mer, fait alors des émules parmi ses contemporains comme Volaire ou Henry d'Arles. L'histoire de la peinture marque vraiment un tournant avec les œuvres de Jean-Antoine Contantin, puisque la pratique du lavis lui permet de subtils jeux de lumière. C'est dans son atelier que les fondateurs de l'école de Marseille font leurs premières armes.

L'école de Marseille
L'exposition fait la part belle aux peintres de l'École de Marseille, Paul-Camille Guigou, Jean-Baptiste Olive, Louis-Auguste Aiguier, Marius Engalière ainsi qu'à son chef de file, Emile Loubon, qui tous, à partir de 1845, affirment l'identité provençale. Chacun a sa manière de dépeindre la Provence. L'œuvre de Loubon, Vue de Marseille prise des Aygalades, un jour de marché, démontre l'originalité de ses compositions et son goût pour la Provence rurale. Ses empâtements forts et ses compositions horizontales soulignent son intérêt pour le folklore local. Loubon préfère dépeindre l'arrière-pays et ses montagnes, avec une prédilection pour les scènes avec des animaux sur fonds de paysages. Paul-Camille Guigou s'en inspire et perfectionne sa technique pour essayer de représenter au mieux la transparence de l'air, comme on peut le voir dans Les Collines d'Allauch. " Ces peintres du plein air sont aussi des peintres du plein soleil " comme le souligne la préface du catalogue de l'exposition.

Le mouvement moderne
Cette lumière intense et franche du Sud de la France a marqué de nombreux artistes du XIXème siècle qui explorent ces paysages à travers d'autres voies que celles de l'impressionnisme. Vincent Van Gogh fut le premier à tomber sous le charme de cette région. Lors de son passage à Saint-Rémy-de-Provence, un boulevard planté de platanes suffit à l'inspirer et aboutit à l'œuvre Les Grands Platanes. C'est une période féconde pour le peintre qui produit deux cents tableaux et une centaine de dessins. Sa façon si particulière de pétrir dans la pâte l'éblouissement des couleurs laisse des marques chez les fauves provençaux comme Lombard et Chabaud. Mais parler de la peinture en Provence sans évoquer Cézanne n'aurait pas de sens. C'est sa région natale qui lui fournit ses motifs et la lumière franche qui exacerbe les formes de ses paysages. Il signe ainsi l'entrée du paysage provençal dans l'art moderne. Sur les traces de Van Gogh et de Cézanne, les peintres du mouvement moderne, néo-impressionnistes, fauves et cubistes, se sont aussi rendus dans le sud de la France.

Cette exposition montre bien les diverses étapes qui mènent d'une représentation élégiaque du paysage à un traitement moderne où le paysage tend à s'abstraire. Il est possible de venir admirer ces toiles jusqu'au 21 août avant qu'elles ne s'envolent pour le musée des Beaux-Arts de Montréal.

DIAPORAMA : 16 images de l'exposition Sous le soleil exactement
   
  [Laetitia Devillars, L'Internaute]
   

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 Rédaction L'Internaute
 
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