| Pratique |
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Nom : Splendeur de Venise
1500-1600 |
Lieu : Musée des Beaux-Arts
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Date : jusqu'au 19 mars 2006 |
Adresse : 20, cours d'Albret,
Bordeaux
Tel : 05 56 10 20 56 |
Tarif : 5 euros, tarif réduit
: 2,5 euros |
Sur le Web : www.bordeaux.fr |
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Splendeurs aux couleurs épaisses et sensuelles, les quelques
70 peintures et 50 dessins présentés au sein du Musée des
Beaux-Arts de la ville girondine évoquent toute l'opulence
de l'âge d'or qui s'épanouit à Venise au cours du XVIème siècle.
Près de trente musées de France ont contribué à l'événement,
qui compte parmi les 12 manifestations ayant reçu le label
d'intérêt national pour l'année 2005 du ministère de la culture
et de la communication. Développé par le Musée des Beaux-Arts
de Bordeaux en collaboration avec le Musée des Beaux-Arts
de Caen et l'Institut National d'Histoire de l'Art, le projet
se présente comme un reflet des collections publiques françaises,
et fait suite à la dernière exposition qui rendait compte
du génie artistique de la période, "Le
Siècle de Titien", présentée au Grand Palais en 1993.
La somptuosité vénitienne fut en effet dominée par le génie
de Titien, suivi dans son travail par d'autres grands peintres
tels que Tintoret, Bassano, Palma Vecchio ou Véronèse. D'autres,
comme Schiavone, Bordone, Lotto, et les indépendants Girolamo
Da Trévise et Cariani, marquèrent aussi cette période majeure
de l'histoire de l'art. Les œuvres se font aujourd'hui écho
sur les murs du musée bordelais, mêlant peintures d'histoire,
allégories, portraits, scènes de genre, tableaux d'autel,
ou éléments de grands décors. Les créations picturales du
XVIème siècle italien se succèdent d'une œuvre à l'autre,
révélant d'étonnants accords chromatiques, de brillants effets
d'architecture, d'audacieux trompes l'œil dans un univers
de faste où toutes les palettes de la vie prennent une exubérance
voluptueuse. Dans ce monde de luxe, les drapés de soie frémissent,
les chevelures meuvent leurs reflets moirés et l'or tinte
au milieu de drames passionnels et de l'éclat des carnations
féminines.
La magie envoûtante qui se dégage de ces peintures fut d'ailleurs
telle que cet âge d'or fut longtemps victime de préjugés et
d'une certaine discrimination. C'est l'argumentaire selon
lequel "la couleur dépend tout à fait de la matière alors
que le dessin dépend de l'esprit", comme le soulignait Charles
le Brun, directeur de l'académie royale de peinture au XVIIème
siècle, qui stigmatisa la couleur comme "moins noble"
que le dessin et marqua l'école vénitienne du sceau de la
licence. Il faudra attendre les romantiques pour qu'elle soit
reconnue à sa juste valeur, et que Hippolyte Taine, célèbre
essayiste et historien français du XIXème siècle,
puisse déclarer : "Les yeux jouissent, voilà tout : ils jouissent
comme ceux des vénitiens du XVIème siècle ; (…) la peinture
n'y était que le complément de la volupté environnante…" (H.Taine,
Voyage en Italie, 1864).
Splendeur de Venise est une invitation au voyage, où
la sensualité des formes et la violence des émotions
atteignent tous les sens, et plongent l'observateur dans un
monde carmin emplit d'une incitation au plaisir... Presque
trop intense.
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