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 EXPOSITION 
Avril 2006

Fashion Victim, la mode dans la peau

Aficionados du style, de la coupe parfaite et des talons derniers cris, attention : ceci n'est pas un défilé des plus beaux costumes, mais une infiltration dangereuse de l'art dans les dessous de la couture... Entre les vêtements et les corps s'est glissée la Mode, comme seconde peau pour certains, comme définition d'identité pour d'autres. Mais son emprise ne laisse, dans tous les cas, personne totalement intact...

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Pratique
Nom : Victime de la Mode
Lieu : Crac Alsace
Adresse : 18, rue du Château - F-68130 Altkirch
Date : jusqu'au 21 mai
Tarif : gratuit
Sur le Web : www.cracalsace.com

Quand l'art touche à la mode
Le Crac Alsace a entreprit cette année de s'ouvrir sur des disciplines qui influencent l'art contemporain. Le milieu de la mode frôle en effet celui de création, et certains artistes vacillent entre les deux. Composée de vêtements, de photographies, d'installations et d'objets, l'exposition réunit ici le travail de 10 artistes très proches de la haute couture, et dont les oeuvres explorent les ambivalences de cet univers.

Qu'est-ce que la mode ?
On y découvre les modèles terriblement sophistiqués, superficiels et artificiels de Inez Van Lamsweerde. Ces poupées préfabriquées aux corps inhumains laissent entrevoir tant la perversité de l'utilisation d'un corps que la vanité de sa marchandisation. Chez Timur Celikdag, ce sont au contraire les clashs culturels existants qui se lisent à travers les contradictions vestimentaires de ses pièces, réalisées dans les pays arabes. Si les photographies de Frank Perrin cherchent à capturer le glamour, elles insistent aussi sur les multiples détails cachés de cet univers de faste et dessinent les contours d'un bluff colossal. Cette contradiction, cette dualité se retrouve dans les piétons new-yorkais des portraits de Margot Zanni. Par leurs vêtements, ils sont, souvent à leur insu, porteurs de messages subliminaux et véhiculent des mythes et des icônes.

Et la mode vient de Shangaï
Le Crac Alsace a choisit de mettre en avant la scène chinoise, avec les artistes Peng & Peng, Zhang Da et Wang Yiyang. Si le premier nous confronte aux contradictions du boulevard le plus populaire de Shanghai, avec la vue futuriste du Pudong en ligne d'horizon, le second s'appuie au contraire sur des formes ancestrales et géométriques. Carrés, cercles et cubes lui suffisent pour transformer de simples tissus en pièces d'une rare beauté. Le troisième rassemble ces tendances en cherchant la frontière entre passé et présent, et intègre des techniques ancestrales dans la modernité.

Les habits, c'est nous
La jungle urbaine se lit dans nos vêtements. Nous sommes désormais le reflet d'une agressivité grandissante qui envahie les grandes villes et influe sur notre comportement social. C'est le postulat de Alicia Framis, dont les modèles, sous une apparence de haute couture élégante, se révèlent taillés comme des boucliers et adaptés aux combats de rues. Jusqu'à profusion, la mode nous grise et nous fait tourner la tête... comme cette jeune fille de Liza May Post qui s'évanouit à cause d'une overdose de senteurs sophistiquées.

Alors faut-il voir dans les recherches de Roy Villevoye une origine à tout cela ? Il a rencontré les Papuas, en Nouvelle-Guinée, qui portent une grande attention à leurs vêtements, non pas pour leur utilité, ni pour leur beauté d'ailleurs. Mais pour leur pouvoir magique. Cette deuxième peau leur donne de la force, et ils les portent jusqu'à ce qu'ils soient totalement abîmés. Les plus fervents des fashions victims se cacheraient-ils en Papouasie ?

EN IMAGES Les plus belles photos de Victime de la Mode
12 photos
 
 Elodie Rothan, L'InternauteWeek End
 
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