| Pratique |
Nom : Victime de la Mode |
Lieu : Crac Alsace |
Adresse : 18, rue du Château
- F-68130 Altkirch |
Date : jusqu'au 21 mai |
Tarif : gratuit |
Sur le Web : www.cracalsace.com |
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Quand l'art
touche à la mode
Le Crac Alsace a entreprit cette année de s'ouvrir
sur des disciplines qui influencent l'art contemporain. Le
milieu de la mode frôle en effet celui de création,
et certains artistes vacillent entre les deux. Composée
de vêtements, de photographies, d'installations et d'objets,
l'exposition réunit ici le travail de 10 artistes très
proches de la haute couture, et dont les oeuvres explorent
les ambivalences de cet univers.
Qu'est-ce que la mode ?
On y découvre les modèles terriblement
sophistiqués, superficiels et artificiels de Inez Van
Lamsweerde. Ces poupées préfabriquées
aux corps inhumains laissent entrevoir tant la perversité
de l'utilisation d'un corps que la vanité de sa marchandisation.
Chez Timur Celikdag, ce sont au contraire les clashs culturels
existants qui se lisent à travers les contradictions
vestimentaires de ses pièces, réalisées
dans les pays arabes. Si les photographies de Frank Perrin
cherchent à capturer le glamour, elles insistent aussi
sur les multiples détails cachés de cet univers
de faste et dessinent les contours d'un bluff colossal. Cette
contradiction, cette dualité se retrouve dans les piétons
new-yorkais des portraits de Margot Zanni. Par leurs vêtements,
ils sont, souvent à leur insu, porteurs de messages
subliminaux et véhiculent des mythes et des icônes.
Et la mode vient de Shangaï
Le Crac Alsace a choisit de mettre en avant la
scène chinoise, avec les artistes Peng & Peng,
Zhang Da et Wang Yiyang. Si le premier nous confronte aux
contradictions du boulevard le plus populaire de Shanghai,
avec la vue futuriste du Pudong en ligne d'horizon, le second
s'appuie au contraire sur des formes ancestrales et géométriques.
Carrés, cercles et cubes lui suffisent pour transformer
de simples tissus en pièces d'une rare beauté.
Le troisième rassemble ces tendances en cherchant la
frontière entre passé et présent, et
intègre des techniques ancestrales dans la modernité.
Les habits, c'est nous
La jungle urbaine se lit dans nos vêtements.
Nous sommes désormais le reflet d'une agressivité
grandissante qui envahie les grandes villes et influe sur
notre comportement social. C'est le postulat de Alicia Framis,
dont les modèles, sous une apparence de haute couture
élégante, se révèlent taillés
comme des boucliers et adaptés aux combats de rues.
Jusqu'à profusion, la mode nous grise et nous fait
tourner la tête... comme cette jeune fille de Liza May
Post qui s'évanouit à cause d'une overdose de
senteurs sophistiquées.
Alors faut-il voir dans les recherches de Roy Villevoye une
origine à tout cela ? Il a rencontré les Papuas,
en Nouvelle-Guinée, qui portent une grande attention
à leurs vêtements, non pas pour leur utilité,
ni pour leur beauté d'ailleurs. Mais pour leur pouvoir
magique. Cette deuxième peau leur donne de la force,
et ils les portent jusqu'à ce qu'ils soient totalement
abîmés. Les plus fervents des fashions victims
se cacheraient-ils en Papouasie ?
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