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Janvier 2006

Le Mac Val : de l'art pour tous !


Pour la première fois en France, un musée d'art contemporain a ouvert ses portes en banlieue. Le Mac Val, résolument moderne, se lance un défi de taille : allier harmonieusement une ambition internationale à un souci de démocratisation de la culture en périphérie parisienne.

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Pratique
Nom : Mac Val, musée d'art contemporain du Val-de-Marne
Adresse : Place de la Libération BP 147 94404 Vitry-sur-Seine cedex
Tel : 01 43 91 64 20
Y aller :
en voiture : nationale 305, depuis la porte de Choisy, jusqu'au carrefour de la Libération à Vitry-sur-Seine.
en metro : Ligne n°7 arrêt Porte de Choisy, puis bus n°183, arrêt Moulin de Saquet-Pelletan.
en RER C : Gare de Vitry-sur-Seine. Puis bus n°180, arrêt Moulin de Saquet-Pelletan.
Tarif : 4 euros. Tarif réduit : 2 euros
Sur le Web : www.macval.fr

Une politique de longue haleine
Le Mac Val est l'aboutissement de plus de 20 ans de soutien à la création contemporaine. En 1982, le Conseil général du Val-de-Marne, présidé à l'époque par Michel Germa, entreprit une politique d'achat d'œuvres et de soutien aux artistes d'aujourd'hui. Il créa alors le Fond Départemental d'Art Contemporain (FDAC), sous la direction de Raoul-Jean Moulin, avec pour mission de constituer une collection d'œuvres actuelles. Celle-ci prend peu à peu forme, mais manque cruellement d'un lieu pour être visible à tous. C'est chose faite plus de vingt ans après... avec l'ouverture du Mac Val. Ce projet représente un investissement de 30,5 millions d'euros, financé pour moitié par le Conseil général du Val-de-Marne et pour l'autre moitié par le ministère de la culture et de la communication et la région Ile de France.

Un nouveau lieu d'art
Implanté en centre ville de Vitry-sur-Seine, ce nouveau musée est doté d'une surface de 13 000 m², dont 4 000 m² sont dédiés aux expositions permanentes et temporaires. Sa collection comprend aujourd'hui plus d'un millier d'œuvres, dont une partie pourra être exposées entre ses murs. Le parcours se présente comme une découverte de l'art contemporain en France des années 50 à nos jours, au travers des thèmes abordant la question de l'humain dans le monde : Lumière !, Action !, Les murs, Paysages, La vie moderne, ce qui nous entoure, ce qui nous façonne, Face au monde, Exister. Comme le souligne Alexia Fabre, conservateur en chef, "dans ce dialogue des œuvres de temps différents, les plus anciens permettent de replacer les plus jeunes dans l'histoire de l'art, et ces derniers illuminent les premiers à la lumière de leur influence sur le présent".

Quiétude de l'architecture
Construit par l'architecte Charles Ripault, le Mac Val se veut sobre, calme et lumineux. Ancré au cœur de la ville, il s'intègre au parcours des habitants, tout en proposant une échappée à l'urbanité morose d'une banlieue industrielle. Pour cela, il dégage une grande entité boisée, avec un jardin public de 10 000 m², et multiplie de larges ouvertures sur l'extérieur. La géométrie linéaire de sa construction offre aux œuvres un abri où l'étendue prédomine, et où les plans horizontaux sont soulignés par des percées de lumière latérales et obliques. Les couleurs pures alternent blanc, noir, les teintes sable du béton et les bruns du parquet. Un site presque aérien.

L'art accessible à tous
La vocation du musée est, au-delà d'une ambition internationale, de devenir un lieu de vie, de rencontres et de partages. Il s'adresse aux habitants du Val-de-Marne et est accessible à tous les publics. La politique de son élaboration s'appuie sur la vision de la culture comme moyen d'émancipation. L'idée que l'art est un puissant facteur de démocratie est en effet défendue depuis de longues années par la municipalité... qui peut par ailleurs se targuer de posséder dans ses quartiers plus d'une centaine d'œuvres monumentales (mosaïque de Sonia Delaunay, vitraux de Valerio Adami, ou encore l'étonnante sculpture Chaufferie avec Cheminée de Jean Dubuffet, qui trône sur le carrefour de la Libération).

Tous les aspects du musée ont été pensés en ce sens : sa politique tarifaire a été étudiée pour être accessible (4 euros le plein tarif), et son expérience se veut libre et modulable. Ainsi, des dénominatifs étranges (MAC, PVC, ETC, VVF, VSD) désignent les différents mode de visite envisageables, que l'on doit traduire par "Midi Art Contemporain", "Parcours/Visite des collections", "Exposition Temporaire Commentée", "Visite à Voir en Famille", ou "Visite Surprise Dominicale", et auxquels il faut ajouter "l'abstraction à mains nue", destinée aux sourds et malentendants. D'autre part, les "laboratoires", "Un verre avec…", et "Dialogues" offrent la possibilité de rencontres et d'échanges entre les artistes et le public. Enfin, une librairie-boutique, un restaurant, un jardin public, des espaces de médiation culturelle avec des ateliers, un centre de documentation multimédia, ainsi qu'un cinéma sont autant d'alternatives d'accompagnement de l'activité muséale. Deux ateliers de logement d'artistes parachèvent le portrait d'un lieu décidément novateur.

"Venez prendre l'art " appelait la détonante campagne de communication du Mac val… Car l'art désormais s'accapare, avec les yeux, les bras, le corps, pour descendre dans la rue, s'ancrer au cœur de la ville et toucher les esprits… On rêve un peu, mais c'est quand même tout un symbole qui s'est implanté au centre d'une grise banlieue parisienne, et qui déjà, fait des jaloux dans la capitale.

En savoir plus : lire notre article sur le Transversal, le restaurant du Mac Val

 
 Elodie Rothan, L'InternauteWeek End
 
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