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un homme comme vous, qui est plus un habitué des médias que du monde de la nuit,
s'est retrouvé à la tête du Crazy Horse ? Qu'est-ce qui vous a séduit dans cette
aventure ? J'ai été essentiellement attiré par la force incroyable de
la marque «Crazy Horse». Près de 55 ans après sa création, elle est étonnamment
présente dans l'imaginaire des gens, pas seulement en France mais dans de multiples
pays. Elle est d'ailleurs
intimement liée à une certaine image du «charme français». Au cours des derniers
mois, nous avons pu vérifier cette force de la marque, d'abord en observant les
réactions qu'ont suscité le changement d'actionnariat, puis en constatant l'accueil
très positif reçu à Singapour à l'occasion de l'ouverture, sur place, d'un
nouveau cabaret permanent. Au-delà de la qualité de la marque, le spectacle m'a
vraiment plu et j'ai trouvé passionnante l'équipe qui en a la charge. Le spectacle
devra certes évoluer dans le temps et nous y travaillons. Mais plus je le regarde,
plus je le trouve intéressant, bien au-delà des clichés propagés parfois par ceux
qui ne le connaissent pas. Alain Bernardin a vraiment créé un concept très
original qui lui a survécu et qui conserve un formidable potentiel d'évolution.
Vous venez d'ouvrir à Singapour sous l'enseigne Crazy Horse un cabaret
ressemblant énormément à celui de l'avenue George V. N'avez-vous pas peur que
cela puisse nuire à la renommée du cabaret parisien ? Absolument pas.
Le spectacle de Singapour est d'une qualité irréprochable. Je pourrais même dire
qu'il est plus beau que celui de Paris car il bénéficie d'une salle toute neuve,
complètement dans l'esprit de celle de Paris mais avec quelques touches nouvelles
particulièrement réussies. En outre, les moyens techniques utilisés sont un peu
plus modernes que ceux de Paris : le son et la lumière sont meilleurs ! Nous ne
craignons pas non plus une cannibalisation de Paris. Un autre spectacle permanent
existe depuis 2001 à Las Vegas et il n'a pas soustrait un seul spectateur au théâtre
parisien. Au contraire, les vrais aficionados ont envie de comparer. Après avoir
pris le goût du spectacle à Las Vegas ou Singapour, lorsqu'ils se retrouvent à
Paris, ils ont envie de voir le lieu originel. Après Las Vegas et
Singapour, avez-vous prévu d'ouvrir d'autres cabarets dans le monde ?
Nous travaillons en ce moment sur un concept de tournée itinérante, destinée à
des villes dans lesquelles un cabaret permanent ne se justifierait pas mais où
un spectacle pourrait se produire pendant quelques mois, sans doute de 2 à 6 mois.
Nous avons par ailleurs reçu énormément de marques d'intérêts de différentes villes
prêtes à accueillir un cabaret permanent, sur le mode de ceux de Las Vegas ou
Singapour. Pour le moment, nous n'avons pas le temps d'analyser ces demandes.
Mais, si le succès de Singapour se confirme, nous envisagerons plus que certainement
une nouvelle implantation, et probablement en Asie. Comment voyez-vous
le devenir du groupe «Crazy Horse» ? Toute notre stratégie tourne autour
du concept de «marque». Nous voulons développer celle-ci, d'abord au travers du
renforcement et de l'expansion du produit principal qu'est le spectacle lui-même,
ensuite au travers d'autres déclinaisons. Il est trop tôt pour parler de celles-ci
mais nous pensons que la marque peut être déclinée dans un grand nombre de domaines,
dans le respect de sa légitimité propre et en ayant un grand souci de préserver
sa réputation et un haut niveau de standard de qualité. Une autre chose qui me
tient à cœur est le développement d'une réelle entreprise. Jusqu'à présent, il
s'agissait d'une «affaire familiale», ce qui n'est nullement péjoratif. Mais il
est temps de passer à un type d'organisation plus motivant, plus participatif
pour ceux qui y travaillent. De manière à ce qu'ils se reconnaissent tous, où
qu'ils travaillent et quelle que soit leur fonction, dans le «groupe Crazy Horse».
Assistez-vous souvent au spectacle «Taboo» ? Je regarde
très souvent le spectacle, tout au moins en partie. Mais fréquemment, que ce soit
à Paris, à Las Vegas ou à Singapour, je m'assois au milieu du public pour assister
au spectacle en entier et essayer de le voir avec l'œil du spectateur ordinaire.
J'essaie de comprendre ce qui marche et ce qui devrait, le cas échéant, être changé.
J'en parle ensuite avec Sofia Balma, notre chorégraphe ou avec les responsables
locaux à Las Vegas et Singapour. Il y a souvent des petits détails qui méritent
qu'on les corrige. Mais, de manière générale, j'évite de me mêler des questions
artistiques. Elles doivent rester du ressort des personnes dont c'est le travail
et … le talent. Quel est le numéro du spectacle que vous préférez
? J'ai
un faible pour les «solos» puissants, comme «Chain Gang», mais j'aime également
l'originalité d'un tableau de groupe comme «Vestal's desire». En fait, tout dépend
de mon humeur du moment et de la performance de l'artiste. Il y a des jours où
les danseuses sont véritablement «habitées» par leur prestation. Elles transcendent
alors le tableau qu'elles dansent. Car au-delà de la performance purement technique
et de leur remarquable beauté, elles sont avant tout de véritables artistes.
Y a-t-il un nouveau spectacle en cours de préparation pour 2006 ?
En
fait, plutôt qu'une refonte complète du spectacle, nous sommes favorables à une
évolution, touche par touche, tableau par tableau. C'est d'ailleurs ainsi que
travaillait Alain Bernardin. Depuis l'acquisition, nous avons déjà apporté quelques
modifications substantielles. Ainsi deux tableaux ont été remplacés. Les nouveaux
tableaux sont «Exciting» et «Chair Me Up». Ce sont des variations, actualisées
par le talent de Sofia Balma, d'anciens tableaux historiques du Crazy Horse mais
leur force et leur qualité intrinsèques les rendent réellement intemporels. Ils
ont apporté un véritable souffle de renouveau à l'ensemble du spectacle.
Continuerez-vous à suivre la ligne de conduite que s'était fixé le fondateur
du Crazy Horse, Alain Bernardin, et qui consistait à faire du cabaret un haut
lieu de l'art nu ? Nous nous situons résolument dans la poursuite de
la ligne de conduite d'Alain Bernardin. Nous pensons que l'«Art du Nu» est l'expression
qui définit le mieux le Crazy Horse. Nous resterons sur un positionnement très
haut de gamme, sans concession à la facilité ou à la vulgarité. Peut-être essayerons-nous
de réintroduire quelques touches de provocation, comme d'ailleurs Alain Bernardin
savait si bien le faire, mais avec l'obsession de la qualité. C'est d'ailleurs
ce qui rend le Crazy Horse si unique, dans un monde où la nudité et la sexualité
sont trop souvent galvaudées ou banalisées. Quel avenir envisagez-vous
pour le cabaret parisien ? Partout dans le monde, on constate un grand
intérêt pour le «spectacle vivant». Il suffit de voir le succès des spectacles
du «Cirque du Soleil» mais aussi des comédies musicales. Avec les cabarets, Paris
a développé un concept original de lieu de spectacle vivant. Si la qualité est
préservée, si le souci du spectateur est bien présent, il n'y pas de raison pour
que les cabarets parisiens ne continuent pas à attirer le public. C'est en tout
cas une partie de notre pari avec Track'n feed.
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Taboo : - La revue - L'a
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