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Une histoire mystérieuse, une soirée à l'ambiance terrifiante, un dîner diabolique... Si vous avez vécu un Halloween particulièrement angoissant ou drôlissime, racontez-le aux lecteurs de L'Internaute Magazine.
Dossier Halloween, une fête pour se faire peur
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 Halloween à la Toussaint  

Catty Vendé , Le Haillan

Où a eu lieu cet halloween particulier ?

A la Guadeloupe, plus particulièrement à Gosier.

En quelle année s’est-il déroulé ?

1982. Nous n'appellions pas cela Halloween, mais c'était pendant la fête de la Toussaint.

Racontez-nous ce «fameux» Halloween ?

Comme vous la savez certainement, à la Guadeloupe nous fêtons la Toussaint dans les cimetières afin de rendre hommage à nos morts, à tous ceux qui ont été chers dans notre coeur : la famille, des amis, un voisin, etc. Le cimetière, ce jour-là est illuminé et décoré de bougies de toutes sortes, et est grouillé de personnes venant de toute part : Guadeloupe, Martinique, même de la France. Tout le monde met des fleurs et allume des bougies sur la tombe d'un ou plusieurs proches par tradition et se commémore des souvenirs qu'il échange avec ses enfants ou des amis ou de la famille qui venaient tous pour la même raison afin de vénérer une arrière grand-mère ou grand-père ou un oncle mort. Pendant que les adultes profitaient de leur sortie de fête funèbre, nous les enfants nous en profitions pour faire nos boules de bougies en échappant de temps en temps aux regards des parents trop occupés à papoter. Cela nous était interdit de faire des boules. Et oui, en métropole, nous projetons les boules de neige, imaginez-vous ce que peuvent faire les boules à la cire de bougies. Non seulement nous pouvions nous faire très mal mais cela était irrespectueux pour les morts. Pour nous les enfants, c'était notre jeu interdit. Les parents nous menaçaient d'une fessée ou nous préparaient psychologiquement à la colère du proche mort pour lequel nous étions venus décorer la tombe. Nous commencions à regretter nous persuandant en même temps que ce n'est pas possible. "Comment un mort peut se lever de sa tombe pour venir nous donner une fessée et nous faire peur?" "Il aurait pu venir au mariage de son fils adoré!" "Je ne le connais même pas, il ne risque pas de savoir qui je suis!" "Moi, s'il me fait peur, je lui mets une croix devant les yeux comme pour Dracula!" "Moi je crois que c'est vrai, il ne faut pas rigoler avec cela." Quand est venu le moment où chaque famille dut se séparer pour rentrer chez eux en se promettant de se revoir très prochainement, nous, les enfants nous n'étions pas aussi joyeux que cela de nous séparer. Nous avions la trouille de rentrer à la maison et nous mettre dans notre lit. Peur de la nuit. Peur de la menace d'un des parents concernant la colère du mort. Je me rappelle de cette nuit. La nuit la plus longue de ma vie m'avait fait transpiré toute l'eau que j'avais bu juste avant d'aller me coucher et m'envelopper sous mon drap en coton qui me recouvrait le corps du pied à la tête à me couper le souffle. Une fois toute la maison endormie, commençaient mes lamentations je ne voulais plus bouger, j'entendais mon coeur battre dans mon corps moîte, je regrettais d'avoir touché à la cire de bougie, je regrettais d'avoir été influencé par ceux qui disaient que les morts ne peuvent pas se lever de terre.Je regrettais d'être allé au cimetière. Je regrettais d'être née. Je ne croyais plus personne cette nuit là, je faisais confiance qu'à ma mauvaise conscience qui me persécutait. J'entendis des grincements d'une porte extérieure qui me faisait penser au mort qui était devant chez nous, et puis, le bruit du vent qui avait l'air de soufflé tout sur son passage et je me dis que ce n'est peut-être pas le vent mais tous les morts qui étaient solidaires entre eux ... et Soudain, j'entendis un hurlement ! Mon chat qui hurlait, hurlait de plus en plus fort. Cela ne lui était jamais arrivé de pousser un miaulement aussi terrible. J'ai tout de suite pensée que le mort s'en était pris d'abord à mon chat, avant de se jeter sur moi.Mon coeur n'allait plus tenir le coup. Fallait faire quelque chose. J'ai prié, prié, et je me suis dite. Tu feras partir le mort et tes parents viendront à ton secours ! choses dites choses faites. "Enfin Cat, ma pauvre Cat" dit ma mère, "tu as fait un cauchemar", "Où est le chat! Le chat !" criai-je". Pour la persuader que ce n'était pas un cauchemard, c'était la réalité, "Mais non ma chérie ! Je t'ai entendu crier et en me précipitant dans ta chambre, j'ai pilé sur la queue du chat et celle-ci a eu peur et c'est pour cela qu'il s'est mise à hurler de douleur ! viens dormir dans le lit de maman et papa". De ce pas, j'ai sauté de joie ! Soulagé de toute cette angoisse, j'étais maintenant en sécurité. Mais jusqu'à quand ?

Qu’est-ce qui vous a le plus marqué durant cette fête ?

L'influence que peuvent avoir nos parents sur nous quand on est enfant, lors des fêtes de ce genre quand ils veulent nous faire peur.

Publié le 20 octobre 2006

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