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Oxford-Cambridge : un Français remporte la course d'aviron
 INTERVIEW 
Avril 2006

Bastien Ripoll : "Cette épreuve est vraiment magique"

Dimanche 2 avril, Bastien Ripoll a remporté la Boat Race, la mythique course d'aviron qui oppose les universités anglaises d'Oxford et de Cambridge. "Une immense joie" pour cet athlète, 1er français à devenir un "blue", un rameur sur la Boat Race.
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A 25 ans, Bastien Ripoll est le 1er rameur français à avoir disputé la Boat Race. Il a rejoint l'université d'Oxford en septembre 2005 pour y effectuer un mastère de sciences, politique et gestion de l'eau. Le Toulousain, qui a déjà pris part aux Jeux Olympiques et aux Championnats du monde, revient sur sa participation à la course d'aviron la plus célèbre et la plus populaire du monde.

Qu'est ce que vous avez ressenti en franchissant la ligne ?
Bastien Ripoll : On se demande pendant un moment si c'est bien vrai, si le réveil ne va pas bientôt sonner. Et puis, quand on réalise qu'on a gagné, c'est une immense joie, que l'on a envie de faire durer le plus longtemps possible. Le passage de la ligne est toujours le meilleur moment dans une victoire. Il y a aussi la remise du trophée bien sûr mais ce n'est pas pareil, c'est moins fort. En plus, la coupe était lourde à porter et j'avais du champagne dans les yeux !

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Vous êtes le 1er rameur français à participer et à gagner la Boat Race. Est-ce une satisfaction supplémentaire ?
Je suis bien sûr très fier d'être devenu un "blue". Cette épreuve est vraiment magique. Ce n'était pas spécialement un rêve de gosse d'y participer mais là, je suis quand même en plein rêve ! Et puis cette victoire me permet aussi de valoriser l'aviron, une discipline qui reste trop confidentielle en France malgré les bons résultats de ces dernières années.

Comment s'est déroulée la course ?
Les conditions de navigation se sont avérées assez délicates, mais nous avons mis Cambridge sous pression d'entrée et ils n'ont pu profiter du premier virage en leur faveur. Une fois que nous avions la longueur d'avance, tout était bien plus facile et nous les avons tués psychologiquement. Ce fut ensuite extraordinaire de pouvoir mener la course aisément et profiter de la foule amassée sur le bord.

250 000 personnes sur les berges, c'est impressionnant ?

Ça fait surtout beaucoup de bruit ! L'échauffement s'est déroulé dans un brouhaha assourdissant. Nous étions entourés de milliers de personnes, et, émotionnellement, c'est un peu lourd au début. Mais lorsque la course est lancée, on oublie très vite tout ça et on s'occupe de ce que l'on a à faire pour gagner.

Vous étiez "chef de nage" durant la compétition. En quoi consiste ce poste ?
Le chef de nage est le rameur placé le plus à l'arrière du bateau (un huit barré : un barreur, huit rameurs), et donc celui que tous les autres voient et suivent. Je donne le rythme, l'amplitude de coup d'aviron. Je dois donc être constant et garder mes qualités techniques dans la douleur et la fatigue.

Comment avez-vous préparé la course ?
La préparation était intensive. Elle a duré 6 mois, avec une semaine de coupure pour les fêtes de fin d'année. L'entraînement était bi-quotidien : très tôt le matin et l'après-midi. La course sur la Tamise fait 7 kilomètres et dure plus de 17 minutes. D'habitude, lors des compétitions internationales, on ne rame que 2 km, soit 5 minutes 30 à peu près. Notre victoire concrétise 6 mois d'efforts. La course a occupé nos pensées 90 % du temps pendant ce semestre, c'est bien que ça se termine comme ça.

Vous avez déjà participé à des championnats du monde avec l'équipe de France et aux JO d'Athènes en 2004. Quel est le niveau de la Boat Race par rapport à ces grosses compétitions ?
Même si elle reste amateur, s'il n'y a aucun enjeu financier majeur, cette course a vraiment pris un cran au niveau sportif ces deux dernières années. Quatorze des seize rameurs au départ dimanche dernier ont déjà fait les championnats du monde ou les Jeux olympiques au moins une fois. C'est dire la qualité sportive des deux groupes. Etre dans le Blue Boat est un honneur et un privilège. Cette course représente le summum du sport de haut niveau amateur. Même si, à choisir, je préfèrerais être champion olympique, la magie de l'épreuve ne la place vraiment pas loin derrière !

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Bastien Ripoll, un champion très discret

A Toulouse, Bastien Ripoll aurait pu faire du football ou du rugby. Mais le destin en a décidé autrement. En 1989, ses parents emménagent sur l'Ile du Ramier, à 300 mètres de "l'Aviron Toulousain". "Il fallait trouver une activité pour le mercredi après-midi. Le club le plus près de la maison était celui d'aviron, un sport dont je n'avais alors jamais entendu parler", explique Bastien.
A 10 ans, il débute donc dans ce sport et, six ans plus tard, intègre le pôle national Espoirs. A l'heure actuelle, Bastien Ripoll compte 21 sélections en équipe de France d'aviron. Le Toulousain a été champion de France plusieurs fois, participe aux Championnats du monde depuis 2001 et a même fini 6ème en huit de pointe avec barreur aux JO d'Athènes en 2004. Malgré ce beau palmarès, Bastien ne flambe pas. "Je suis quelqu'un de réservé. Gros travailleur mais plutôt pessimiste en général" dit-il, même si la victoire sur la Tamise lui donne confiance pour la suite.
Etudiant à l'Institut National de Sciences Appliquées de Toulouse pendant 4 ans, il a intégré Oxford à la rentrée 2005 pour y effectuer en mastère en sciences, politique et gestion de l'eau. Parallèlement, il continue à pratiquer l'aviron à haut niveau.

En savoir plus :
» www.avironfrance.asso.fr

 
 Marie Rialland, L'InternauteSport
 
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