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La flamme olympique en Australie, manifestations en vue

Mercredi 23 avril 2008 17h56

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Manifestations contre les violations des droits de l'Homme en Chine, le 23 avril 2008 à Canberra devant l'ambassade de Chine (Photo Torsten Blackwood/AFP)

La flamme olympique est arrivée mercredi en Australie à la veille du relais qui s'annonce mouvementé dans la capitale Canberra où militants pro-chinois et pro-tibétains ont promis de faire entendre leur voix et où six personnes ont déjà été interpellées.

Un Airbus A330 de la compagnie Air China transportant la flamme des JO de Pékin a atterri à 07H50 (21H50 GMT mardi) sur un aérodrome militaire de la capitale fédérale à l'issue d'un vol de six heures en provenance de Jakarta.

La torche olympique a été accueillie par des responsables australiens et des dignitaires issus de la communauté aborigène.

Aucun incident n'a eu lieu à l'arrivée mais l'étape australienne s'annonce d'ores et déjà chahutée, la police ayant déjà procédé à six interpellations à la veille du relais jeudi.

Deux personnes, un homme et une femme, ont été arrêtées à Sydney après avoir tenté de déployer une banderole et un drapeau tibétain sur le très symbolique Harbour Bridge. Une porte-parole de la police a indiqué à l'AFP qu'ils risquent une amende.

La flamme olympique portée par un de ses "gardiens" arrive le 23 avril 2008 à Canberra (Photo Torsten Blackwood/AFP)

Quatre autres personnes ont été arrêtées puis relâchées après avoir brandi une pancarte pro-tibétaine dans le quartier des noctambules de King's Cross, selon la police.

Dans la nuit de mardi à mercredi, des lampes laser avaient été utilisées pour projeter des slogans pro-tibétains sur l'un des pylônes du pont de Sydney.

Le Conseil australien pour le Tibet a expliqué que ces jeux de lumière visaient à protester contre le passage de la torche dans la région autonome chinoise tibétaine. "C'est une manoeuvre politique éhontée du régime chinois visant à cimenter et légitimer son contrôle sur la région", a estimé son porte-parole Paul Bourke.

Des milliers de supporteurs pro-chinois sont attendus jeudi à Canberra ainsi qu'environ 600 militants pro-Tibet qui entendent profiter de l'événement pour dénoncer les atteintes aux droits de l'Homme au Tibet.

Plus de la moitié des 1.000 policiers de la capitale, Canberra, seront mobilisés sur les 16 kilomètres du parcours de la torche, abrégé afin d'éviter des incidents comme cela fut le cas lors de son passage en Europe et aux Etats-Unis. "Il serait naïf à l'extrême" de penser que les manifestants ne tenteront pas d'utiliser le relais pour faire passer leur message, a estimé le ministre responsable de la capitale Jon Stanhope, confiant avoir "des inquiétudes".

Des moines bouddhistes tibétains manifestent devant l'ambassade de Chine en Australie, le 23 avril 2008 à Canberra (Photo Torsten Blackwood/AFP)

Le vice-président de la Commission de coordination des jeux Olympiques, Kevan Gosper, a précisé que la sécurité serait exclusivement assurée par des responsables australiens alors qu'un début de polémique est né sur les attributions des gardes chinois.

Ces agents de sécurité chinois qui escortent la flamme des JO lors des relais à l'étranger ont été critiqués pour avoir repoussé sans ménagement des manifestants pro-tibétains.

Ils n'auront, à Canberra, qu'un rôle "technique", a assuré M. Gosper.

"Toute la sécurité en lien avec le passage de la torche sera assurée par les membres de l'AFP (police fédérale australienne)", a renchéri lors d'une conférence de presse le chef de la police de Canberra, Mike Phelan.

Le périple de la flamme olympique actuellement retenu est le plus ambitieux de l'histoire des JO, avec un trajet de 137.000 kilomètres parcourant une vingtaine de pays, plus la Chine, et passant par le Tibet.

Mais la flamme, symbole de paix et d'amitié entre les peuples, s'est muée en fardeau au gré de son périple à travers le monde.

Depuis le 24 mars et la cérémonie d'allumage de la flamme à Olympie (Grèce), des incidents, parfois violents, ont émaillé le périple mondial de la torche, braquant les projecteurs sur la situation au Tibet et mettant la Chine dans l'embarras.

Son passage a été mouvementé à Londres et a tourné au fiasco à Paris, où des incidents ont éclaté, entraînant un coup de froid diplomatique entre la France et la Chine.

Mardi, le relais indonésien a été réduit au strict minimum et la cérémonie a été cantonnée dans l'enceinte du stade national de Jakarta. Seuls des spectateurs très surveillés et dûment munis d'une invitation ont pu y assister.

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