Equipe de France: Domenech, de l'ombre à la lumière
Mercredi 14 mai 2008 21h37
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Raymond Domenech le 25 février 2008 au Stade Charlety à Paris (Photo Franck Fife/AFP/Archives) |
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Deux ans après un Mondial-2006 réussi malgré la défaite en finale, Raymond Domenech, accueilli avec méfiance à son arrivée en 2004, aborde l'Euro-2008 en position de force à la tête d'une équipe de France qu'il est enfin parvenu à façonner à son goût, avec une ouverture remarquée vers les jeunes.
Il aura fallu ce mois de compétition en Allemagne pour faire évoluer l'image du patron des Bleus et lui offrir cette légitimité qui lui a tant fait défaut à ses débuts. Oublié les essais à tout va des premiers mois, le recours contraint aux vieilles gloires (Zidane, Thuram, Makelele) en août 2005 pour sauver une campagne qualificative compromise et ses difficultés à imposer son autorité.
Domenech est sorti totalement renforcé de la Coupe du monde, effaçant des mémoires son image d'entraîneur au palmarès vierge pour se forger enfin une réputation sur la scène internationale.
Il a également eu le mérite de négocier à la perfection son premier grand rendez-vous post-Mondial, cette revanche au Stade de France face aux champions du monde italiens (3-1), en septembre 2006. Son coup de maître, avec la titularisation surprise de Govou, finalement auteur d'un doublé, a été le tournant d'un match qui a parfaitement placé la France sur les rails de la qualification.
Ce duel avec la Squadra Azzurra, tant sur le terrain qu'en dehors, aura d'ailleurs été le fil rouge de ces deux années avant leurs retrouvailles prévues le 17 juin à Zurich.
Difficile de faire la part des choses entre le goût de Domenech pour la provocation et une possible maladresse. Mais sa petite phrase sur "un arbitre acheté" lors d'un France-Italie Espoirs de 1999 a mis le feu aux poudres, provoquant des réactions indignées dans le camp transalpin et sa suspension par l'UEFA pour le déplacement à Milan (0-0).
Mais là aussi, Domenech a gagné son pari. Malgré une bronca monumentale à San Siro, ses troupes ont tenu le choc et arraché un point capital pendant qu'il était confiné en tribunes. Le choix d'aligner le jeune Lassana Diarra sur le côté droit en l'absence de Sagnol, blessé, a fait merveille, prouvant qu'au petit jeu du "coaching gagnant", il avait du répondant.
La promotion de Diarra symbolise bien l'attrait de Domenech pour la nouveauté. Ancien entraîneur des Espoirs (1993-2004) et fils spirituel d'Aimé Jacquet, le technicien français, qui a le Mondial-2010 en ligne de mire, a fait souffler un vent de jeunesse sur les Bleus avec les premières sélections des Benzema, Toulalan, Nasri, Diarra, Ben Arfa, Clerc, Sagna ou Diaby, dont quelques-uns ont de fortes chances d'être présents à l'Euro.
Ce large renouvellement a fait plusieurs victimes collatérales, dont la plus illustre a été David Trezeguet. Le meilleur buteur de la Serie A (à égalité avec Borriello et son coéquipier à la Juventus Turin, Del Piero), incapable de se fondre dans le système tactique mis en place par le sélectionneur, a surtout fait les frais des deux seules défaites des Bleus en éliminatoires contre l'Ecosse.
Ces deux rencontres constituent d'ailleurs les deux principaux faux pas de Domenech en deux ans. Que ce soit pour les joueurs ou au niveau de la stratégie (4-4-2), le sélectionneur n'avait pas fait les bons choix, surtout au retour.
Il lui reste désormais à bien négocier le passage délicat de l'Euro avec un premier tour de tous les dangers dans un groupe C composé, outre de l'Italie, des redoutables Néerlandais et de la Roumanie et assurer la transition entre l'ancienne et la nouvelle génération bleue. La poursuite de sa mission jusqu'en 2010 est sans doute à ce prix.
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