JO 2024 : les Jeux à Paris, c'est fait, Los Angeles préfèrerait 2028

JO 2024 : les Jeux à Paris, c'est fait, Los Angeles préfèrerait 2028 PARIS 2024 - Le CIO a décidé de valider le principe d'une double attribution des JO 2024 et 2028. Paris et Los Angeles doivent désormais mettre d'accord avant la date du vote prévu en septembre mais le résultat fait peu de doute.

[Mis à jour le 11 juillet 2017 à 18h45] JEUX OLYMPIQUES 2024 - Paris est désormais certain d'organiser les Jeux Olympiques... en 2024 ou en 2028. Le CIO (Comité national olympique) a en effet validé ce mardi la double attribution des Jeux olympiques en 2024 et 2028 en faveur de la capitale française et de Los Angeles. Les deux villes devront toutefois se mettre d'accord entre elles et avec le CIO sur la répartition, d'ici la session de vote final prévue le 13 septembre prochain à Lima (Pérou). Si un accord est trouvé, la session de Lima servira simplement à l'entériner, sinon, le CIO organisera un vote classique, comme ce qui était prévu au départ, et uniquement pour les JO 2024. Le résultat de ces négociations ne fait toutefois pas beaucoup de doute : Paris devrait bien recevoir les Jeux olympique sen 2024 et Los Angeles les organisera en 2028. La ville américaine avait en effet déjà évoqué cette possibilité récemment en évoquant "une meilleur affaire" puisque la dotation accordée par le CIO sera revue à la hausse d'ici là. 

Rappelons que cette journée était marquée aussi par la présentation, ce matin, par chaque candidature (Paris et Los Angeles) de son dossier de candidature devant les 95 membres du CIO, une sorte de "grand oral" dans un temps limité de 45 minutes avec dix intervenants au maximum, puis 30 minutes de questions-réponses. Côté français, le président de la République en personne, Emmanuel Macron, a notamment pris la parole... "J'étais venu ici pour soutenir l'équipe et pour dire à quel point ces Jeux sont importants pour notre pays, a-t-il déclaré ensuite devant la presse. La France y est prête, elle les attend. Il y a une volonté d'espérer et d'aller de l'avant et ces Jeux y contribuent. Nous avons perdu trois fois dans la course pour les Jeux, nous ne voulons pas perdre une quatrième fois".

© Valentin Flauraud/AP/SIPA

EDITIONS PRECEDENTES - Après les JO 2016 organisés à Rio au Brésil, c'est la ville de Tokyo, au Japon, qui a été choisie pour accueillir les Jeux olympiques suivants, qui se dérouleront du vendredi 24 juillet au dimanche 9 août 2020. Tokyo a été élue le 7 septembre 2013, à Buenos Aires, et en devançant Istanbul (Turquie) et Madrid (Espagne). A noter que la règle non écrite de l'attribution des Jeux est quasi systématiquement celle de l'alternance, par continent, autrement dit l'Europe, puis l'Asie, puis l'Amérique... Seule l'Afrique n'a jamais eu à l'honneur d'organiser cet évènement mondial, même si Durban (Afrique du Sud) est régulièrement pressentie et pourrait tenter sa chance pour une prochaine édition.

Candidats aux JO 2024

De nombreuses villes ont envisagé de se porter candidates à l'organisation des JO 2024 sans aller jusqu'au bout du processus. C'est le cas par exemple de Durban (Afrique du Sud), Berlin (Allemagne), Melbourne (Australie), Nairobi (Kénya)... D'autres se sont déclarées officiellement candidates avant de finalement retirer leur projet. En Allemagne, Hambourg, préférée à Berlin, s'était ainsi lancée dans la course avant de faire machine arrière après la victoire du non au référendum organisé sur le sujet en novembre 2015 : 51,7 % des habitants de la ville avaient ainsi rejeté la candidature.

Autre ville à avoir fait volte-face dans cette course à la candidature pour les Jeux olympiques 2024 : Rome, en Italie. La ville aux sept collines, qui avait déjà abandonné au dernier moment pour l'édition 2020, avait pourtant été la première à se dévoiler, lors de l'été 2015, avant d'être rapidement rattrapée, dans les mois suivants, par ses problèmes d'endettement et de capacité d'investissement. Un dossier difficile définitivement plombé, en septembre 2016, par les déclarations de Virginia Raggi, fraîchement élue maire de Rome, qui avait jugé la candidature "irresponsable". L'officialisation du retrait de Rome de la course aux JO 2024 a été officialisé par le Comité olympique italien au début du mois d'octobre 2016, laissant le champ libre aux trois villes restent candidates : Paris, Los Angeles et Budapest, cette dernière décidant finalement, elle aussi, de jeter l'éponge au mois de février 2017.

Paris 2024

Si la ville de Paris a décidé de se porter candidate pour accueillir ces Jeux olympiques 2024, elle n'en est pas à son coup d'essai. Elle a en effet récemment échoué dans sa quête en 1992 (battue par Barcelone), en 2008 (battue par Pékin) et en 2012 (battue par Londres). En 2004, c'est Lille qui avait été choisie pour représenter la France, sans réussite non plus. Il faut remonter à 1900 et 1924 pour retrouver la trace de JO d'été en France, à chaque fois dans la capitale française. C'est le 23 juin 2015 que Paris a déclaré officiellement sa candidature, confirmée trois mois plus tard par la Comité international olympique. Le logo, allusion directe à la Tour Eiffel, a lui été dévoilé le 16 février 2016.

Dans la foulée, le comité de candidature de Paris 2024, présidé par Tony Estanguet et Bernard Lapasset, est entré dans le détail de son projet (budget estimé à 6 milliards d'euros) en indiquant notamment les sites sur lesquels elle compte s'appuyer (95 % de sites déjà construits). Parmi les infrastructures qui seraient sollicitées figurent des stades ou des salles dédiées traditionnellement au sport mais aussi quelques haut lieux de la capitale. Dans la liste des sites, on trouve ainsi le Stade de France (athlétisme), la Cité du Cinéma à Saint-Denis (village olympique), le Champ-de-Mars (beach-volley), la Tour Eiffel (triathlon), les Champs-Elysées (cyclisme sur route), le Grand Palais (escrime, taekwondo), l'Esplanade des Invalides (tir à l'arc), le Parc des Princes (football), le stade de Roland Garros (tennis), le Vélodrome national de Saint-Quentin-en-Yvelines...

Le slogan de la candidature de Paris aux JO 2024 a été dévoilé au début du mois de février. Ce sera "Made for sharing". Dans la langue de Molière, cela signifie "Faits pour être partagés". Ce slogan vient remplacer "La force d'un rêve", envisagé pour les Jeux olympiques 2024 au tout début de la campagne. Les responsables du dossier ont en effet souhaité "donner un caractère universel au projet" en optant finalement pour un slogan en anglais, comme l'a justifié Tony Estanguet, le co-président de Paris 2024.

Los Angeles 2024

Cela fait près de 30 ans que les Etats-Unis n'ont pas accueilli les Jeux olympiques, c'était à Atlanta, en 1996. Depuis, les candidatures New York (2012) et Chicago (2016) ont échoué face à Londres puis Rio de Janeiro. Le comité national olympique a ensuite décidé de faire l'impasse sur 2020 pour se concentrer sur 2024. C'est Boston qui avait été initialement choisie mais devant les réticences des habitants et de la mairie, c'est finalement Los Angeles qui est sélectionnée et déclarée officiellement candidate le 1er septembre 2015.

Déjà hôte des Jeux en 1932 et 1984, Los Angeles a l'expérience de ce type d'évènement et compte s'appuyer sur ce savoir-faire pour convaincre le jury. Elle prévoit notamment de moderniser le stade du Coliseum (93 000 places) et de mobiliser d'autres infrastructures d'envergure telles que le Staples Center, le Dodger Stadium ou le Rose Bowl. Le projet américain prévoit par ailleurs un investissement de plus de 3,5 milliards d'euros et des recettes supérieures, qu'elle générerait notamment grâce à de juteux accords sur les droits TV et la billetterie. Los Angeles a elle aussi dévoilé son slogan spécial Jeux olympiques 2024 depuis plusieurs semaines. Il s'agit de la maxime "Follow the sun", comprendre "Suivez le soleil".

Budapest 2024

La ville de Budapest, qui a annoncé le retrait de son projet, était candidate à l'organisation des JO 2024 depuis le mois de juin 2015 et le vote du conseil municipal à une large majorité. Si la capitale hongroise n'a jamais organisé les Jeux olympiques, elle comptait s'appuyer sur des sites qui accueilleront les championnats du monde de judo et de natation en 2017. La candidature hongroise s'appuyait également sur un budget "raisonnable" de 2,4 milliards d'euros. "Si Budapest a les JO, le coût par habitant entre 2017 et 2024 sera équivalent à un verre de bière par mois", avait même déclaré Balasz Furjes, le président du comité de candidature de la ville, il y a quelques mois.

Elle se présentait aussi comme la solution alternative "aux plus gros et aux plus riches". Balasz Furjes avait d'ailleurs déclaré en novembre dernier, devant l'assemblée générale des comités nationaux olympiques : "Nous sommes une candidature alternative, une candidature de moyenne taille qui pourrait envoyer le message que les JO ne sont pas seulement pour les grandes villes mais également pour les villes moyennes". Budapest mettait également en avant un environnement sûr, une manière de se démarquer de Paris, cible et victime de plusieurs attentats ces dernières années. Des arguments qui n'auront finalement pas fait le poids face aux oppositions internes.

Favoris JO 2024

Paris et Los Angeles avaient de toute manière une belle longueur d'avance sur Budapest et c'est la candidature de la ville américaine, portée notamment par la qualité de ses installations (avec le Memorial Coliseum en tête d'affiche), qui semble pour le moment la plus solide. Les atouts du projet de Los Angeles résident aussi dans sa capacité à s'appuyer sur le pool d'entreprises d'innovation de la Silicon Valley, dans la qualité de ses porte-paroles (le maire de Los Angeles Eric Garcetti et l'ancienne championne Janet Evans), mais aussi dans sa proximité avec le diffuseur des JO. C'est en effet la chaîne américaine NBC qui détient les droits de retransmission des Jeux olympiques pour la période de 2021 à 2032.

Paris propose également une candidature très séduisante et rêve de recevoir à nouveau les athlètes du monde entier 100 ans après les JO de 1924. La principale faiblesse du dossier français et qui semble inquiéter les membres du Comité international olympique (CIO) est la sécurité, après les attentats terroristes qui ont touché la capitale à plusieurs reprises depuis janvier 2015. Un sondage, paru le 19 décembre dernier, devrait toutefois donner du baume au cœur aux responsables du projet parisien. Dans cette enquête menée par l'institut CSA et réalisée auprès de 5 000 personnes vivant dans neuf pays du monde, à la question "quelle est la ville que personnellement vous préférez voir être retenue ? " (entre Los Angeles, Budapest et Paris), Paris arrive largement en tête avec 63 % des voix.

Dates JO 2024

La ville qui accueillera les Jeux olympiques 2024 sera élue le 13 septembre 2017, date de la 130e session du Comité international olympique (CIO), à Lima, au Pérou. Avant cela, les postulants à l'organisation de ces Jeux ont dû passer par plusieurs étapes. Elles ont déposé avant le 17 février 2016 la première partie de leur dossier de candidature consacré à la vision, au concept des Jeux et à la stratégie, puis avant le 7 octobre 2016, la deuxième partie du dossier dédié à la gouvernance, aux aspects juridiques et au financement des sites. Paris, Budapest et Los Angeles avaient enfin déposé la troisième et dernière partie du dossier (livraison des Jeux, expérience et héritage en termes de sites olympiques), avant le 7 février 2017.

Est ensuite venie l'heure des visites de la Commission d'évaluation du CIO dans les deux villes candidates, durant les mois d'avril et mai 2017, plus précisément du 23 au 25 avril à Los Angeles, et du 14 au 16 mai à Paris, soit quelques jours après le deuxième tour de l'élection présidentielle. Le rapport de la commission d'évaluation sera publié pendant le mois de juillet, à la suite duquel les villes candidates pourront formuler un droit de réponse. Les dates des Jeux olympiques en tant que telles ne sont pas encore connues mais l'événement aura lieu comme d'habitude pendant quinze jours au mois d'août.

Vote JO 2024

Le vote et la désignation de la ville hôte des JO 2024 ont lieu le 13 septembre 2017, à Lima (Pérou), après les présentations finales de chacune des candidatures, et après le rapport du président de la commission d'évaluation du Comité international olympique (CIO). Les 98 membres du CIO sont appelées à voter au premier tour pour l'une des deux villes (sauf ceux représentant les pays candidats, c'est le cas de Tony Estanguet pour la France). La ville qui recueille le plus de voix est élue. Ces dernières semaines, Thomas Bach, le président du CIO, a toutefois laissé entendre que la procédure de vote pourrait être particulière ce 13 septembre et que les votants pourraient être amenés à s'exprimer à la fois pour les JO 2024 et pour les JO 2028. "Nous avons trois candidats solides pour 2024, mais sans l'Agenda 2020, nous n'aurions eu aucun candidat pour les JO 2024. "Nous produisons trop de perdants, a expliqué Thomas Bach au mois de décembre. Notre but n'est pas de produire des perdants, mais de choisir la meilleure ville hôte possible pour les Jeux". Relancé sur le sujet, le président du CIO a ensuite déclaré : "Laissez-nous étudier la question, elle n'est pas simple". Si tel était le cas, Paris aurait toutes les chances d'être désignée... pour 2024 ou 2028.

EN VIDEO - François Hollande a défendu la candidature de la France pour les JO 2024 :

Paris / Los Angeles