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© L'Internaute Magazine
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Est-ce qu'il y avait déjà du dopage quand vous étiez vous-même cycliste ?
Oui bien sûr, puisque j'ai disputé mon premier Tour l'année qui a suivi la mort de Tom Simpson dans le Mont Ventoux, en partie à cause du dopage. Et dès 1968, des contrôles ont été organisés quotidiennement dans le Tour de France. Et quelques coureurs se sont fait exclure. Durant toute ma carrière, j'ai personnellement subi trois contrôles anti-dopage.
Que pense-vous de votre successeur Christian Prudhomme à la tête du Tour de France ? Il fait preuve de beaucoup de détermination.
En effet, il est très déterminé à poursuivre la lutte contre les tricheurs. C'est un vrai passionné et connaisseur du sport et il est irréprochable sur le plan de la moralité sportive.
Ce n'est pas pour autre chose que j'ai souhaité qu'il me succède. Il a toute mon estime.
Quelles sont vos solutions pour lutter contre le dopage ?
Théoriquement il n'incombe pas aux organisateurs de régler ce problème.
C'est la responsabilité des pouvoirs sportifs (Fédération internationale), des gouvernements car il y a une loi, et la police et la justice sont là pour l'appliquer. Et enfin, de l'Agence mondiale anti-dopage, créée après l'affaire Festina, et sur laquelle personnellement je compte beaucoup.
Il va de soi que les organisateurs du Tour soutiennent autant qu'ils le peuvent ces différents intervenants, dès lors que l'éthique à laquelle nous tenons tous s'applique à tout le monde.
Croyez-vous au passeport biologique ?
Malgré le masque de mauvais goût que vous portez [ndlr, le lecteur qui a posé cette question s'était connecté sous le nom de Piotr Ugromov, un coureur russe dont la réputation est sulfureuse], oui, je crois beaucoup au passeport biologique qui va constituer une sorte de boîte noire pour les coureurs et les dissuader de continuer à tricher. Du moins je l'espère.
Les contrôles anti-dopage sont-ils fiables ?
Oui, la meilleure preuve en est que cette année des coureurs ont été sanctionnés sur le Tour pour prise de corticoïde, d'anabolisants et pour transfusion sanguine. Ceux qui disent que les contrôles ne servent à rien en sont pour leur frais. Mais plus on fait de contrôles, plus on a de chance de débusquer des tricheurs. C'est le cas en cyclisme. Reste qu'il y aura toujours, hélas, un temps d'avance pour les nouveaux produits et les nouvelles méthodes. Mais ce n'est pas une raison pour se décourager.
En savoir plus La présentation de "Le Tour de ma vie"