SPORT
Juin 2006
François Chabaud : "Hawaii ne ressemble à aucune autre course"
Comment avez-vous découvert l'Ironman ? J'ai commencé le triathlon en 1987, à 15 ans. A l'époque, j'avais vu un reportage à la télévision sur l'Ironman d'Hawaii. Les images étaient plutôt choquantes. Certains coureurs passaient la ligne d'arrivée complètement cuits, en rampant… Mais ce qui me plaisait là-dedans, c'était que ce sport était nouveau : combiner nage, course et vélo ne s'était encore jamais fait avant la création de l'Ironman d'Hawaii en 1978. Dès le début, j'ai eu envie de faire de la longue distance. Mais j'étais un peu jeune. Il a fallu que j'attende d'avoir 25 ans environ pour pouvoir participer aux grandes courses.
Comment se prépare-t-on pour un Ironman ? La préparation nécessite beaucoup de temps. Personnellement, je me fixe 3 ou 4 gros objectifs dans l'année. Du coup, je m'entraîne 10 mois sur 12. Pour un Ironman, il faut compter deux mois de préparation spécifique avant le grand rendez-vous. Cela signifie 25 à 30 heures minimum de course, de vélo, de nage par semaine, soit beaucoup de sacrifices.
Que représente Hawaii pour un triathlète ? Hawaii ne ressemble à aucune autre course. Vivre cet évènement de légende, c'est très fort émotionnellement. Dès qu'on arrive sur l'île (une ou deux semaines avant la course), la pression monte. Il fait très chaud, l'humidité est importante : il va falloir s'habituer à ces conditions. Et puis la concurrence est exacerbée, plus qu'ailleurs. Les meilleurs professionnels sont là, on sent qu'une véritable lutte se prépare. Toute la ville vit au rythme du triathlon. C'est " Sportsland " : les gars n'arrêtent pas de s'entraîner. De 4 heures du matin à 22 heures, il y a toujours des athlètes qui pédalent, qui courent ou qui nagent. C'est hallucinant.
Vous y avez participé à 4 reprises (en 2006, ce sera la 5ème fois). Quel est votre meilleur souvenir ? Le meilleur moment, c'est lorsque j'ai terminé 6ème de l'épreuve en 2002. Mon record personnel est de 8 heures 40 minutes. Je me dois donc de faire mieux maintenant. On vit quelque chose de fabuleux quand on fait un bon résultat.
On prend parfois les "Ironmen" pour des fous. Qu'en pensez-vous ? C'est vrai qu'on est parfois perçu par le grand public comme un peu fous, un peu
marginaux. Cela est surtout du à l'image véhiculée par le triathlon à ses débuts. Personne n'était vraiment prêt, il y a eu des accidents. Aujourd'hui, c'est fini. Il y a des structures mises en place pour que cela fonctionne bien, des clubs qui encadrent les pratiquants… Le triathlon a fait des progrès au niveau de la sécurité. Et puis, courir un Ironman est à la portée de tout le monde aujourd'hui. Je n'exagère pas ! Il suffit de bien s'entraîner, d'être régulier dans sa préparation. En passant 10 à 12 heures par semaine sur la route et dans l'eau, on peut devenir un "homme en acier".
Pas du tout. Je trouve que là, on atteint la débilité profonde. Premièrement, c'est dangereux car ce type d'épreuve n'est pas géré par la Fédération Internationale de Triathlon ou par une société digne de confiance. Ensuite, le concept ne me plaît pas. Il n'y a aucun objectif de performance, c'est juste un objectif de survie, à celui qui tiendra le plus longtemps. Heureusement, cela reste marginal. Seuls une dizaine ou une vingtaine de coureurs prennent le départ de telles épreuves.
En savoir plus Le site de Francois Chabaud
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