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Bruno Derrien

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Bruno Derrien n'est pas hostile à la vidéo ni à l'arbitrage à 5. Cependant, il met en évidence les limites de chacune de ces deux solutions.

 

A quand la vidéo (comme au rugby) pour aider les arbitres qui ne peuvent pas tout voir ?

bruno derrien lors du chat.
 
Bruno Derrien lors du chat. ©  L'Internaute Magazine / Cécile Debise
 

Bruno Derrien : Michel Platini est contre ainsi que Sepp Blatter. On se dirige vers l'arbitrage à 5, en plaçant la surface de réparation sous contrôle. C'est une bonne mesure : mieux vaut 5 paires d'yeux que 3 paires d'yeux pour surveiller cette surface de réparation où se passent toutes les polémiques.

Pour ma part, je suis favorable à un usage modéré de la vidéo : pour le contrôle de la ligne de but, et pour sanctionner a posteriori les actes de tricherie et de simulation. Il ne faut plus que le "pas vu pas pris" ne soit de mise.

 

Que vous inspire la déclaration de Jean-Damien Lesay, auteur du livre "A mort l'arbitre ? " : "la vidéo ne sauvera pas l'arbitre, elle le tuera" ?

J'ai lu le livre et j'y apporte même un témoignage sur Rodolphe, l'ancien joueur devenu arbitre et lui aussi viré par le milieu.
Je pense que la beauté du football est dans cette part de hasard et que la vidéo ne résoudra pas tous les problèmes. Quand on a plusieurs avis différents sur des images, on fait quoi ? La vidéo va aussi déshumaniser ce sport, et les erreurs d'arbitrage alimentent le café de commerce !

 

Serait-il envisageable d'avoir plusieurs arbitres sur le terrain pour arbitrer un match ?

Oui, notamment derrière les buts. Mais il faudra penser à les casquer et prévoir des scaphandres ! Ils seront placés juste devant les supporters. Imaginez leur calvaire lorsqu'ils vont indiquer un penalty contre l'équipe locale dans un stade chaud.

 

Mettre à distance un mur devient quasi-impossible.  Quelle solution préconisez-vous ?

Les simulations de joueurs, c'est le cancer du football moderne.

En 2001, j'ai arbitré le jubilé de Raï au Parc des Princes. A cette occasion, j'ai failli tester une bombe de mousse pour mettre à distance les murs sur les coups-francs. C'était une idée de Raï, dont un de ses amis commercialisait ce produit. Vautrot, qui était à l'époque le patron des arbitres, m'avait déconseillé de le faire, argumentant que la FIFA n'avait pas homologué ce produit. Aujourd'hui cela se fait au Brésil : l'arbitre trace une ligne avec la bombe qu'il porte sur lui, et ainsi les murs sont à distance. J'ai failli être le précurseur de ce système !

 

Que pensez-vous des joueurs qui simulent ?

C'est le cancer du football moderne. La commission de visionnage, qui est une bonne chose, pourra maintenant sanctionner a posteriori ces actes, et c'est tant mieux.

 

Pour avoir un foot plus attractif, comme en Angleterre ou en Allemagne, ne faudrait-il pas arbitrer plus sévèrement certains tacles et être plus clément quand un joueur enlève son maillot pour célébrer son but ?

Il est vrai que nous devons rester impitoyables avec les tacles qui mettent en danger l'intégrité physique des joueurs, car la mission première d'un arbitre est de veiller à la protection de ceux-ci.
Un joueur doit garder son maillot, c'est la règle. Il faut arrêter avec ces manifestations de joie parfois ridicules après un but marqué.

 

Pensez-vous qu'il y aura un arbitre français au prochain Mondial ?

Je l'espère, et en tout cas il faut tout faire pour. Stéphane Lannoy porte aujourd'hui les espoirs de l'arbitrage français et il est pré-sélectionné pour l'instant. La liste finale sera connue en janvier 2010.

 

En savoir plus La présentation du livre "A bas l'arbitre"

 

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