Pourquoi êtes-vous venu en France ?
 |
| | Darren Tulett © L'Internaute Magazine / Cécile Debise | |
J'ai fait mes études à Manchester, à Sciences Po. Un pote, Nick, avait vécu quelques années plus tôt à Paris en tant que plongeur au Moulin Rouge. Il m'a convaincu d'y retourner avec lui lors d'une soirée bien arrosée. Je ne parlais pas français, lui se débrouillait. En arrivant ici (c'est une histoire de destin peut-être), j'ai voulu travailler à McDonalds mais j'ai été refusé.
J'ai terminé, comme Nick, par atterrir dans une école de langues (Berlitz pour ne pas la nommer). On a été formés pendant 3 semaines et puis on a été profs d'anglais, pendant 6 ans. Deux ans à Berlitz et ensuite j'ai travaillé à l'école des Mines de Paris auprès de futurs ingénieurs, à l'institut Gustave Roussy pour donner des cours à des médecins... C'était génial. Si aujourd'hui, je suis à l'aise à la télé, c'est en partie grâce à ça. Quand on est prof, on a un public. Ça m'a aidé, pour passer de la presse écrite à la télé.
Avant de travailler pour Canal +, vous faisiez quoi ?
Après 6 ans à Paris en tant que prof d'anglais, je suis retourné en Angleterre quelques temps, pour apprendre le métier de journaliste et l'exercer à Londres. Ensuite, j'ai été embauché dans la presse écrite, pour une agence américaine, à Paris. Entre 1997 et 2004, j'ai couvert tous les grands événements.
| Comment je suis arrivé à la télé française ? En bus... |
J'ai fait les Tour de France, les 6 premiers titres d'Armstrong. J'ai eu la chance, travaillant pour un media américain, d'avoir une relation privilégiée avec le cycliste. J'ai fait un papier sur lui trois semaines avant son comeback après le cancer (son premier Tour gagné). Et l'avant-veille de ce Tour de France, les organisateurs me demandent ce que je fais à 18h : Lance Armstrong donne une conférence de presse, il est peu connu à l'époque. Il n'y a pas de traducteur. Ils m'ont demandé de lui traduire sa conférence, à ses côtés. Il a vu que je connaissais bien le sport, et il a apprécié ma traduction. J'ai aussi couvert Roland Garros, la Coupe du monde de foot... J'avais beaucoup de chance.
Comment êtes-vous arrivé ensuite à la télé française ?
 |
| | Darren Tulett © L'Internaute Magazine / Cécile Debise | |
Eh bien, étant installé à Paris et couvrant beaucoup d'événements, j'ai rencontré beaucoup de journalistes. La vie est courte, il faut saisir les opportunités. Aux conférences de presse, je faisais en sorte qu'on me voit, je posais plein de questions. Je préférais être acteur que passif.
Un jour, un journaliste d'Europe 1 m'a demandé d'intervenir à l'antenne sur le foot anglais. Une fois, deux fois... puis régulièrement. C'était le soir, avec Pierre-Louis Basse. Celui-ci m'a ensuite mis en contact avec Hervé Mathoux.
A ce moment-là, Thierry Gilardi vient de quitter Canal. Hervé Mathoux récupère l'émission "L'Equipe du dimanche" sur le foot européen. Il décide de faire venir des chroniqueurs étrangers. Hervé m'appelle un lundi, j'ai cru que c'était un ami qui faisait une blague : "Bonjour, c'est Hervé Mathoux de Canal +", "Ouais, ouais, c'est ça !" J'ai failli tout faire rater. A la fin de l'appel, je me rends compte que c'est vraiment lui. On s'est vu le lendemain, on a mangé une pizza ensemble. Le dimanche, j'étais à l'antenne.
Notre rencontre a été une réussite. Maintenant que j'y pense c'est incroyable. Canal +, le direct... J'avais peur de ne pas réussir à sortir un mot à la première question. Mais j'ai eu la chance d'être dans une équipe avec que des débutants. Au début, tout le monde était mauvais, à part Hervé. Aujourd'hui, je suis le seul qui reste. Je suis dans ma 7e saison, c'est dingue et formidable.
Sinon, pour revenir à la question, pour arriver à la télé française, j'ai pris un bus...