Interview
 
Octobre 2007

Guy, volontaire au Mondial : "Des souvenirs ineffaçables"

Guy Vila 6 000 bénévoles s'activent chaque jour pour que le Mondial soit une fête réussie. Guy Vila a participé à l'organisation de la Coupe du monde à Nantes. Il nous raconte son expérience.
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C'est en voyant un spot à la télévision que Guy Vila a décidé de s'engager bénévolement dans l'organisation de la Coupe du monde. Il nous explique quel était son rôle à Nantes et nous fait partager ses plus beaux souvenirs.

 

 
Sommaire
 
 
Mondial 2007
 

Quelle était votre fonction précise en tant que bénévole ?

Au sein du service Ressources Humaines, j'avais pour mission d'assister les autres volontaires directement affectés au public : habillement, restauration, organisation des fêtes... J'ai aussi accompagné une équipe de la répression des fraudes lors du match Angleterre-Samoa. Très instructif pour quelqu'un curieux de tout. J'ai quand même pu assister au match Galles-Canada, à une grande partie de Angleterre-Samoa, et en particulier au spectaculaire Haka de nos "amis". Stadier lors du dernier match, j'ai partagé la ferveur et la peine des familles des joueurs gallois, dans la tribune présidentielle qui leur était réservée.

 Combien de personnes travaillaient à vos côtés à Nantes ?

Au total nous étions 475 à Nantes pour des missions différentes : stadiers et accueil du public, conducteurs VIP, logistique (décoration du stade aux couleurs de la Coupe du monde), billetterie (gestion des places et des anomalies de billetterie), accréditations, comptabilité, assistance aux équipes, accueil VIP.

Quel est votre meilleur souvenir du tournoi ?

Joueurs samoans
 
En arrivant à Nantes, les Samoans ont interprété un chant pour remercier les volontaires Photo © Guy Vila
 

Lors du match France-Irlande, une petite fête a été improvisée avec, comme invités, des joueurs samoans qui n'étaient pas prévus sur la feuille de match du lendemain contre l'Angleterre. Ça a été des instants magiques, avec ces joueurs des Îles dont personne n'oubliera la gentillesse et la disponibilité lors de leur séjour dans notre ville, et sans doute sur les autres sites du tournoi.

Je retiens aussi leur arrivée en gare de Nantes, où ils ont interprété un chant de leur pays en remerciement de l'accueil reçu ; les portes ouvertes à la fin de leur entraînement au stade, avec séance d'autographes et photos, et leur présence à nos côtés pour supporter les Bleus.

Avez-vous pu profiter de l'esprit festif qui entoure le tournoi ?

Trois fêtes ont été organisées pendant ces deux semaines. L'une lors du premier match de l'équipe de France, suivi sur grand écran. La deuxième, plus officielle, au Conseil Général de Nantes. La troisième, après le dernier match, sur le site de la Beaujoire le 29 septembre.

Soutenez-vous une équipe en particulier ?

Bien sûr, comme tout amateur de rugby, je suis un fervent supporter de l'équipe de France que j'ai vue à l'entraînement à Font-Romeu au mois de juillet. Il faut préciser que je suis catalan et que j'ai joué au rugby dans ma jeunesse dans un club proche de Perpignan, à Elne. J'ai commencé par le rugby à VII, puis à XV, avant de quitter le Roussillon pour un emploi dans la région parisienne. Aujourd'hui, j'habite près d'Angers où le rugby, moins présent, reste l'une de mes passions.

Pour vous, c'est quoi l'esprit rugby ?

 
Guy Vila sur le bord du terrain lors de Galles-Fidji Photo © Guy Vila
 

Ce sport conjugue l'esprit de solidarité dans les efforts, de respect et de tolérance. Chacun peut y trouver un poste suivant ses possibilités : grands, petits, même si aujourd'hui dans le haut niveau, avec l'évolution du jeu et du statut, la force physique est l'atout principal du rugbyman. En plus de cela, le rugby c'est la fraternité avec les supporters et les adversaires (malgré une saine agressivité pendant le match), la convivialité...

Dans cet esprit, les autres équipes méritent le respect et partagent les vertus du rugby. Comment ne pas apprécier les modèles néo-zélandais, la précision du jeu des Australiens, la force physique des Sud-Africains, le fighting-spirit de tous les Britanniques, la force tranquille des Argentins, la fougue des Îliens (Samoa, Tonga, Fidji), la pureté des Japonais, la bravoure des Italiens, la volonté et la persévérance des Roumains, Canadiens, Américains et Namibiens, le courage des Portugais et

"Gallois et Fidjiens ont partagé des instants d'amitié après leur match"

des Géorgiens, qui méritent que l'on s'intéresse un peu plus à eux ? Et comment ne pas respecter tous ceux qui, dans des pays en difficulté ou confrontés à l'hégémonie des autres sports, participent à son développement ?

 

Quelles rencontres vous ont le plus marqué ?

Bernard Lapasset, président de la FFR
 
Le président de la FFR, Bernard Lapasset, a signé des autographes aux volontaires Photo © Guy Vila
 

Après le dernier match, les joueurs des deux équipes, Pays de Galles et Fidji, sont venus partager quelques instants d'amitié, ce qui est inimaginable dans un autre sport. Les Fidjiens, vainqueurs du jour, ont même chanté. Il y avait aussi M. Syd Millar, président de l'IRB, et quelques personnalités de la FFR dont M. Barthes, de "mon" pays (catalan). Enfin, la Banda des Verres Luisants a animé une bonne partie de la soirée. A signaler la présence de M.le maire de Nantes, Jean-Marc Ayrault, lors de notre première fête. C'est pour tout cela qu'on l'aime, le rugby !

Après chaque match à la Beaujoire, des personnalités du rugby sont venues nous rencontrer au Centre des volontaires. Citons Claude Atcher, président de l'organisation du tournoi (notre patron) , le président de la FFR, Bernard Lapasset (et son épouse), Bill Beaumont, ancien capitaine de l'équipe d'Angleterre, et le président de la Ligue de Rugby, le très populaire Serge Blanco.

Globalement, que pensez-vous de l'organisation du Mondial ? Qu'est-ce qui pourrait à vos yeux être amélioré ?

L'organisation du tournoi me paraît solide vue de l'intérieur. Certains regretteront que les matchs soient souvent joués d'avance à cause des écarts dans les forces en présence. Mais si le slogan est "20 nations, un trophée", l'enjeu n'est pas seulement la victoire. Je ne pense pas qu'il soit nécessaire de faire deux groupes

"Il faut impliquer davantage les équipes les plus faibles"

parmi les équipes, car ces rencontres font progresser les plus faibles, qu'il faut impliquer plus souvent, soit en organisant des rencontres fréquentes au haut niveau, soit en intégrant des joueurs dans les grands clubs mondiaux. Ce que réalise très bien la FFR avec les Géorgiens, les Argentins et les Îliens.

Un seul bémol dans cette organisation : la retransmission des matchs, qui n'a pas permis de voir évoluer les "petits" sur un média national, ce qui est plus judicieusement pratiqué lors du Mondial de football, par exemple.

Un dernier mot pour finir ?

Aujourd'hui, "ma" Coupe du monde est terminée et il me reste dans la tête et dans le cœur de merveilleux et ineffaçables souvenirs. Allez la France, allez le Portugal, allez les Blacks, allez les petits, allez le rugby !

 

EN IMAGES  Toutes les photos de Guy Vila



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