Raids, 100 km, 24 heures... Vous avez réalisé un défi sportif hors du commun en course à pied. Racontez-nous cette expérience et déposez les photos de vos exploits.
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Mes 100 bornes
Denis Dubois
, Chatenay Malabry
le 05 mars 2007
A quelle course extrême avez-vous participé ? (nom et nature de l’épreuve, lieu, date...)
J'ai participé aux 100 km de Vendée le 27 mai 2006 à Chavagnes en Paillers.Qu’est-ce qui vous a poussé à relever ce défi ?
Après avoir parcouru une douzaine de marathons et quelques courses nature hors catégories, l'idée m'est venue presque tout naturellement. Petit à petit, je prenais conscience qu'il fallait me donner de nouveaux objectifs et surtout étais-je capable de parcourir cette distance ?Décrivez-nous votre course : en quoi consiste-t-elle ? Sur quel terrain se déroule-t-elle ? Quel est le niveau de difficulté ? Quelles ont été vos sensations pendant l’épreuve ?
Je n'ai pas choisi cette course au hasard, plusieurs raisons m'y ont conduit. Tout d'abord, fin mai est une péridoe de l'année qui est propice pour ce genre d'épreuve car il fait bon mais pas trop chaud. Deuxièment, le parcours n'est pas difficile : quelques faux plats, principalement du bitume. J'aurais aimé un peu plus de sentiers mais bon... Donc tous les ingrédients étaient réunis pour un 1er 100 km. Je me suis entraîné 11 semaines (j'ai récupéré des infos via le net sur des sites genre ultrafondu et des forums). Enfin bref, je me suis concocté un entraînement personnalisé en fonction des mes diverses expériences. Pour en revenir à la course, il s'agissait de parcourir 4 fois une boucle de 25 km. Tout au long de cette épreuve, j'étais accompagné par ma femme à vélo qui m'a été d'un grand réconfort lors des passages difficiles. Les 2 premières boucles se sont déroulées comme prévu (en fait, d'après ce que j'avais retenu des forums, le plus difficile est de partir sur une cadence inférieure à celle d'un marathon et de maintenir ce tempo jusqu'à la fin). En effet, à plusieurs reprises, j'ai été tenté d'accélérer. Début de la 3e boucle, quelques courbatures se font sentir et les premiers abandons débutent. C'est mon fils Kévin qui a pris le relais pour cette 3e boucle alors que les souffrances se font de plus en plus sentir (j'ai de plus en plus de mal dans le bas des mollets au-dessus des talons, c'est la 1ère fois que je ressens ces douleurs). Le moral commence à en prendre un coup mais j'essaie de ne pas le faire voir à mon fils même s'il est conscient de ma souffrance car nous pratiquons régulièrement du sport ensemble.(Mon fils a 14 ans)
Ma vitesse diminue progressivement car poser un pied à terre l'un après l'autre devient un supplice. Mais il faut que je rentre dans la douleur car ce n'est pas la 1ère fois, il faut que je détourne cette pensée et j'arrive à un ravitaillement (environ vers le 70e km). Une personne de l'organisation se rend compte que je souffre et, tout en m'épongeant les mollets avec de l'eau glacée, me réconforte et me donne des conseils (je pense qu'il s'agit d'un "centbornard" comme on les appelle). Après quelques minutes passées avec cette personne, je repars. Les muscles se raidissent mais il faut repartir (ma devise, c'est de ne pas s'arrêter pour refroidir) donc je persiste et j'essaie de penser à autre chose... Nouveau ravitaillement, les muscles se sont détendus, on me conseille de boire de la bière ce que je fais avec plaisir car le goût du sucré commence à rendre la bouche pateuse (comme le lendemain d'une fête bien arrosée). J'en profite pour avaler une dose de sel car après tous ces km je dois en avoir besoin (contrairement à la bière, le sel a du mal à passer). Bref, on oublie et on repart, le dernier tour s'effectue à nouveau avec ma femme, les douleurs s'estompent plus ou moins. Elles deviennent intermittentes et j'arrive à les gérer avec l'aide de ma femme qui me connaît très bien et qui m'est d'un grand réconfort moral. Vers le 85e km, je décide de me faire masser(cela va être la 1ère fois car comme je vous le disais précédemment, je n'aime pas refroidir. Après un quart d'heure de massage, je tente de repartir (grosse erreur de ma part). J'aurais dû m'en tenir à mon expérience (ne jamais s'arrêter). Je tente d'oublier ce mauvais passage et repart plus fort d'une nouvelle expérience. L'arrivée approche tout doucement : 88, 89, 90... Les km sont de plus en plus longs... 95 : enfin l'horizon s'éclaircit, je sens que je reprend des forces et à quelques km de l'arrivée, j'arrive à nouveau à dérouler les jambes, elles deviennent souples, j'entends le speaker annoncer les noms des arrivants (il fait chaud, il est près de 17h). Les spectateurs me donnent des ailes, ma vitesse augmente à nouveau, j'ai mal dans tout mon corps mais ce n'est pas grave, ça va s'arrêter dans quelques minutes. J'ai l'impression de flotter, la vision se trouble, j'accelère à nouveau, j'ai mal au ventre, il me semble vide, j'ai l'impression de ne plus sentir mes jambes, j'ai des frissons à l'annonce de mon nom au micro. Encore 400 m, j'ai mal partout, dans un dernier effort je passe la ligne d'arrivée, je titube et me dirige vers le stand d'arrivée et je vois mes parents s'approcher en compagnie de mes enfants. Ca y est !!! Je l'ai fait, je suis un centbornard...Qu’avez-vous retiré de cette expérience ?
Tout d'abord, c'était un objectif que j'ai réalisé. Avec un an de recul, je pense que j'ai atteint un nouveau seuil de tolérance(aussi bien physiquement que moralement). En fait, j'ai besoin de me donner un objectif pour me surpasser etje pense que c'était une bonne leçon pour mon fils sur la persévérance.Quelle autre course extrême vous tente ?
J'aimerai faire le marathon des sables, la traversée de la Réunion ou tout simplement le marathon de New York. Je suis aussi tenté par les raids aventures.
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