Le parcours du Tour de France 2010 a été dévoilé par Christian Prudhomme, directeur de l'épreuve. Départ de Rotterdam, passage en Belgique, double ascension du Tourmalet, pas d'étapes dans l'Ouest... Que pensez-vous du parcours ?
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Demi-portions en montagne !
René Hamm
, Bischoffsheim (bas-Rhin)
le 16 octobre 2009
Le Tour de France 2010 partira de Rotterdam, aux Pays-Bas et passera par la Belgique pour 3 étapes. Que vous inspire cette incursion dans le plat pays ?
A priori, je n'étais guère partisan jusqu'ici d'étapes disputées dans leur intégralité à l'étranger. Toutefois, à la réflexion, cela permet aussi de "dégager" un peu de terrain dans l'Hexagone et de varier davantage les régions visitées. Je limiterais à trois maximum le nombre de tronçons hors de nos frontières. Aux Pays-Bas comme outre-Quiévrain, une majorité d'habitant(-e)s sont des fervent(-e)s de la "petite reine". Mais je limiterais absolument les excursions aux pays limitrophes. Je trouve complètement baroque d'envisager un départ aux States, au Qatar ou en Chine...Que pensez-vous du reste du parcours, entre le nord, le centre, les Alpes, les Pyrénées, la région bordelaise... ?
Mes commentaires d'ordre général, publiés le 24 octobre dernier, quant au parcours de l'édition 2009 conservent leur pleine validité. Je déplore que les routes, parfaitement carrossables, les plus raides, soient systématiquement zappées. Dans les Alpes, je mentionnerais, du nord au sud, dans le Chablais, le plateau de Solaison (1475m, 11km à 9%) et celui des Saix (1626m, 10km à 9, 2%), dans le Beaufortain, le Signal de Bisanne (1939 m, 9,3% sur 13, 2 km par "le Mont"), au sud-est de Chambéry, Val Pelouse (1728 m, 16,4 km à 8,4%), au nord de l'Alpe-d'Huez, depuis le carrefour D 526/D 43a, par Vaujany, le Collet (1700 m, 9, 2 km à 9, 7%), le Mont Colombis (1734m, 12km à 8, 8 %), à une trentaine de bornes au sud-est de Gap. Dans le pays basque, j'ai dénombré au moins seize cols affichant un pourcentage égal ou supérieur à 8%. Par exemple, celui de Landerre (1058 m, 8,7 km à 8,7%), l'Arnosteguy 1185 m, 9 km à 9, 1% ou même 7, 8 km à... 11,7%, par la voie de Beillurti la plus abrupte), l'Arthaburu (1119 m, 7,7 km à 10,5%), la Hourcère (1440 m, 12,3 km à 8,3%). En Aspe, Labérouat (1450 m, 10 km à 9,7%), dans l'Ariège, le col d'Artigaux (1380 m, 9,4 km à 8,8%) et la station de Goulier-Neige (1500 m, 9,1 km à 8,7 %) au-dessus de Vicdessos. Ayant examiné de plus près le tracé de la 97e édition, j'ose apposer l'estampille "demi-portions" sur la plupart des étapes de montagne dessinées par les organisateurs. Si déjà on prévoit un crochet par le Jura, il eût fallu que cela en vaille la peine. J'aurais préconisé, dans le final, l'enchaînement du col du Berthiand (780 m, 6,3 km à 7,9%), de la côte entre Izernore et Oyonnax sur la D85 (645 m, 4, 5 km à 4%) et de celle du Petit Vallon sur la D74 (957 m, 5, 5 km à 8, 4%), située à 10 bornes de Nantua où j'aurais fixé la ligne blanche. Squeezer, sur la route à destination de Morzine, le Salève et le Joux Plane illustre parfaitement les intentions du staff directorial : démarrer mollissimo... Personnellement, j'aurais, en sus des deux escarpements précités, ajouté l'un ou l'autre relief du Chablais (le Saxel, Plaine-Joux), conservé la Ramaz, avant de filer via Taninges vers Samoëns au pied du hors catégorie digne de cette appellation, et renoncé à la dispensable poussée sur Avoriaz. Le lendemain, la Colombière (de nouveau ! ), les Aravis et les Saisies, dont l'intérêt réside essentiellement dans la beauté des paysages, puis la Madeleine, à laquelle Christian Prudhomme désire rendre ses lettres de noblesse, n'inciteront sans doute pas les favoris à bouger ; la dernière nommée pointe son sommet à 31,5 kilomètres de Saint-Jean-de-Maurienne. A quand la trilogie col de la Biche/Grand Colombier/Mont du Chat (avec la plongée vertigineuse sur Le Bourget-du-Lac, ou bien avec une arrivée au sommet, abordé par le flanc est, aux pourcentages encore plus impressionnants que ceux du côté par Trouet) ? Pur "fantasme" ? Je déplore aussi que ces messieurs-dames d'A.S.O. négligent totalement la Chartreuse. Une "randonnée", par exemple au départ d'Albertville, avec le Marocaz (958 m, 7,3 km à 8,2%), le Granier (1134 m, 11,5 km à 7,2%) depuis Saint-Badolph, la côte de Saint-Marcel-d'en-Haut (1070 m, 6,3 km à... 10,1%) sur la D 285, le Marcieu (1065 m, 5,5 km à 5,3%), le col du Coq (1434 m, 12,8 km à 8,5%) et 12 kilomètres de descente vers Saint-Pierre-de-Chartreuse, me comblerait d'aise. Rien d'interminable : 150 bornes. Retour à la morne réalité. Entre Chambéry et Gap, dans la côte de Laffrey, les coureurs qui convoitent (provisoirement) le maillot à pois se bagarreront pour les points ; le Noyer, escaladé par son versant le plus doux, ne fera pas figure d'épouvantail... Du menu fretin, au regard de la si riche palette des potentialités alpines ! Dans l'absolu, pourquoi s'arc-bouter au dogme du "crescendo", qui stipule que, dans le premier massif, les périples doivent être obligatoirement moins "durs" que ceux qui emprunteront le second ? Pour un tronçon cévenol costaud, on attendra également. En sus du Causse de Mende, j'indiquerais le Mont Bouquet (629 m, 4,6 km à 9,5%) surplombant Brouzet-les-Alès, le col de la Luzette (1330 m, 16 km à 6,8%) entre L'Arboux et l'Espérou, sous le Mont-Aigoual, le plateau de la Croix de l'Ermite (1450 m, 14 km à 7%) après Génolhac. A l'ouest, près de Saint-Geniez-d'Olt, d'Espalion et d'Estaing, j'ai pointé quelques "raidards" pas tristes, propres à provoquer des cassures... Ah, les Pyrénées et leur centenaire ! Je ne mégote pas sur le diptyque Pailhères/Bonascre. Pour le pimenter, j'eusse ajouté, juste avant, la côte de Carcanière (1207 m, 3,1 km à... 9,8%). Le circuit ariégeois, une quasi-obligation annuelle, m'interloque. Le Portet d'Aspet et le col des Ares : difficile de proposer plus riquiqui ! Comment espérer des opérations de grande envergure dans le Port de Balès, à 22 kilomètres de Luchon ? Le terminus à Superbagnères (1800 m, 16,3 km à 7, 1%) ou à Artigue (1240 m, 6,2 km à 9,7%) aurait rehaussé le ferment de l'étape. Celle des quatre cols "mythiques" risque fort de se révéler un coup d'épée dans l'eau, car après l'Aubisque, placé en queue de gondole, les concurrents auront encore 58 kilomètres de pédalage à effectuer pour relier Pau. Plutôt que de bisser le Soulor et le Tourmalet, j'aurais concocté une virée dans le pays basque propice au déclenchement d'attaques bien avant les ultimes encablures du jour... Donc, rien que du "classique" (l'ex-journaliste de France Télévisions a lui-même qualifié ainsi son oeuvre), avec un minimum de très grosses difficultés, mais avec des embûches, comme les sections de pavés dans le Nord. Finalement, d'avoir restreint les transferts constitue la vraie nouveauté pour l'an prochain... Mon approche de la Grande Boucle, mue autant par ma passion de la géographie que par mon intérêt pour la compétition, induit une réorientation en profondeur, comme l'allègement du pensum quotidien (pas plus de 180 kilomètres pour les itinéraires de rang 4 et 5), une réforme des délais d'élimination qui permettrait aux habitués du grupetto de décompresser ; plutôt que de prendre en compte un pourcentage sur le temps du vainqueur, de surcroît modulé en fonction de la rapidité de celui-ci, pourquoi ne pas octroyer un laps immuable : une heure pour les étapes comportant plusieurs grimpées classées 1ère ou hors catégorie ? Le respect des participants supposerait aussi qu'on ne leur impose plus des heures d'attente jusqu'au check-in à l'hôtel, afin qu'ils puissent commencer plus tôt la phase de récupération. Mais ne nous leurrons point : quel que soit le profil de l'épreuve, ce sont les coureurs qui disposent, du reste essentiellement en fonction de la stratégie arrêtée par leur boss et des ordres aboyés dans l'oreillette.Nouveauté remarquable de cette édition 2010 : le Tourmalet sera gravi à deux reprises, sur deux étapes différentes. Cette innovation vous plaît-elle ?
Je trouve stupide de bisser le Soulor et le Tourmalet. Il existe manières plus subtiles d'honorer le second grand massif hexagonal à l'occasion des cent ans qui le lient à l'histoire de l'épreuve fondée par Henri Desgrange ! Fidèle à mes principes énoncés plus haut, j'aurais planté ceci : - Revel - Castelnau-Magnoac (165 km)... - Castelnau-Magnoac - Luz Ardiden (168 km) par le col d'Azet (1580 m, 7,5 km à 8,3%), la Hourquette d'Ancizan (1564 m, 10,3 km à 7,8%), le Tourmalet, puis l'ascension, via l'embranchement de Viscos, vers la station (1720 m, 12,6 km à 8,7%)... - Lourdes - Labérouat (172 km), avec le col de Spandelles (1378 m, 10, 2 km à 8, 4%), Couraduque (1367 m, 3, 8 km à 4, 4%), Soulor (7, 3 km à 8, 2%), Aubisque (1710 m, 5, 8 km à 5, 2%, tant pis !), Marie-Blanque (890 m, 5, 5 km à 7, 8%), Ichère (690 m, 3, 8 km à 8, 4%), Houratate (1009 m, 11, 7 km à 6, 9%), enfin, le parking, au-dessus de Lescun (1450 m, 10 km à 9, 7%)... - Oloron-Sainte-Marie - Iraty (144 km) avec la côte de Larrau (627 m, 3 km à 8, 5%), Bagargui (1327 m, 10 km à 8%), Ahusquy, Mendive, Saint-Jean-Pied-de-Port, le col d'Arnosteguy (1185 m, 9 km à 9, 1%) et celui d'Arthaburu (1119 m, 7, 8 km à... 10, 4%), descendu sur 11, 5 km... Voilà un hommage au moins aussi solennel aux Pyrénées que celui qu'ont préparé les gens d'A.S.O ! Trois étapes sélectives, du moins, en théorie (une de rang 5 et deux de rang 4), suffiraient. La 16e étape, le mardi 20 juillet 2010, à destination de la cité natale d'Henri IV et de Bertrand Cantat n'entraînera sans doute guère de bouleversements majeurs en tête du classement général. Des coups de pédales dans la semoule !Regrettez-vous que certaines régions soient "privées" de Tour ?
La "Grande Boucle", heureusement circonscrite à vingt ou vingt-et-une étapes, ne saurait évidemment visiter annuellement toutes les régions.Comptez-vous suivre la Grande Boucle 2010 ?
Oui, sur les chaînes allemandes (ARD, ZDF, Eurosport), avec deux yeux critiques et en continuant de dénoncer le traitement de faveur éhonté dont jouit Lance Armstrong !
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Romain Gasparini
Comme tu l'as dit, je pense que les principales difficultés n'ont pas été utilisées. Là où je ne suis pas d'accord, c'est de mettre des arrivées en altitude quasiment à chaque fois puisque le spectacle est plus intéressant dans les arrivées en bas que sur les sommets où les coureurs attendent les 3-4 derniers kilomètres pour attaquer ! On l'a vu au Giro et sur le Tour cette année
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