La montée du Géant
Francois
, Lyon
le 19 octobre 2009
Quel(s) col(s) avez-vous gravi ? Quand et à quelle date ?
Le Mont Ventoux, en 92 et en 94. Les deux fois au mois de juin.Décrivez-nous votre ascension : nombre de kilomètres, sensations, paysage...
La première fois que je l'ai monté, à 15 ans, je n'étais pas tout seul : j'étais accompagné par un de mes éducateurs du club... Ange, il s'appelait. Heureusement qu'il était là, on a gravi le col en douceur, en prenant notre temps. Les plus forts, dont mon frère, montaient comme des bêtes devant. Cette année là, on l'avait gravi par Malaucène. Meme à 15 ans, lorsqu'on arrive au Chalet Reynard, on ressent l'impression d'être arrivé sur la lune. Les 6 derniers km sont durs mais pas autant que le dernier... Et lorsqu'on a franchi le sommet, on est étonnés par la différence de température entre le bas et le haut ! La descente s'est faite dans le calme tout en douceur, toujours accompagné d'Ange, qui me conseillait dans les virages et me freinait lorsque je prenais un peu trop mes aises. La deuxième fois, je fais partie des "Grands", je suis Junior 1ère année, j'ai quelques petites compétitions dans les pattes, et ce jour là, c'est la fête du club ; comme tous les ans, les cyclotouristes, et tous les adhérants du club se retrouvent au pied du Mont pour célébrer une journée conviviale. Bien sûr, le moment fort de la journée se situe le matin, lorsque nous, les guerriers, enfourchons notre machine, et effectuons la dernière course du club ! Il faut dire que même les anciens y mettent du coeur à l'ouvrage ! On contourne le Géant, on effectue à peu près une soixantaine de bornes avant d'arriver au pied du Ventoux... Avec mes collègues Junior, on avait décidé de dynamiter un peu la course, et on s'était relayé à plusieurs sur le plat afin d'émousser le reste du peloton fort de 50 courageux. Arrivés au pied, à Sault, sachant très bien que je n'arriverais pas en tête en haut, j'ai décidé de faire péter le peloton, et me suis mis à rouler en tête, et ce pendant les 20 premiers km de l'ascension. A l'époque, à 17 ans, je mesurais 1m79 et pesais 54 kg, autant dire que j'avais le gabarit pour monter... Et je l'ai fait péter en mille morceaux le peloton ! Jusqu'au chalet Reynard, j'ai quand même réussi à maintenir une belle allure, me permettant d'embrayer sur du 52X18 ! Il faut dire que par Sault, c'est le côté le plus roulant (enfin, c'est ce que je pensais à l'époque !) Je me retournais souvent pour constater qu'au départ on était bien 50... Deux minutes plus tard, on devait se retrouver à une bonne vingtaine... Et au chalet Reynard, lorsque je me suis écarté, nous n'étions plus que 6 ! C'est d'ailleurs la place que j'ai obtenu au sommet ! Les 6 derniers km étaient vraiment horribles, le soleil tapait très fort et je me suis vite retrouvé en manque d'eau... Heureusement qu'au sommet les familles nous attendaient avec des munitions ! Après un bref répit et s'être couverts, nous avons effectué la descente, je ne dirais pas à tombeau ouvert, mais à bloquer le compteur à 99 km/h par endroit ! C'était vertigineux ! Cela restera la plus belle montée que j'ai jamais réalisée durant mes 14 années de coureur cycliste ! Et un grand moment !
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