Rome, la série

Lors d'une ballade dans un magasin mon regard est happé par un coffret dvd frappé de grande lettres « ROME ». Partons à la découverte de cette série TV qui se situe au moment de la Rome antique. Voyons s’il s’agit plutôt d’une grande fresque historique ou d’un vulgaire péplum.

Synopsis :
Au commencement, l’histoire de Rome se situe vers 50 avant J-C. Elle relate d’une part les grands évènements de l’époque à travers les yeux de leurs principaux protagonistes et d’autre part la vie de 2 combattants romains de la XIIIème légion : Lucius Vorenus et Titus Poulo.  Ces deux parties vont bien entendu interagir.
La première saison part donc de la guerre des Gaule menée par Caius Julius Cesar, son retour à Rome en passant par sa querelle avec Pompée le grand. Elle s’achèvera sur la mort de l’empereur. De leur côté, Vorenus va monter dans la hiérarchie sociale tandis que Pullo deviendra proche du jeune Octave et tombera amoureux d’une esclave.
La deuxième saison voit se dérouler de nouveau conflits pour le pouvoir, cette fois ci entre Octave et Marc-Antoine. Ce dernier périra aux cotés de sa bien-aimée Cléopâtre et Octave se fera sacrer empereur de Rome sous le nom d’Auguste. Vorenus aura une mauvaise période après un choc sentimental, il deviendra chef d’une troupe de bandits avant de rejoindre Marc Antoine. Pullo restera fidèle à Octave et ira retrouver son ami en Egypte.

Anecdotes :
Il s’agit de la première série américaine entièrement tournée dans un pays non-anglophone, à savoir les studios Cinecittà en Italie. Plus de 350 personnes ont œuvrés pour les décors. En effets, les lieux emblématiques de la ville (forum, sénat, calendrier romain…) ont étés battis fidèlement à partir d’une bonne documentation. Au grand dam des producteurs, une grande partie de ces décors brulèrent lors de l’incendie qui frappa les studios le 10 aout 2007.
Outre ces décors faramineux, les costumes d’époque, les effets spéciaux… furent un gouffre à dollars US, puisque la 1ère saison couta 100 millions et la 2nde se chiffra à 125 millions. C’est tout simplement un record dans le monde des séries télévisées.
La série réalisa de très bonnes audiences, et malgré cela elle dû s’arrêter à la fin de la 2ème saison (au départ 5 saisons étaient prévues) à cause d’un coût de production trop élevé. En France elle réussit à passer à la fois sur une chaine à réputation « intellectuelle » (Arte), et une chaîne ayant l’habitude de passer des blockbusters (Canal +), preuve de la qualité de la série.
En réponse à ce semi-echec, Bruno Heller a déjà monté un scénario en vue de réaliser un Film qui reprendrait les personnages de la série, affaire à suivre.
Autre anecdote, nombre de figurants furent choisis parce qu’ils exerçaient le même métier que dans la série, ceci dans un souci de réalisme.

Critique :

Ne vous attendez pas à une reconstitution historique extrêmement pointilleuse, en effet il y a quelques coquilles. Par exemple des anachroniques comme la présence de bougies et de haschich.  Mais ce sont uniquement des détails ayant peu d’importance, beaucoup moins flagrants que les bévues commises dans de grosses productions américaines comme dans "300" de Snyder ou le "Troie" de Petersen.
Après évidemment pour les besoins de la série, nombre de faits sont romancés. Mais là où le scénario est bien bétonné, c’est qu’il joue sur les incertitudes des historiens pour pimenter l’intrigue. Vous verrez donc Vorenus et Pullo retrouver l’aigle de la légion qui avait été dérobé par des Gaulois. Des traits de personnages seront exagérés et par conséquent controversés.
Toutes ces imperfections qui sont nécessaire à transformer l’histoire en une fiction, apportent un réel scénario sur un fond historique. L’intrigue en devient passionnante, d’autant plus si lors de vos cours de latin vous avez eu connaissances des péripéties des Césars et autres consorts.
Mais Rome c’est avant tout une ambiance ! Vous plongerez dans une ville aux habitants brutaux, aux mœurs très différents des nôtres. Faites abstraction de l’édulcoration hollywoodienne car le ballet des ruelles marchandes vaut vraiment le détour.
Quant aux scènes d’ébats sexuelles, elles sont certes crues mais juste pour retranscrire le climat et la mentalité des Romains. Cette cité multiculturelle contenait des hommes à la rationalité certes très poussée, mais qui pratiquaient des orgies monumentales et qui affectionnait énormément les jeux du cirque.
Le paradoxe est là, imaginez des soldats qui étaient très disciplinés au point d’avoir détruit d’innombrables ennemi, mais qui aboyaient au cirque pour que les lions dévorent une bande de chrétiens.


N’hésitez pas si vous avez l’occasion de voir cette série, je suis persuadé que chacun y trouvera son compte : de l’enfant rêveur en recherche de prouesse chevaleresque (préférez alors la version censurée), à l’historien passionné en passant par le travailleur lambda en recherche de détente après une journée de labeur. Vous ne serez pas déçu du voyage temporel, et encore moins des péripéties de nos deux héros.

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