Vous fréquentez ou avez fréquenté un atelier d'écriture. Pourquoi ? Qu'y avez-vous appris ? Partagez cette expérience avec les lecteurs. Participez
Stage dans un atelier d'écriture. Danielle, Viry Chatillon Quel est le nom de cet atelier d'écriture ? A quelle date et dans quelle ville l'avez-vous suivi ? J'ai fréquenté un atelier d'écriture au cours d'un stage professionnel organisé par mon employeur, il y a un peu plus de deux ans. Je suis éducatrice à la Protection Judiciaire de la Jeunesse, l'atelier pouvait être utilisé comme simple support d'épanouissement pesronnel, ou de point de départ à une activité pédagogique.
Pourquoi avez-vous eu envie de suivre un atelier d'écriture ? Je n'avais pas envie de faire un stage "sérieux", et ceux qui avaient un contenu ludique, j'en avais fait déjà beaucoup. De plus,j'anime déjà une activité artistique pour les jeunes que j'ai en charge. J'avais quelques appréhensions , notamment que l'activité soit trop technique, que l'intervenant impose un style, un mode de pensée à travers l'opacité des "exercices" ) mais j'avais une envie secrète,pour laquelle j'étais prête à tout (ou presque) : revenir à l'écriture, une activité d'adolescente . Un choc émotionnel et plus tard, le caractère cadré, contraignant, des écrits que j'avais dû produire lorsque j'ai fait ma formation professionnelles, avait réduit cette activité à une tâche fonctionnelle, ou à un moyen de m'épancher lorsque j'avais un problème.Cela occasionnait pour moi de grandes frustrations. Je me sentais privée de ma richesse, de ce qui pouvait me distinguer et me valoriser.
Comment l'atelier se déroulait-il ? Quel style d'exercice vous faisait-on travailler ? L'atelier se déroulait une matinée par semaine, à quinze jours d'intervalle. Il y a eu une vingtaine de séances environ. Je faisais partie d'un très petit groupe de participants, sept ou huit le premier jour, et le dernier, je me suis retrouvée seule avec l'intervenante ! Nous faisions divers types d'exercices, écrire la suite d'un texte, faire le portrait d'une personne de notre famille en empruntant le style de Marguerite Yourcenar, récit d'un tour du monde qu'on aimerait faire. Il y avait des exercices qui étaient en relation avec le travail d'un auteur précis, d'autres qui nous permettaient de laisser libre cours à notre imagination.Ensuite, nous nous lisions entre nous nos productions, si nous le voulions bien sûr. Les exercices non plus n'étaient pas obligatoires.
Quel sentiment en avez-vous gardé ? Avez-vous été déçu ou satisfait ? J'ai beaucoup apprécié ce travail, ainsi que la personnalité de l'intervenante, qui était en mesure de nous accompagner sans nous brimer Derrière une liberté apparente, que j'ai trouvé très agréable, il y avait tout une pédagogie, les auteurs nous apportaient à chaque fois un procédé d'écriture différent. Le fait d'utiliser l'imaginaire permet de trouver des appuis, de comprendre comment on fonctionne par rapport à l'écriture. C'est comme cela que je pensais parvenir à une autonomie suffisante en matière d'écriture. J'ai retrouvé rapidement le sentiment que j'allais pouvoir réécrire, et six mois après la fin de ce stage, j'ai eu une idée d'histoire pour un roman de science fiction. J'ai écrit un journal de voyage, l'histoire de mon chien (à la première personne, c'est une expérience que je n'avais pas réalisée à l'atelier décriture !), j'ai aussi un projet autobiographique, sans oublier mon mémoire de master 2 de sociologie. Je suis très contente car l'écriture est réapparue dans tous les aspects de ma vie comme par le passé, je me rends compte que j'avais perdu quelque chose d'important, le moyen de synchroniser entre eux tous mes centres d'intérêt que je trouvais parfois désarticulés , quand l'écriture se limitait à ce qui était personnel, et nécessaire. Je suis contente d'écrire un roman, cela me valorise et me donne un but original dans ma vie.