Il n'était peut être pas plus puissant qu'une calculatrice actuelle. Sur l'écran, on pouvait compter les pixels d'une image... Et vous, vous souvenez-vous de votre premier ordinateur ? De quoi était-il capable ? Que vous a t-il apporté ?
Quels étaient la marque et le modèle de votre machine ?
Après la "révolution" de 68, bosser pour vivre bien, c'était plonger dans l'inconnu informatique. Au boulot, on ne comptait pas les heures. IBM commençait d'introduire en France les 360 sortis 5 ans plus tôt aux US. Le nôtre faisait 9 tonnes pour... 64 KO de mémoire centrale à ferrite (on ne disait pas RAM car la mémoire était à l'époque "cousue" main par des enfants indiens le plus souvent exploités par des sous-traitants sans scrupule (déjà les méfaits de la mondialisation !) Mon 1er "perso trainable" a été un Programma 101 de Olivetti ! qu'on m'avait prêté pour apprendre à programmer (si l'on peut dire) ce bidule qui tenait plus de la calculette intégrée que de l'ordinateur. Puis, plus tard, ce fut le TRS80 !
Quand l'avez vous acquise ?
On a acheté le TRS-80 avec un copain hollandais en 1976 ou(déjà l'informatique européenne tentait d'exister avec Unidata, face aux géants états-uniens (IBM (90% du marché mondial, et le pauvre BRUNCH : Burroughs, RCA, Univac, NCR et Honeywell, tous disparus de la planète informatique aujourd'hui). Notre "machine" était équipée d'un écran 7 couleurs où l'on pouvait afficher quelques points en Basic et avec quelques bonnes bières génératrices de sueur et d'inspiration
Processeur, disque dur, mémoire vive... Quelles étaient ses principales caractéristiques ?
Le processeur, je ne sais plus trop, mais sans doute un 8080 ou un Z80. Point de HDD mais 2 floppys (en option !) externes recevant des disquettes 8,5" de... 128 Ko ! Un petit magneto-K7 pour "tenter" de sauvegarder quelques données avec de la chance (surtout le dernier prog Basic entré laborieusement).
A l'époque, qu'est ce qui vous avait poussé à acheter un ordinateur ?
Un "gourou" américain, James Martin, qui racontait à nos oreilles incrédules : "Bientôt, chacun de nous aura un ordinateur dans sa poche". Et nous de sourire... En France, un certain Bruno Lussato racontait les mêmes sornettes en parlant de privatique. Non seulement personne "du métier" n'y croyait, mais on les considérait comme de jeunes freluquets impertinents. On a voulu "voir" par nous-mêmes.
Aujourd'hui, êtes-vous toujours adepte de l'informatique ?
Bien sûr ! Après des études de musicologie, j'ai découvert qu'à l'IRCAM, des rigolos (Pierre Henry principalement) jouaient de la musique (des symphonies de Beethoven) sur une vieille imprimante à marteaux sans papier, connectée à un Cyber-3500 je crois me souvenir...
Qu'est ce qui vous a le plus marqué dans l'évolution des ordinateurs grand public ces dernières années ?
Le prix ! Certes, quand on passe à la caisse du super-marché, cela semble cher de payer 1000 euros pour un PC, mais si l'industrie automobile avait suivie la même évolution que l'informatique, la Rolls-Royce de 1960 sortirait d'usine au prix public de 1$ TTC de nos jours ! Sinon, bien sûr, la formidable évolution de l'Internet. Cette avancée est pour moi, d'une importance comparable à l'invention de la roue, puis à celle de l'écriture.