Les 42,195 km du marathon ne vous font pas peur. Vous avez déjà disputé une telle course ? Racontez nous comment s'est déroulé ce marathon et comment vous l'avez préparé. Participez
De Paris à New-York Pierre A quel(s) marathon(s) avez-vous participé ? (lieux, dates…) 14 marathons, dont 10 à Paris entre 95 et 2006, 2 au Médoc (99 et 2001), 1 au Mont Saint-Michel (2004) et New-York (2005). Tous fabuleux.
Quel a été votre meilleur résultat ? (lieu, date, temps) 3h58'36"" en avril 2000 à Paris.
Comment vous êtes-vous préparé pour ce marathon ? (programme d’entraînement, diététique, coaching…) En général, 15 semaines d'entraînement avec 3 ou 4 sorties par semaine, représentant 4h30 à plus de 5h de course. Beaucoup de travail en endurance, un peu de fractionné, et quelques rythmes intermédiaires. Beaucoup de bitume, mais aussi des sentiers pour varier les parcours, éviter la lassitude des mêmes circuits. Je suis plus ou moins des programmes donnés dans les revues spécialisées, en travaillant aussi au feeling, selon la forme du jour ou le temps disponible. Je cours avec un cardiofréquencemètre pour doser les efforts. C'est fondamental pour se connaître et comprendre la mécanique cardiaque.
Diététiquement : rien de spécial, si ce n'est une alimentation équilibrée tout au long de l'année (éviter la charcuterie, les graisses, les sucreries). Conserver une ligne relativement mince : 67 kilos pour 1m76.
Pour vous, quel est le kilomètre fatidique et comment le passez-vous ? Comme pour beaucoup, c'est entre le 34 et le 36e le plus dur. Au-delà du kilomètre 37, même si on souffre, l'arrivée approche, ça devient plus facile au moins psychologiquement. Par contre, dans le "mur" du 34, on se motive comme on peut : les autres courent et souffrent aussi, chaque foulée rapproche du but, "Ce n'est pas le moment de flancher, tu n'as pas fait tout ça pour ralentir..." Personnellement, je suis dans une bulle, seul malgré la foule des autres coureurs mais en même temps très lié à ces compagnons de galère. L'un des attraits du marathon est justement de se surpasser, d'aller chercher au plus profond de soi l'énergie pour ne pas s'arrêter, d'atteindre sa limite.
"21 km de prologue, 21 km de monologue" a dit quelqu'un.
Par deux fois cependant, j'ai eu la surprise de ne pas rencontrer ce mur, et c'est une joie immense de faire ces derniers kilomètres, certes toujours en souffrant, mais sans cet épuisement qui me conduit habituellement à courir dans ma fameuse bulle. La joie d'encourager les autres, de profiter du paysage, des encouragements des spectateurs, de tenir le rythme voire d'accélérer, c'est extraordinaire...
Quel fut le menu de votre repas la veille au soir et le matin de la course ? Les jours précédents : accent sur les pâtes, mais rien de spécial.
Le matin de la course : petit-déjeuner plus copieux que d'habitude, mais pas différent en nature, pour éviter les mauvaises surprises de quelque chose qu'on digérerait mal (c'est déjà assez dur de prendre un petit déjeuner copieux à 6 h du matin).
Qu’est-ce qui vous a poussé à vouloir courir un marathon ? J'ai couru mon premier marathon pour fêter mes 40 ans, me prouver que je n'étais pas "vieux" bien que devenu vétéran, et parce que c'était un rêve. Je pensais n'en faire qu'un, mais ce fut un tel plaisir de le terminer, il y avait une telle ambiance, que c'est devenu un virus, une drogue. Le plus ingrat est l'entraînement, la course est un plaisir, l'arrivée est une victoire. Et l'on est aussi un peu un héros, vis à vis des amis, des collègues, des enfants aussi, qui collectionnent les médailles. Le marathon est une course mythique. Au-delà, encore plus fous, sont les cent-bornards et davantage. Mais c'est là un autre rêve. Repousser toujours plus loin ses limites. L'endurance est un état d'esprit, une école de volonté, qui permet aussi me semble-t-il de mieux gérer sa vie de tous les jours.
Amitiés à tous les sportifs et à tous les futurs marathoniens car je pense que la quasi-totalité des gens peuvent courir un marathon, et je les encourage à tenter l'expérience. Rendez-vous à Paris 2007