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"Emmanuel Macron, vainqueur par KO"

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A la une de la presse, ce matin, l'intervention télévisée d'Emmanuel Macron, hier soir - une interview où il a notamment défendu sa décision d'intervenir en Syrie.
 
Face à deux intervieweurs à la réputation pugnace, le président s'est montré tout aussi combatif. «Macron au combat», titre Libération, qui rapporte que le chef de l'Etat a présenté les frappes ciblées des alliés comme un «préalable à une action diplomatique». «Macron trace sa route», annonce Le Parisien - ou quand Emmanuel Macron assume non seulement son choix de représailles en Syrie, mais affirme aussi vouloir garder le cap des réformes, ne cédant sur rien, et faisant l'éloge de l'autorité, notamment à l'égard des zadistes, qui veulent rester sur le site de Notre-Dame-des-Landes. D'où le dessin de Ranson, où Emmanuel Macron s'emballe un peu: «Et la prochaine fois qu'on bombardera la Syrie, nos avions partiront de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes!», promet-il - le projet d'aéroport finalement abandonné. «Il est drôlement remonté», commente Jean-Jacques Bourdin, le journaliste qui a participé à l'interview d'hier, avec son confrère Edwy Plenel.
 
Le directeur du site d'information Médiapart a eu quelques échanges musclé avec Emmanuel Macron. On était évidemment curieux de savoir ce qu'a pensé sa rédaction de la prestation d'hier soir. Médiapart parle d'un entretien «sans concessions», au cours duquel le chef de l'Etat serait apparu tel «un président centaure». D'après le site, Emmanuel Macron serait apparu à la fois comme «le cavalier du «en même temps» et comme le cheval, «en bon monstre composite mythologique infernal», considérant les deux journalistes qui l'interrogeaient, «non pas comme des interlocuteurs à convaincre, mais tels des obstacles à franchir». Le Figaro, lui, critique un débat «confus» et même «inutile», au point de se demander ce qu'Emmanuel Macron «est allé faire dans cette galère». «Face aux procureurs Jean-Jacques Bourdin et Edwy Plenel, professeurs de morale et autoproclamés, redresseurs de tort aussi approximatifs qu'agressifs, le président savait que l'émission virerait vite au procès».
 
Voilà pour les critiques sur la forme. Sur le fond, la décision du président d'intervenir en Syrie est elle aussi critiquée. Très remonté, L'Humanité affirme qu'Emmanuel Macron a choisi de s'aligner sur le président des Etats-Unis, Donald Trump, piétinant au passage l'ONU et le droit international - contrairement au président, qui dit avoir agi dans un cadre légal. L'Huma fustige «le trio guerrier» formé par Emmanuel Macron, Donald Trump et Theresa May, et leur stratégie en Syrie, «sans consultation de leur parlement respectif, sans mandat de l'ONU, sans engagement d'aucun autre pays européen, sans soutien matériel des autres pays de la région». La Croix, de son côté, se demande «comment la négociation (va pouvoir) s'installer après le recours à la force rendu impératif par les derniers crimes de Bachar El Assad». «La probabilité que reprenne un processus de paix complètement bloqué est faible», prévient le journal, qui rappelle que la «vision française du conflit n'est pas vraiment celle» des Etats-Unis ni du Royaume-Uni.
 
Voyons les réactions à Washington et Londres, justement. «Le Pentagone vante les frappes américaines en Syrie», titre USA ToDay, qui juge toutefois que l'attaque des alliés «n'affaiblira pas Bachar El Assad, et ne contribuera pas non plus à modifier la stratégie du groupe Etat islamique». Alors pourquoi être intervenus? Le dessinateur Riddel, pour The Guardian, prête de sombres arrière-pensées à Donald Trump. «Maintenant que tout le monde regarde ailleurs, je vais les écraser, ils sont toxiques, ce sont des menteurs», dit-il. «Poutine et Assad?», demande Theresa May, dont on reconnaît les chaussures léopard émergeant d'une poubelle. «Non, Stormy Daniels et Robert Mueller» - l'actrice porno qui accuse D.Trump d'avoir acheté son silence, et le procureur spécial qui enquête sur les liens entre Trump et la Russie.
La Première ministre britannique est appelée à s'expliquer aujourd'hui devant les parlementaires, dont une partie l'accusent de s'être agenouillée devant le président américain. D'après The Guardian, Theresa May va tenter de les convaincre que l'intervention en Syrie s'est faite «dans l'intérêt» du Royaume-Uni.
 
Un mot pour terminer, du PSG, sacré champion de France hier soir. Les Parisiens ont laminé les Monégasques, 7 à 0. Le PSG d'Unai Emery décroche donc son septième titre de champion de France - d'où le titre de 20 minutes, «un champion émérite» - jeu de mots assez inspiré. Plus inspiré, en tout cas, que celui de nos amis de L'Equipe - dont le jeu de mots donne un peu envie de lever les yeux au ciel. «Au septième ciel», salue le journal. De quoi faire oublier, peut-être, l'humiliation face au Real en Ligue des champions.
 
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Publiée le : 16 avril 2018

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