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Auteur notamment de "L'Omerta française", paru en 1999, la journaliste
Sophie Coignard a effectué l'essentiel de sa carrière au Point.
C'est lors de la préparation d'un article sur les associations subventionnées
par Paris qu'elle se heurte aux refus des services de la mairie de lui communiquer
des informations. La journaliste décide alors de se pencher de plus près
sur les résultats de l'équipe municipale, partant d'une interrogation
: "Qu'y a-t-il derrière le bilan éblouissant que continue à
brandir le maire ?"
"Le
roi Bertrand sur son trône" "Marchand de sable"
ou génial inventeur de la plage en bord de Seine ? Qu'il agace ou
fascine, Bertrand Delanoë ne laisse pas indifférent. Et fait couler
beaucoup d'encre. Sa côte de popularité a baissé. Paris a
traversé une période noire en 2005 avec les incendies meurtriers
de l'été et l'échec de la candidature parisienne aux jeux
Olympiques à l'automne, suite à laquelle Delanoë a fait figure
de "mauvais perdant". La réputation du maire le précède
: on le dit caractériel, colérique, à la limite de la tyrannie.
Le jour de la première rencontre avec M. Delanoë, c'est une journaliste
inquiète qui se présente. Grande déception : jamais, au cours
des entretiens, Bertrand Delanoë ne daignera offrir à la journaliste
l'une de ses célèbres colères : "il n'a jamais adopté
un comportement cassant, encore moins colérique". A son grand regret.
En revanche, la journaliste verra ses craintes confirmées sur un point
: elle va à nouveau trouver les portes du service de communication fermées.
Les chiffres lui sont fournis au compte-goutte, malgré les consignes de
transparence transmises par le maire. Une
analyse imparfaite du système Delanoë C'est justement sur
les chiffres que l'ouvrage de Sophie Coignard présente quelques faiblesses.
La journaliste dénonce la trop longue liste des associations gays subventionnées
par la Mairie et le "clientélisme communautaire" de M. Delanoë :
traditionnel étalage de chiffre, déjà exploité par
Françoise de Panafieu dans son ouvrage de campagne "Mon Paris Gagnant".
La mairie fournit d'autres données : ces associations représenteraient
seulement 0,14 % des subventions municipales. Lorsqu'elle prétend que le
système de clientélisme, dont l'ancienne équipe municipale
a usé et abusé, est toujours en vigueur à l'Hôtel de
ville, la journaliste n'avance aucun fait. Lorsqu'elle démonte les pratiques
discrétionnaire des attributions de logements sociaux, ou les appels d'offres
frauduleux, aucun fait exact n'est avancé. Toutes ces accusations sans
fond discréditent l'ouvrage, et l'absence de réaction de la part
de l'Hôtel de Ville est la preuve du peu de cas qu'il est fait de ces critiques.
La novlangue de l'Hôtel
de Ville : à la recherche du consensus La pertinence de cet
ouvrage réside dans l'analyse de la langue officielle de l'Hôtel
de Ville. "Espaces civilisés", "vie citoyenne", "aménagements
urbains chaleureux" ou encore "valeurs de l'opération Immeubles
en fêtes" : une sorte de "novlangue" (la langue fictive
inventée par George Orwell dans son roman "1984") est employée
à tout bout de champ par l'équipe communicante de M. Delanoë.
Chaque réunion de quartier devient un événement solidaire
et éthique, voire philosophique. Mais "qui, à la place des
espaces civilisés, souhaiterait voir éclore des zones de barbarie
?", s'interroge Sophie Coignard, consternée par le non-sens des expressions
utilisées. Rien n'est laissé au hasard, tout est soumis à
une règle. Le langage de la mairie de Paris est étudié à
la virgule près. Par souci de parité, on n'écrit plus les
Parisiens, mais les Parisien-ne-s. Exemple : "Parisien-ne-s impliqué-e-s
et fraternel-le-s". La première adjointe Anne Hidalgo est en charge
du "Bureau de temps", un concept plus qu'obscur pour la majorité
des Parisiens. Le "marchand de sable", derrière une communication
reglée à la lettre, tenterait-il de camoufler une action peu efficace ?
Dans le "Paris fantasmé" de M. Delanoë, Sophie Coignard
voit une transformation de la capitale en un immense parc d'attraction : une fausse
plage pendant l'été, des espaces verts toute l'année, des
balcons fleuris... Elle ajoute, moqueuse : "Il ne manque que Mickey, Minnie,
Tic et Tac pour venir mettre un peu d'animation".
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