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Mars 2006

Sophie Coignard, auteur d'une enquête sur le "système Delanoë"

Dans son livre "Le marchand de sable", Sophie Coignard s'attaque au "système Delanoë". En chat, elle a pointé les techniques de communication du maire de Paris, masquant selon elle un bilan politique plutôt creux.
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Sophie Coignard Auteur notamment de "L'Omerta française", paru en 1999, la journaliste Sophie Coignard a effectué l'essentiel de sa carrière au Point. C'est lors de la préparation d'un article sur les associations subventionnées par Paris qu'elle se heurte aux refus des services de la mairie de lui communiquer des informations. La journaliste décide alors de se pencher de plus près sur les résultats de l'équipe municipale, partant d'une interrogation : "Qu'y a-t-il derrière le bilan éblouissant que continue à brandir le maire ?"

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"Le roi Bertrand sur son trône"
"Marchand de sable" ou génial inventeur de la plage en bord de Seine ? Qu'il agace ou fascine, Bertrand Delanoë ne laisse pas indifférent. Et fait couler beaucoup d'encre. Sa côte de popularité a baissé. Paris a traversé une période noire en 2005 avec les incendies meurtriers de l'été et l'échec de la candidature parisienne aux jeux Olympiques à l'automne, suite à laquelle Delanoë a fait figure de "mauvais perdant".
La réputation du maire le précède : on le dit caractériel, colérique, à la limite de la tyrannie. Le jour de la première rencontre avec M. Delanoë, c'est une journaliste inquiète qui se présente. Grande déception : jamais, au cours des entretiens, Bertrand Delanoë ne daignera offrir à la journaliste l'une de ses célèbres colères : "il n'a jamais adopté un comportement cassant, encore moins colérique". A son grand regret. En revanche, la journaliste verra ses craintes confirmées sur un point : elle va à nouveau trouver les portes du service de communication fermées. Les chiffres lui sont fournis au compte-goutte, malgré les consignes de transparence transmises par le maire.

Le livre
"Le Marchand de sable"
 
Titre : "Le Marchand de sable"
Parution : mars 2006
Pages : 224
Format : 15 x 3 x 23
Prix : 17,50 euros
Editeur : Albin Michel
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Une analyse imparfaite du système Delanoë
C'est justement sur les chiffres que l'ouvrage de Sophie Coignard présente quelques faiblesses. La journaliste dénonce la trop longue liste des associations gays subventionnées par la Mairie et le "clientélisme communautaire" de M. Delanoë : traditionnel étalage de chiffre, déjà exploité par Françoise de Panafieu dans son ouvrage de campagne "Mon Paris Gagnant".
La mairie fournit d'autres données : ces associations représenteraient seulement 0,14 % des subventions municipales. Lorsqu'elle prétend que le système de clientélisme, dont l'ancienne équipe municipale a usé et abusé, est toujours en vigueur à l'Hôtel de ville, la journaliste n'avance aucun fait. Lorsqu'elle démonte les pratiques discrétionnaire des attributions de logements sociaux, ou les appels d'offres frauduleux, aucun fait exact n'est avancé.
Toutes ces accusations sans fond discréditent l'ouvrage, et l'absence de réaction de la part de l'Hôtel de Ville est la preuve du peu de cas qu'il est fait de ces critiques.

La novlangue de l'Hôtel de Ville : à la recherche du consensus
La pertinence de cet ouvrage réside dans l'analyse de la langue officielle de l'Hôtel de Ville. "Espaces civilisés", "vie citoyenne", "aménagements urbains chaleureux" ou encore "valeurs de l'opération Immeubles en fêtes" : une sorte de "novlangue" (la langue fictive inventée par George Orwell dans son roman "1984") est employée à tout bout de champ par l'équipe communicante de M. Delanoë. Chaque réunion de quartier devient un événement solidaire et éthique, voire philosophique. Mais "qui, à la place des espaces civilisés, souhaiterait voir éclore des zones de barbarie ?", s'interroge Sophie Coignard, consternée par le non-sens des expressions utilisées. Rien n'est laissé au hasard, tout est soumis à une règle. Le langage de la mairie de Paris est étudié à la virgule près. Par souci de parité, on n'écrit plus les Parisiens, mais les Parisien-ne-s. Exemple : "Parisien-ne-s impliqué-e-s et fraternel-le-s". La première adjointe Anne Hidalgo est en charge du "Bureau de temps", un concept plus qu'obscur pour la majorité des Parisiens. Le "marchand de sable", derrière une communication reglée à la lettre, tenterait-il de camoufler une action peu efficace ? Dans le "Paris fantasmé" de M. Delanoë, Sophie Coignard voit une transformation de la capitale en un immense parc d'attraction : une fausse plage pendant l'été, des espaces verts toute l'année, des balcons fleuris... Elle ajoute, moqueuse : "Il ne manque que Mickey, Minnie, Tic et Tac pour venir mettre un peu d'animation".

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 Laura Matesco, L'InternauteParis
 
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