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"La zone démilitarisée" par Nicolas (septembre 2005)
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Je tenais à le faire. C'est fait. Aujourd'hui je me suis rendu sur l'un des points de tension les plus forts de la planète : la zone démilitarisée (DMZ) entre la Corée du Nord et la Corée du Sud. J'y suis allé en compagnie d'une famille coréenne dont certains venaient également pour la première fois sur ce point noir d'un pays qui se veut moderne. La première impression lorsqu'on pénètre aux avant-postes de la DMZ, c'est d'assister à un spectacle grand guignolesque. Après avoir suivi une route bordée de barbelés et de postes de garde, on pénètre sur un parking plus proche du terrain vague que du parc de stationnement. A ma gauche, un parc d'attractions. A ma droite des écoliers se préparant pour un spectacle folklorique. En grimpant sur l'esplanade située au-dessus de nous, nous nous retrouvons dans un jardin public qui s'arrête net sur un poste de garde. A cet endroit commencent à se presser les touristes. Parmi eux quelques étrangers dont des Chinois. Mais je crois également deviner la présence de vétérans de la guerre de Corée, reconnaissables à leur gueule cassée et leur démarche claudicante. Ceux dont l'intégrité physique a été préservée laissent transparaître un moral définitivement abîmé au travers de leur regard éteint. En avançant, on traverse un petit pont au bout duquel se trouve un portail grillagé derrière lequel se trouvent des soldats sud coréens. Sur ce grillage sont affichés de nombreux messages que j'imagine être des messages pacifiques d'espoir de Coréens idéalistes, ou de désespoir de familles séparées autoritairement et arbitrairement... A cet instant, un haut parleur fait une annonce. Mes compagnons coréens expliquent qu'aujourd'hui nous avons de la chance car nous pouvons aller loin dans la DMZ, ce qui n'est pas toujours possible. Nous nous empressons de prendre nos billets puis nous allons déguster un bimbimbap en attendant le bus. La visite en car, qui dure deux heures, est un peu spéciale. Je ne comprends pas le coréen mais la manière qu'avait le chauffeur de commenter le trajet ressemblait à une prestation d'un animateur TV, haranguant la foule et celle-ci répondant en choeur ... J'ai cru que nous allions nous lancer dans un Karaoké... Après avoir passé plusieurs checkpoints, nous commençons la visite par le "3ème tunnel". Il s'agit d'un tunnel de plus d'un kilomètre de long creusé par les Nord-Coréens pour infiltrer le sud. Il n'a été découvert qu'en 1978. La descente est impressionnante car il est profond de 72 mètres. La remontée est quant à elle carrément épuisante. Pour beaucoup de Coréens, se rendre sur la DMZ, c'est avant tout l'occasion de voir pour la première fois la Corée du Nord. C'est le second arrêt important de notre périple, le clou du spectacle en quelque sorte : l'observatoire de Dora. Nous somme accueillis de manière un peu martiale par un militaire coréen dans une grande salle type salle de cinéma. Au lieu d'un écran, nous surplombons la DMZ, paysage sauvage magnifiquement préservé, qui abrite d'ailleurs une réserve naturelle pour les animaux, ce qui est peut être le point le plus positif de ce lieu. Nous pouvons voir de ce point de vue la Corée du Nord et les premiers villages après la frontière. Nous pouvons même les observer à la jumelle pour sans doute observer la misère des villageois de l'autre côté, un peu comme des bêtes curieuses. Les photos sont autorisées derrière la ligne jaune située à 3 bon mètres derrière le parapet. Autant dire que l'on ne voit pas grand chose. Avant-dernier arrêt : la gare de Dorasan. C'est un spectacle assez insolite. Il s'agit d'une gare moderne, future station entre le sud et le nord, et même l'Europe, à la nuance près que l'on n'est sans doute pas encore près de monter à bord d'un tel train tant que la réunification n'a pas aboutie. Ce qui est le plus frappant, c'est la direction de Pyeongyang qui y est indiquée ! La dernière halte, comme dans tout bon circuit touristique, c'est la halte dans une épicerie où sont vendus quelques produits locaux, dont certains du nord si j'ai bien compris. De cette dernière halte j'en retiens que le soju est plus cher à la frontière : 2500 wons contre 800 à Seoul !
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