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Juillet 2005

Jardins Zen au Japon

Le pays du soleil levant, pays de la modernité par excellence, est aussi celui de la tradition. L'Internaute vous propose de découvrir cette philosophie Zen où l'homme et la nature vivent en harmonie.
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Le Pavillon d'Or, Kinkaku
Voir 12 photos des jardins Zen

Zen, en langue japonaise, est la dénomination la plus utilisée pour qualifier une pratique d'origine indienne, nommée "Dhyana" en sanscrit. Etymologiquement, dans les deux cas, il s'agit " d'agir centré " ou, par extension " d'être au centre ". Le Zen appartient à la religion bouddhique, mais il possède ses propres particularités et enseignements. Originellement le jardin Zen est né en Chine, sous le nom de "Chan", où il servait tout simplement de lieu de méditation et de pratique aux moines. La plupart des monastères étant situés en montagne, il fut pris l'habitude d'utiliser des rochers pour agrémenter le lieu de méditation qui était souvent fort restreint en raison du terrain. Ce jardin était aussi très généralement le lieu où se trouvait le puit ou la réserve d'eau. Entre le VIIème et le IXème siècle, le "Chan" originel et la tradition d'utiliser des rochers et des pièces d'eau se fit connaître en Corée sous le nom de "Sôn", puis au Japon sous le nom de "Zen". Cependant, au Japon, ces jardins de temple, appelé "Tei" ou "Niwa" s'agrémentèrent des compositions particulières à la religion locale qu'est le Shinto.

Composition et Philosophie
On trouve dans ces jardins Zen des caractéristiques qui les différencient des jardins d'origine : des lanternes de pierre ("Ishi Doro"), des tablettes dédiées aux divinités de la nature ("Kami") ainsi que des portiques ("Tori"). Mais, la réelle particularité de ces jardins est une conception philosophique particulière où l'homme ne domine pas la nature mais y participe. Le jardin doit donc se présenter comme un paysage naturel, sinon idéal. L'art de la composition doit s'effacer au profit de la représentation symbolique que l'on se fait d'un lieu de séjour divin. On y honore les divinités de la nature comme l'autel familial est celui où on honore les divinités ancestrales. Il est avant tout un microcosme servant à retenir les énergies subtiles et bénéfiques qui, petit à petit, viennent l'habiter. Peu importe sa taille car une simple pierre peut alors se transformer en lac ou en montagne au gré de la composition. Le jardin joue ainsi un rôle essentiel d'espace intermédiaire entre le sacré et le profane, l'invisible et le visible, le subtil et le grossier, l'interne et l'externe. Le jardin permet de se purifier puis de se régénérer avant de passer le seuil de la maison. Ce rôle est particulièrement important dans les jardins de thé ("Roji") qui mènent aux pavillons de thé où s'effectue la cérémonie traditionnelle du thé ("Chado" ou "Cha No Yu"). L'énergie bienfaisante et naturelle du jardin pénètre dans la maison par l'intermédiaire des fameuses compositions florales de l' "Ikebana", essence même du microcosme...

Les plus célèbres jardins Zen
Le temple Ginkakuji fut construit en 1482 par Ashikaga Yoshimasa, le huitième Shogun (litteralement, le grand général) de la période Muromachi. Ce temple est le lieu où la culture Higashiyama initiée par Yoshimasa commença et fut le point de départ d'un mode de vie moderne pour les japonais. Ici, la beauté de la nature à chaque saison est subtilement adaptée, créant l'atmosphère d'un monde spirituel profond. Ce complexe comprend des jardins et deux temples :
Le Kannoden (Ginkaku) : ce temple allie deux architectures différentes. Au premier étage, le Shinkuuden fut construit dans le style Shoin, style d'architecture japonaise traditionnelle. Au deuxième étage, le Chouonkaku est un temple de style chinois. Sur le toit, le phœnix en bronze orienté à l'Est est dédié au dieu de la miséricorde, Kannonbosatu, afin de protéger le temple.
Le Tougudo, pavillon Bouddhiste de Yoshimasa, est le bâtiment de style Shoin le plus ancien. Ce lieu serait à l'origine de la culture Higashiyama et du style Souan des Maisons de Thés. Le site fut inscrit au Patrimoine Culturel Mondial en 1994.

Le Temple Ryoanji, aménagé en 1499 à Tokyo, est reconnu pour être un chef d'œuvre de la culture japonaise. Il se compose simplement de sable blanc harmonieusement ratissé sur lequel sont disposées 15 pierres moussues réparties au rythme de sept, cinq et trois. Ce jardin de forme rectangulaire est en cela différent de ceux des nobles construits au Moyen-Age. Il mesure 30 mètres dans sa longueur orientée Est/Ouest et de 10 mètres sur sa largeur Nord/Sud. Ces rochers représentent symboliquement les " Iles dans la grande mer ", " les sommets de montagne dans la mer de nuage " ou " la tigresse traversant un lac avec ses petits ". L'énigme de ce jardin réside dans le fait qu'une des pierres de la composition demeure toujours invisible et ceci quel que soit l'endroit où on se place.

Le Pavillon d'Or, Kinkaku, originellement appelé Rokuon-Ji, fut dans les années 1220, la résidence de Kintsune Saionji. Puis, Yoshimitsu, le troisième shogun de la période Ashikaga, commença la construction du Kitayamaden et fit un effort particulier pour en faire un site de méditation. Après sa mort, le lieu devint un temple zen. Tous les bâtiments, à l'exception du Kinkaku, tombèrent en ruines, mais le jardin est resté identique. L'on observe encore ici une combinaison d'architecture entre les différents étages. Le premier étage observe le style des palaces ; le deuxième celui des maisons de Samourai et le troisième, celui des temples zen. Tandis que la Maison de Thé Zoroku est typique du style favorisé par Kishuza, un maitre du Thé du XVIIème siècle. Le temple fut construit au bord d'un étang qui fut aménagé dès la fin du XIIème siècle et surnommé, depuis, l'étang des canards mandarins.

Découvez, à travers ce diaporama, ces jardins Zen dont l'un des concepts majeurs est "J'apprends seulement pour être satisfait" (inscription gravée sur le lavabo Tsukubai dans le jardin du Pavillon d'Or). Ainsi, celui qui apprend uniquement pour être satisfait est spirituellement riche, tandis que celui qui n'apprend pas pour être satisfait est spirituellement pauvre, même s'il est matériellement riche.

DIAPORAMA : 12 photos Zen du Japon
Le Temple Ryoanji Tortues lac des Mandarins Arbre japonais
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 Eloïse Bollack, L'Internaute
 
Magazine Voyager
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