Retour en Mauritanie

L'auteur est retourné, une nouvelle fois, en Mauritanie pour tenter de réparer l'injustice faite à ce pays et à sa population. Le tourisme qui faisait vivre dignement une dizaine de milliers de personne dans la régions de l'Adrar a disparu aujourd'hui, ouvrant la porte à la misère, à l'émigration... Et pourtant...

La Mauritanie et ses trois millions et demi d’habitants ont été durement affectés par l’attentat d’Aleg et par l’annulation du rallye Paris Dakar. Quatre longues années après, les touristes, mais aussi les ONG, ont largement abandonné le pays, découragés par les avis du Quai d’Orsay et par une couverture médiatique superficielle.

Pourtant, depuis maintenant trois ans, l’état mauritanien a placé la sécurité au centre de ses préoccupations et ses promesses ont été suivies d’actions. Aujourd’hui, il est tout à fait possible de circuler, de randonner dans le désert de L’Adrar en sécurité.

Je suis ainsi retourné à Chinguetti, comme on visite une ancienne fiancée.

Et… Je n’y peux rien, cette ville qui sombre, vivante, dans le sable et dans l’oubli, m’a, une nouvelle fois,  serré le cœur !

- En pénétrant dans ces bibliothèques fameuses dans tout le monde musulman, où des érudits ouvrent des manuscrits du XII°, rongés par les termites, grignotés par les souris.

                          

- En rencontrant Moulay, quinze ans, qui tient « laFNAC » (mais oui !) avec sa maman en face de la mosquée, construite de pierres sèches, qui m’explique avec un sourire triste qu’il n’a plus de cartes postales en stock, car il n’a plus de clients

                              

- En bavardant avec Zeïnabou, vive et intelligente, qui passera son bac cette année et qui se tait, le regard brouillé, lorsque je lui demande ce qu’elle fera après 

                                          
- En écoutant Ahmed, l’ancien proviseur, qui ne comprend rien à  l’injustice que l’on fait à sa ville, à sa région…

Qui redonnera de l’espoir aux enfants de Chinguetti ? Qui remontera les murs écroulés de Ouadane, l’ancienne cité caravanière, située aux avants postes de la civilisation entre falaises et mer de sable ?

Il n’y a en effet rien d’héroïque à aller, aujourd’hui, en Mauritanie ! Que du plaisir…

- Marcher seul dans le désert, alors que le soleil a réchauffé le sable d’hiver

                          

- Grimper sur la crête d’une longue dune pendant que les ombres s’allongent infiniment et puis se laisser dévaler vers une oasis où nous attendent les dattes et le thé.

- Se laisser surprendre, une nouvelle fois par le miracle de l’eau et des oasis, comme à Terjit, enserrée entre des falaises de grès couvertes de mousses et de fougères alors que les familles en boubous colorés  se promènent en bavardant ou font leurs ablutions dans l’eau claire.

                                                               

Non, rien d’héroïque, juste du plaisir, de la sérénité et oui, un peu, beaucoup de nostalgie…

Gérard Guerrier, président général d'Allibert Trekking

Ps : si vous aimez la Mauritanie, si vous voulez voir revivre ses oasis, une page FB lui est consacrée : http://www.facebook.com/retour.mauritanie

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