linternaute voyage
Search engine
 
L'Internaute > Voyager >
Exposition > Rembrandt
 EXPOSITION 
Juillet 2005

Rembrandt, portraits religieux

Rembrandt-Autoportrait en Apôtre Paul







L'exposition visible à Los Angeles, jusqu'au 28 août, permet de découvrir la dernière période de création de Rembrandt. Loin du succès de ses premières années, l'artiste est alors confronté à la pauvreté et à une solitude grandissante. Il pousse pourtant encore les limites de son art et de son talent comme le prouvent les seize tableaux réunis au Getty Center.
Envoyer à un ami | Imprimer cet article

Les dernières années de la vie de Rembrandt
L'histoire des arts et de la peinture recèle de destins exceptionnels. Celui de Rembrandt Harmensz Van Rijn est inscrit dans ses oeuvres et dans son style. Après avoir été le portraitiste le plus couru d'Amsterdam, ce maître de la peinture hollandaise est pauvre et seul à la fin de sa vie. Il est pourtant un peintre reconnu et célèbre mais cette renommée ne se traduit pas dans son quotidien ni dans ses conditions de vie matérielles. Si Rembrandt n'a jamais quitté sa Hollande natale il a connu une vie pleine de surprises et surtout pleine de drames. Après la mort de sa première femme en 1642, Rembrandt mène une vie relativement décousue et instable. Mis en faillite en 1656 puis sous tutelle un an après, il assiste à la mort de sa troisième compagne, Hendrickje Stoffels, en 1663 et à celle de Titus, son fils, en 1668. Les années 1660 sont donc particulièrement difficiles pour l'artiste et Rembrandt meurt en 1669, à l'âge de 63 ans. Pourtant, il ne s'arrête pas de créer pendant ces années et il pousse même les limites de son art, tant dans le choix des sujets que dans leur représentation. Profondément marqué dans sa vie d'homme, Rembrandt se libère des conventions pour mieux révéler son humanité et sa sensibilité.

Un style poussé à son maximum
Les seize tableaux rassemblés au Getty Center de Los Angeles sont représentatifs des thèmes et du style qui ont dominé la production artistique du peintre dans ses dernières années. Ces portraits à connotation religieuse présentent une série de personnages peints à mis-corps, de face ou de profil. Le clair-obscur dont Rembrandt s'est rapidement imposé comme un des maîtres, permet à l'artiste de créer des zones d'ombre et de les opposer à des teintes dorées. Troublantes et inattendues, ces oeuvres se caractérisent aussi par une plus grande lourdeur dans le trait et dans la couleur. Les empâtements et les couches de peinture se font plus marqués et plus visibles que dans ses créations précédentes. Mis en avant par les effets de lumière, les visages des personnages sont soit baignés d'une lumière évoquant le divin, soit gardés dans l'ombre, signe de martyre ou de souffrance. Le visiteur, confronté à ces portraits, est perturbé par les regards et leur intensité. Certains l'affrontent alors que d'autres fuient inexorablement, gardant ainsi tout leur mystère. L'opposition des couleurs et des degrés d'intensité de la lumière rend ces tableaux plus humains. Les corps se détachent et s'animent. Certaines zones, traitées avec minutie, s'opposent à des parties plus grossières. Le génie de Rembrandt, reconnu notamment dans son oeuvre la plus célèbre, La Ronde de Nuit, prend ici une nouvelle dimension. Le peintre se détache des conventions et pousse au maximum son talent de portraitiste et de maître du clair-obscur. Ce ne sont plus les portraits bourgeois des premières années, portraits qui lui ont apporté fortune et renommée. Le peintre est désormais libre et totalement voué à sa création.

Des thèmes religieux détournés et appropriés
Au-delà du style, c'est le choix des personnages et leur représentation qui font la spécificité des oeuvres et donc l'intérêt de l'exposition, ciblée sur ces dernières années. Si le thème religieux est récurrent dans les créations de Rembrandt, il se généralise dans les dernières années de sa vie. Les raisons de ce choix ne sont pas claires mais il est certainement en lien avec les conditions de vie matérielles et la situation personnelle du peintre. Au final, ces oeuvres hésitent entre le portrait classique et la représentation religieuse. Le souci du détail est tel que le spectateur voit d'abord la personne, l'individu représenté. Mais en même temps, les emblèmes ou les postures font inévitablement ressortir l'aspect religieux des portraits. Le peintre multiplie en effet les représentations de saints ou d'apôtres. Il se met lui-même en scène dans un autoportrait où il prend les traits d'un saint Paul enturbanné. Ici, l'épée portée sous le bras, le turban et les feuilles servent de symbôles de Saint Paul car ils évoquent son martyre, ses origines orientales et les épîtres. Ce tableau fait partie de l'importante collection d'autoportraits réalisés par l'artiste. Quant à son portrait d'Hendrickje Stoffel, peint en 1660, il évoque la Vierge par sa pose et son air mélancholique. Ce rapprochement renforce la souffrance déjà exprimée par la jeune femme malade et affaiblie. Là encore, la liberté de Rembrandt s'exprime dans la combinaison de thèmes traditionnels et de sujets personnels.

Les 16 tableaux présentés au Getty Center révèlent la sensibilité du travail de Rembrandt dans ses dernières années. Ils illustrent cette humanité, étrangement mêlée de symbolique religieuse qui caractérise ses oeuvres. Le peintre parvient ainsi à attirer puis à destabiliser le visiteur, comme par son regard dans l'autoportrait, à la fois provocateur et implorant.

Renseignements
L'exposition "Rembrandt, les derniers portraits religieux" se tient à Los Angeles au Getty Center, 1 200 Getty Center Drive, jusqu'au 28 août. » voir site

7 tableaux exposés à Los Angeles
Rembrandt-Hendrickje Stoffels Rembrandt-Apôtre Barthélémy Rembrandt-Apôtre Jacques

cliquez ici pour lancer le diaporama

 
 Isabelle Saint-Marc, L'Internaute
 
Magazine Voyager
Envoyer | Imprimer
Haut de page
 
 
newsletter
Voyager Voir un exemple
L'Internaute Voir un exemple
Week-end Voir un exemple
Toutes nos newsletters
 

Sondage

La voiture de vos rêves pour partir :

Tous les sondages

 
L'Internaute