| | ||||||
Pour admirer le Parlement de Bretagne, prenez la rue de Brillac depuis la place de la Mairie ou la rue Hoche depuis la place du même nom. Elles vous mèneront toutes les deux directement à la place du Parlement.
Au XVIème siècle, le royaume de France comptait treize parlements. Après avoir été transféré plusieurs fois entre Nantes et Rennes, le Parlement de Bretagne s’établit définitivement dans la capitale Bretonne en 1560. Il fait alors office de Cour Suprême mais il a aussi un rôle politique et législatif. La tâche est assurée par des nobles qui ont payé leur charge pour y siéger.
» L’architecture du bâtiment
Le bâtiment a été édifié entre 1618 et 1655. Les premiers plans ont été dessinés par Germain Gaultier qui était alors architecte de la ville. Mais le projet ne satisfait pas les parlementaires. Ils font donc appel à Salomon de Brosse qui a notamment conçu le Palais du Luxembourg, à Paris. Ce second architecte ne fait, en fait, qu’améliorer les plans qui ont été proposés par son prédécesseur. Il ajoute notamment un double escalier menant à une terrasse sur la façade du bâtiment. Il impose également une lecture horizontale du bâtiment en utilisant du granit, un matériau froid, au rez-de-chaussée- qui sert alors de prison – et le tuffeau, plus noble, au premier étage.
Le 23 décembre 1720, Rennes est victime d’un gigantesque incendie. En effet, alors que le feu prend dans une habitation, il se répand très rapidement dans les rues étroites de la ville qui sont principalement constituées de maisons à pans de bois. En une semaine, ce sont plus de 900 maisons qui brûleront, et des milliers d’habitants qui se retrouveront sans abri. Par miracle, le Parlement est épargné.
| | ||||||
» Les décors
| | ||||||
Vous pourrez notamment admirer la « salle des pas perdus ». Cette immense galerie vous impressionnera par sa taille. En effet, elle mesure plus de 36 mètres de longueur et 13 mètres de hauteur. Son plafond est en bois sculpté et doré à la feuille d’or. En son centre, vous verrez, entre autres, les armes de la France et celles de la Bretagne réunies.
Près de la « salle des pas perdus », vous entrerez dans la « salle Jobbé-Duval », du nom du peintre qui la décora. Le plafond est composé de cinq caissons, dont un octogonal au centre. Ce sont des peintures monumentales qui représentent, de manière symbolique, la Justice. Même les tapisseries ont été réalisées par la femme du peintre et sont donc signées « Jobbé-Duval ».
Si vous visitez le parlement un week-end ou un jour férié, vous aurez sans doute accès à la salle des assises. Là encore, boiseries, dorures et peintures décorent la pièce. On y retrouve des symboles de la Bretagne et de la France ainsi que des monogrammes royaux.
Enfin, vous terminerez votre visite par le joyau du palais, la Grand’ Chambre. Le plafond de cette salle a aujourd’hui acquis une valeur inestimable car tous les décors du genre ont disparu. La décoration de la Grand’ Chambre a été conçue par le premier peintre du roi, Charles Errard. Certains dessins ont été réalisés par Noël Coypel. Tous les éléments ont été préparés à Paris pour ensuite être amenés à Rennes, par voie fluviale. Vous admirerez donc, au plafond, un tableau octogonal et, autour de lui, des médaillons. Le caisson central est une représentation de la Vérité s’appuyant sur la Justice et le Droit, protégeant ainsi l’Innocence des crimes. Vous pourrez aussi distinguer des représentations de la Force, la Connaissance, l’Eloquence et la Prudence.
» L’incendie
| En savoir plus |
|
Au lendemain de l’incendie, les Rennais découvrent, désolés, les dégâts. La « salle des pas perdus » se retrouve à ciel ouvert. La plupart des décors ont été altérés par les flammes mais aussi par l’eau et la chaleur. Très vite, les instances régionales et nationales se mobilisent pour rénover le Parlement. Une association est même créée. De nombreux décors – panneaux de bois et dorures - sont déposés pour être rénovés. Les travaux de restauration sont réalisés selon des techniques anciennes pour obtenir un résultat au plus proche de l’original.
En revanche, l’électricité, le chauffage, le réseau informatique sont remis à neuf lors de ces travaux. Tout est fait pour qu’une telle catastrophe ne se reproduise pas. La restauration du Parlement prendra plusieurs années. Aujourd’hui, les travaux sont achevés et les Rennais visitent, plus nombreux qu’avant, l’édifice. La cour d’appel de Rennes siège dans cet édifice.













