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Oradour-sur-Glane

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Un voyage à Oradour-sur-Glane

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Symbole de la brutalité de l'occupation nazie, le destin tragique d'Oradour-sur-Glane fut scellé le 10 juin 1944 par la division SS « Das Reich ». En quelques heures, cette bourgade du Limousin est transformée en brasier et ses occupants massacrés « pour l'exemple ». Depuis, la « ville martyre » est restée en l'état, témoignant de l'innommable et incitant les visiteurs à se recueillir devant les ruines calcinées qui ont vu périr 642 habitants.
  • Le 10 juin 1944, 14 heures
Le 10 juin 1944, malgré l'occupation allemande, la vie suit normalement son cours dans le village d'Oradour-sur-Glane. De nombreuses personnes travaillent à Limoges, qui est reliée au village par un tramway. Bien qu'elle abrite de nombreux Républicains espagnols, Oradour n'est pas directement sur le terrain d'action de la Résistance. Pourtant, depuis l'annonce du débarquement en Normandie quatre jours plus tôt, cette dernière multiplie les actions dans la région pour retarder les troupes allemandes qui remontent vers le nord.

A 14h environ, un détachement de la division « Das Reich » encercle soudainement et très méthodiquement le village. Environ 150 SS forment un cordon très serré à quelques pas des maisons. Toute fuite est impossible et, hormis quelques jeunes hommes qui cherchent à échapper au STO, les habitants obéissent spontanément : ils n'ont de toute manière rien à se reprocher. En quelques minutes, hommes, femmes, enfants et vieillards sont rassemblés sur la place du Champ-de-Foire. Ne pouvant imaginer ce qui les attend, ils n'opposent aucune résistance.
  • Une division familière des exactions
Face à eux, il ne s'agit de soldats de la Wehrmacht mais de la deuxième division SS Das Reich. Après le désastre allemand à la bataille de Koursk, elle se repose et se reconstitue à Montauban. Parallèlement, elle a pour mission la « pacification » du centre de la France. Formée sur le Front de l'est, ayant participé aux Einsatzgruppen, cette division est rompue à la guerre totale. En effet, la mission des groupes spéciaux à l'Est était, derrière le front, de « nettoyer » le terrain. Ceci se traduisait par des meurtres de masse qui visaient les juifs, bolcheviques et autres partisans mais qui pouvaient aussi frapper sans distinction.

En France, la politique hitlérienne n'a jamais atteint une violence aussi extrême. Cependant, le débarquement en Normandie et les actions des Résistants plongent les armées nazies dans un climat d'urgence. Il semblerait que la division Das Reich ait obtenu carte blanche pour rétablir l'ordre et remonter au plus vite sur le front normand. Elle décide alors de mettre en place des techniques éprouvées en Russie. Depuis le mois de mai 1944, ses actions contre les résistants se sont soldées par quelques massacres. Le 9 juin, la violence monte d'un cran à Tulle lorsque la division arrête tous les hommes et décide d'en pendre 99 aux balcons et réverbères de la ville et d'en envoyer 149 à Dachau. Mais c'est à Oradour-sur-Glane que la violence atteint son paroxysme.
  • Un village entièrement rasé
Sur la place du Champ-de-Foire, les SS séparent les hommes des femmes et des enfants. Avec les premiers, ils forment plusieurs groupes qu'ils placent dans six différents bâtiments du village. Les 207 enfants et 248 femmes sont quant à eux entassés dans l'église. Vers 16h, tous les hommes sont abattus en même temps. Afin que les corps ne soient pas reconnus, les nazis incendient les bâtiments. Environ une heure plus tard, des allemands pénètrent dans l’Église pour déposer une caisse d'explosifs qui en brûlant ajoute une épaisse fumée asphyxiante à la détonation. L'église est ensuite mitraillée de l'extérieur avant qu'un produit inflammable ne soit répandu et la voûte dynamitée. Celle-ci, en retombant, ne laisse aucune chance aux occupants.

De ce massacre, une seule femme en réchappe après s'être faufilée par un vitrail et avoir survécu à un mitraillage. Son témoignage sera par la suite capital. Quelques hommes, feignant la mort, en ressortent également vivants, ainsi que quelques personnes qui s'étaient cachées et notamment un enfant. Son père lui avait appris à se cacher dès qu'il voyait des soldats allemands.

Les SS mettent ensuite le feu au village et restent en poste jusqu'au début de la nuit. Le tramway revenant de Limoges aux environs de 19h30 est par contre épargné. Ses occupants sont contrôlés avec rigueur, ils ne peuvent rentrer dans le village mais ils ne subissent pas de violence particulière.

Rapidement, les survivants et l'Etat décident de conserver le site pour en faire un lieu de mémoire. Un nouveau village est construit à proximité. Les ruines, à l'exception de l’Église qui a été déblayée, notamment pour pouvoir retrouver tous les corps, sont conservées en l'état tandis qu'un mur d'enceinte est construit. Plus tard, au sein du cimetière, un Mémorial (ou Martyrium) est créé. Enfin, le Centre de la mémoire fut inauguré bien plus tard, en 1999.

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Carte d'identité

Population (2010) : 2 246 habitants
Superficie : 38,16 km²
Nom des habitants : Radounaux, Radounales
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