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Si aujourd'hui l'abbaye Saint-Pierre est connue mondialement, notamment grâce aux traditionnels chants grégoriens, elle n'était à l'origine qu'un prieuré, fondé en 1010. A la fin du 11ème siècle, l'église est enrichie des magnifiques et gigantesques sculptures que l'on a désormais coutume d'appeler les "Saints de Solesmes". Puis, la chapelle Notre Dame est construite entre 1532 et 1553, et bientôt en 1664 le prieuré entre dans la congrégation de Saint-Maur. En 1789, lors de la Révolution, il est ruiné, puis restauré en 1833 par Dom Guéranger, avant de devenir abbaye quatre ans plus tard. Les moines n'y reviendront définitivement qu'en 1922.
La seule partie ouverte au grand public est l'église, plus modeste que l'abbaye. Pourtant, elle ne manque en aucun cas d'intérêt. Tout en longueur, elle est construite sur un ancien édifice beaucoup plus court qui possédait des arcades ouvrant sur des bas-côtés. L'ancien transept possédait quant à lui une statue de Saint Pierre du XVe siècle, qui a été déplacée sous la deuxième travée de droite en 1870, sous les ordres de Dom Guéranger. Le chœur quant à lui date de 1864, mais les stalles possèdent encore de belles sculptures du XVIe siècle, qui représentent les ancêtres du Christ.
Mais l'essentiel dans cette église réside dans les fameuses sculptures qui ont participé à sa renommée : celles des Saints de Solesmes. Groupées dans les chapelles du transept, elles représentent plusieurs scènes de la Bible.
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A gauche, la chapelle Notre Dame est peut-être encore plus impressionnante que sa voisine. Elle décrit quatre scènes distinctes. Au-dessus de l'autel, la première scène est celle du Spasme de Marie. Au fond de la chapelle et faisant écho au sépulcre de Notre Seigneur, il s'agit de l'ensevelissement de Notre Dame la Belle. Sur sa partie supérieure, la scène représente les apôtres contemplant l'Assomption. Enfin, au-dessus du Spasme de Marie est symbolisée la Femme de l'Apocalypse victorieuse du dragon à sept têtes, entourée de jeunes filles sensées symboliser ses vertus. Dans la pierre, des textes sont gravés et commentent les 4 scènes, que l'on doit au donateur Jean Bougler qui a commandé ces sculptures. On peut d'ailleurs voir son personnage à droite de Notre Dame la Belle, très finement travaillé. Enfin, une cinquième scène représentant le Recouvrement de l'Enfant Jésus au Temple a été ajoutée peu après.
Si vous passez par Solesmes, vous ne devrez pas manquer son abbaye et son église abbatiale. Subtilement éclairée, celle-ci vous révélera toute la beauté et la finesse de ses sculptures. Attention toutefois à ne pas troubler le silence qui règne et les moines qui se recueillent !
















