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 INTERVIEW 
Octobre 2005

"Ce qu'on préfère : le kayak freestyle"

Quelques kayakistes globe-trotters se sont regroupés au printemps 2004 dans une association, Dabeblech-kayaking afin de pouvoir faciliter la réalisation de leur rêve : pagayer sur les eaux du monde. Rencontre avec Jonathan Derain et Julien Morel, deux des fondateurs de cette association.
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Comment vous est venue cette passion pour le kayak ?
Jonathan Derain : J'ai toujours aimé le kayak et cela s'est renforcé lorsque j'ai découvert le freestyle. Je suis quelqu'un de très aquatique et je suis attiré par la plupart des sports à sensations.
Julien Morel : Pour moi, cette passion vient sans doute de mes parents. Ils ont toujours pratiqué le kayak et ils m'ont transmis le virus dès mon plus jeune âge.

Où et depuis combien de temps pratiquez-vous le plus souvent cette activité ?
Jonathan Derain : J'ai commencé le kayak assez tard et c'est à partir de 2002, après avoir assisté à une compétition international en Suisse (Thun) que je me suis intéressé sérieusement au freestyle. Quelques mois plus tard, j'ai découvert qu'à environ 10 minutes de chez moi, se formait une vague derrière le barrage de Joinville. C'est donc sur ce spot que je navigue le plus régulièrement. Comme il est agréable de découvrir d'autres horizons, je me déplace plusieurs fois dans l'année en Bretagne pour naviguer en mer à la Pointe de la Torche ou près de Lyon pour surfer la vague d'Hawaii sur Rhône. Le moment le plus attendu de l'année reste la période où l'on part en voyage au Canada ou à La Réunion, ce qui est souvent synonyme de kayak intensif !
Julien Morel : Ça va faire maintenant 10 ans que je pratique le kayak, le plus souvent je navigue sur un spot à coté de chez moi, Joinville et Noisiel.

Quelle est votre spécialité ?
Jonathan Derain : Ce que je préfère, c'est le kayak freestyle sur des vagues statiques ou des vagues de mer bien grosses !
Julien Morel : Le kayak freestyle ; c'est le sport "fun" du kayak, il représente une génération de pagayeurs prêts à parcourir des kilomètres pour trouver le spot idéal. L'adrénaline et les sensations de glisse sont exceptionnelles dans ce sport, le plaisir passe avant l'entraînement.

Quelles différences y a-t-il entre du kayak de mer et du kayak de rivière ?
Jonathan Derain : La différence majeure va se faire au niveau du type de vague. En mer, la vague vient du large, se lève, déferle et disparaît. En rivière, il s'agit de vague statique, formée par une cassure dans le fond. La vague reste sur place et garde la même forme. Le type de navigation est donc légèrement différent mais le but est le même : "carver", prendre de la vitesse, faire décrocher le bateau et décoller pour faire une figure.
Julien Morel : Le kayak de mer est une pratique très sympa qui s'apprête plus à la randonnée ou à la découverte. On commence à voir de plus en plus des bateaux de freestyle qui se mêlent aux surfeurs. C'est en rivière que le kayak se pratique le plus souvent. Mais "la rivière", c'est surtout descendre un cours d' eau, essayer de le dompter et jouer avec les mouvements d'eau, éviter les dangers, les rochers… mais aussi surfer les vagues statiques formées par le fond de la rivière (freestyle) ou encore sauter des chutes ou des cascades.

Quelle est la figure la plus difficile à effectuer en mer et en rivière ?
Jonathan Derain : Aujourd'hui, il y a des évolutions de figure. Il y a les combos, c'est à dire un enchaînement très rapide de deux figures, "bread & butter". Sinon, les hélix, qui sont des 360° à l'envers (la tête en bas).
Julien Morel : Le donkey flip. C'est une vrille en l'air sans mettre la tête dans l'eau. On prend un maximum de vitesse en partant du haut de la vague, puis avec la vitesse accumulée, on rebondit sur l'eau et effectue une prise de carre. Cela nous fait décoller et là, on envoie un mouvement de hanche pour faire la vrille en l'air.

Quels conseils donneriez-vous à un jeune qui souhaiterait se lancer dans le kayak ?
Jonathan Derain : Pour commencer cette discipline, il est indispensable de savoir esquimauter, et ensuite pratiquer en se faisant plaisir avec des potes.
Julien Morel : Pour ma part, je dirais : "Va-y, n'hésite même pas !". J'ai vécu des moments inoubliables pendand les trips kayaks que je n'aurais jamais vécu en pratiquant un autre sport. Le kayak procure des sensations uniques. On rencontre des gens vraiment sympas et on découvre des endroits magnifiques et inédits en pleine nature un peu partout où l'on va.

Quel est l'endroit qui vous a procuré le plus de sensations en kayak ?
Jonathan Derain : Les deux endroits qui m'ont procuré le plus de sensations sont la vague de Big Joe sur le Saint Laurent à Montréal et les vagues de mer à la Réunion qui faisait 3 mètres de vertical et environ 5-6 mètres de haut.
Julien Morel : Les vagues du Saint Laurent au Canada. Ce sont des spots magiques dans un cadre magnifique. Les vagues sont vraiment très pures et le cadre de vie sur place est exceptionnel.

Pourquoi cette association ?
Jonathan Derain : Nous avons créé notre association en 2004 dans le but de favoriser des voyages en France et à l'étranger. Grâce aux sponsors qui nous soutiennent, nous arrivons à obtenir et regrouper des financements et du matériel pouvant profiter à tout notre groupe. Notre objectif est de développer l'image et la pratique du kayak à travers nos voyages, photos, vidéos, articles et expériences.
Julien Morel : Cette association a différentes optiques : c'est un moyen d'être plus crédible au près des entreprises pour rechercher des partenaires. c'est aussi un moyen de faire connaître notre discipline (encore peu connu) mais c'est surtout et avant tout une bande de potes avec une passion commune et une seule envie : naviguer sur les plus belles rivières.

Quels sont vos projets " kayak " pour les mois à venir ?

Jonathan Derain : Nous essayons de préparer pour Noël ou Pâques, un trip sur le Nil Blanc en Ouganda. Et cet été, nous envisageons de retourner au Canada ou au Costa Rica. Donc en ce moment, c'est plutôt une période de recherche de sponsors.
Julien Morel : Et il y aura peut-être un trip au Portugal l'été prochain, car il y coule de très belles rivières.

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 Laetitia Devillars, L'Internaute
 
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