L'Internaute > Voyager >
Antoine
INTERVIEW
 
Mars 2007

Madagacar : "une authenticité sans doute unique au monde"

Trente ans après avoir quitté Madagascar, Antoine a redécouvert avec émerveillement son île natale et lui a récemment consacré un documentaire. Il nous fait découvrir les atouts de cette destination et nous donne quelques conseils pratiques.

  Envoyer à un ami | Imprimer cet article  

Vous êtes né à Madagascar mais en êtes parti très tôt. Quand y êtes-vous revenu pour la première fois et quelles impressions en avez-vous gardé ?

Antoine J'ai quitté mon île natale à deux ans, et les seuls souvenirs que j'en gardais, c'étaient les mots que ma famille avait emportés avec elle : dans mon enfance, je n'ai jamais pris de médicaments mais des "fanafoud'" (pardon pour la prononciation phonétique), quand il y avait des invités, c'étaient des "vaïnes" , et si je n'étais pas sage, j'avais une tape sur le "voud'".

Je ne suis retourné à Madagascar qu'à l'âge de trente-trois ans, et en solitaire sur un voilier : ça fait un drôle d'effet, après trois semaines de navigation en solitaire sur la houle de l'océan Indien, de voir monter à l'horizon les montagnes de son île natale ! Ça a tout de suite été le coup de foudre, et depuis j'y suis retourné souvent.


Quels sont les atouts de Madagascar en tant que "destination vacances" ?

Des plages en nombre infini, mais aussi des paysages, des plantes (ravenala, didieracées, plantes carnivores), des animaux (lémuriens, caméléons, insectes) qu'on ne trouve nulle part ailleurs ; et par dessus tout ça, l'authenticité, sans doute unique au monde aussi ; des habitants, membres des dix-huit "tribus" (en fait, ce ne sont véritablement ni des ethnies ni des tribus) qui occupent l'île. Les choix politiques faits lors de l'indépendance malgache ont en quelque sorte "arrêté l'horloge" il y a quarante ans, et le grand rouleau compresseur de la mondialisation industrielle et touristique a, à ce jour, épargné l'île, où l'on commence seulement ces dernières années à trouver des hôtels confortables, des routes en bon état et un réseau aérien intérieur très fiable. Vous verrez à Madagascar des spectacles d'une authenticité que vous ne retrouverez nulle part ailleurs. L'île, c'est vrai, est pauvre, et l'apport de devises d'un tourisme raisonnable et respectueux de l'environnement sera salutaire.

 

Photo © www.antoine.tv
"Je ne suis retourné à Madagascar qu'à l'âge de trente-trois ans, et en solitaire sur un voilier"

Quels sont les sites à ne pas manquer lors d'une première visite de l'île ?

Antananarivo, bien sûr ! Pour les amateurs de plage, il y a le choix entre Nosy Be, la région de Tuléar, avec Ifaty et Anakao, et Sainte Marie, magnifique (on peut en juillet-août y admirer des baleines en grand nombre). Mais il y a aussi tout l'intérieur de l'île, les villes et villages au long de la Route Nationale 7, les réserves naturelles et les parcs, fabuleuses randonnées à faire. La navigation sur le canal des Pangalanes, les réserves de lémuriens de la région de Fort-Dauphin, et les lieux extrêmes, comme les "Tsingy" du Bemaraha ou le massif du Makay.


Quels conseils donneriez-vous à nos lecteurs souhaitant y passer leurs prochaines vacances ?

Madagascar est si vaste que même si l'on dispose de quinze jours ou trois semaines, on ne peut prétendre découvrir toutes les régions de l'île. Une belle route à faire, c'est la RN7, vers Antsirabe, Fianarantsoa et Tuléar, qui ont toutes des ressources hôtelières sympa. Même les amateurs de grand luxe peuvent maintenant trouver à Madagascar des hôtels du niveau "relais et châteaux" (celui d'Anjajavy fait effectivement partie de cette chaîne) ; mais tous les budgets peuvent trouver leur bonheur dans les diverses régions de Madagascar.

Si vous prenez la route, je vous conseille de le faire avec un chauffeur-guide malgache, qui saura vous conduire vers les coins les plus authentiques, et résoudre les petits problèmes pratiques, comme le fait qu'il n'y a pas de réseau de stations service aussi bien développé qu'en Europe. Ne manquez pas de vous intéresser aux artisanats très imaginatifs des diverses régions, comme les sculptures d'Ambositra ou le papier Antemoro d'Ambalavao. Acheter est une bonne façon d'aider l'économie difficile de Madagascar ; vous pouvez aussi vous associer aux efforts des nombreuses associations qui s'appliquent à venir en aide aux Malgaches.


Photo © www.antoine.tv

Combien de temps avez-vous passé dans le pays pour la réalisation de votre film "Iles… était une fois Madagascar" ? Quel est votre meilleur souvenir sur place ?

Plusieurs voyages successifs, pour une totalité de trois mois. Un des plus beaux souvenirs, ce sont les "sifaka", ces adorables lémuriens de la région de Fort Dauphin, qui se déplacent en une espèce de danse très rigolote et touchante. A la fin du tournage principal, mon ami et chef-opérateur Arnaud de Belinay, qui a pourtant vu du pays, était tellement emballé qu'il a fait venir sa femme, loué un petit avion monomoteur (il est pilote), et l'a emmenée revoir en vacances une bonne partie des lieux que nous avions visités en tournage.

 

Vous avez énormément voyagé. Quel est l'endroit de la planète que vous préférez ? Pourquoi ?

C'est vrai que passant une grande partie de ma vie sur mon voilier, le catamaran Banana Split, j'ai une préférence pour les îles du Pacifique, qui offrent une grande variété, une navigation assez sûre et confortable hors de la saison des cyclones, de nombreux abris où l'on peut être seul _ ce qui me plaît beaucoup _ des infrastructures suffisantes en cas de besoin de réparation ou de ravitaillement et une beauté, une authenticité peu fréquentes sur cette planète. Mais j'aime aussi passer du temps dans d'autres endroits comme la Nouvelle Zélande, Madagascar, Bali ou quelques îles des Caraïbes.

 

  • En savoir plus
  • DVD : Iles...était une fois Madagscar
  • Réalisateur : Antoine
  • Sur le Web : 
    www.antoine.tv

Vous venez de réaliser une tournée de présentation de votre film "Iles…était une fois Madagascar" dans le cadre des conférences Connaissance du monde. Quels sont vos projets désormais ?

J'achève en effet une tournée de 40 conférences, pour moitié consacrées à Madagascar, l'autre moitié à Tahiti et ses îles. C'était une sensation merveilleuse que d'emmener avec moi chaque jour un millier de personnes vers ces destinations par la magie du film commenté en direct, un peu comme si j'avais été le pilote d'un Boeing ! Ce mois-ci, je le consacre à la publication de mon récit autobiographique "Oh Yeah" (1944-1974), à l'enrichissement de mon site Internet www.antoine.tv, et au montage des prochains films, tournés en Haute Définition, et dont la publication commencera en octobre prochain, par la Patagonie et la Nouvelle-Zélande.

EN IMAGES Les plus belles photos de Madagascar
18 photos
Magazine Voyager Envoyer | Imprimer Haut de page
Votre avis sur cette publicité