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Un lieu, un
événement
Février 2008
Buenos Aires conserve son festival international de Tango
Le tango, véritable emblème de la séduction et de la fierté argentine, est depuis plusieurs semaines au cur d'une polémique locale qui oppose le gouvernement argentin aux musiciens, danseurs, professeurs et autres amateurs de la plus sulfureuse des danses. Une nouvelle génération d'aficionados n'a pas hésité à monter au créneau pour défendre le festival "Buenos Aires Tango", suite à l'annonce de son annulation le 11 décembre dernier par le nouveau ministre de la culture, Mauricio Macri, officiellement pour des raisons budgétaires. Cette annonce avait eu pour effet la démission immédiate de la directrice du festival, Graciela Casabe, qui dénonçait l'absence de consultation du nouveau gouvernement avec l'équipe du festival. Finalement, suite aux pressions de la population locale et la communauté de tangueros, la dixième édition du festival international de tango aura bien lieu, du 15 au 23 août 2008. "Buenos Aires Tango" célébrera ce retour en force en plaçant sur le devant de la scène de nombreux jeunes interprètes mêlant le tango au rock, au jazz ou aux musiques électroniques. Les tangueros de "l'autre rive", c'est à dire les interprètes et musiciens venus d'Uruguay, devraient également être invités à participer. Durant une semaine, les plus grands théâtres de Buenos Aires tels le Teatro Sarmiento, le Teatro Alvear ou le Centro Cultural Gardel vibreront au rythme sensuel de cette "pensée triste qui se danse", selon la belle définition du poète argentin Enrique Discepolo. Une danse ancrée dans la culture argentine Le tango est né à la fin du XIXe siècle dans les faubourgs près du port, parmi les marins et les immigrants : les hommes seuls venus du monde entier dansaient, souvent entre eux, dans les bordels ou les bars mal famés. Comme la samba au Brésil, le tango est une danse métissée et populaire. Il a longtemps été méprisé par les classes les plus aisées avant de devenir le symbole de la fierté et de la grâce du pays.
Les années précédentes, outre les concerts et les représentations, le festival proposait plusieurs autres activités : des classes de tango quotidiennes, certaines à même la rue, une foire où s'échangeaient tous les produits dérivés du la danse (disques, chaussures spéciales, accessoires...), des visites guidées des quartiers de San Telmo, Retiro ou encore le très coloré quartier de La Boca, où le tango à vu le jour. Le clou du festival : une milonga (club de tangeros traditionnel) en plein air, ouverte à tous. Selon Maria Carolina Simòn, de l'association Tango Data, le festival est l'occasion idéale de découvrir la ville toute en musique, dans une atmosphère festive et débordante de vie. Le programme officiel du festival 2008 n'a pas encore été établi, mais les organisateurs promettent qu'il sera aussi vibrant que les éditions précédentes. Il devrait y en avoir pour tous les goûts : tango de concours avec strass et fanfreluches, tango de salon à l'européenne, à l'élégance rigide et aux figures imposées, et enfin, le tango milonguero, où les partenaires dansent collés l'un à l'autre au son du bandonéon. Après les spectacles et concerts, rendez-vous dans les lieux légendaires du tango, le Bar Sur (qui servit de décor au film Happy Hour de Won Kar-Wai) ou le splendide salon de thé-dancing Confiteria Ideal. Enfin, pour les plus mordus, il existe pas moins de neuf musées consacrés au tango dans la ville, dont la maison du célèbre danseur natif de Toulouse Carlos Gardel. De quoi ravir le séducteur latin qui sommeille en chacun... A venir, l'intégralité du programme du festival sur www.tangodata.gov.ar Séjour Trouvez un hôtel à Buenos Aires
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