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13 août 1961, les berlinois découvre avec stupéfaction leur ville divisée en deux
par un réseau de barbelés. Cette décision prise la veille par le conseil des ministres
de la RDA devait permettre officiellement d'endiguer l'exode de ses ressortissants
vers la RFA. Mais elle cachait surtout des problèmes bien plus anciens liés au
contexte international de l'époque, celui de la Guerre froide.
Berlin,
un enjeu international C'est à Berlin que ce conflit émergea en 1948 avec
le blocus, et c'est là qu'il s'achèvera 40 ans plus tard avec la chute du Mur
de Berlin. 1961 marque donc un tournant décisif dans cette histoire où les enjeux
économiques, politiques et idéologiques sont au cœur du conflit qui oppose les
Etats-Unis à l'URSS. Or, c'est la situation bien particulière de Berlin qui explique
qu'elle soit l'objet de toutes les attentions. Il faut rappeler qu'à la sortie
de la Deuxième Guerre Mondiale, les grands vainqueurs se partagent Berlin et divisent
la ville en quatre secteurs : américain, français, anglais et soviétique. Or,
tant que les alliés d'autrefois s'entendent, il n'y a pas de soucis sauf que la
situation se complique. C'est donc ainsi qu'un mur a émergé.
L'opération
" Muraille de Chine " Décidée par Ulbricht et planifié par Honecker, elle
mettra moins d'une journée pour être appliquée. L'armée populaire et la police
des frontières mettent alors le projet à exécution. Les frontières sont fermées,
les transports en commun interrompus. Des barbelés et barricades sont installés
et les chaussés dépavées. Berlin Est est sous contrôle et ses habitants ne peuvent
donc plus se rendre à Berlin Ouest ou en RDA. Le 23 août, Berlin Est n'est plus
accessible.
Un Mur sous haute surveillance Le régime Est allemand
peaufinera au cours des années l'amélioration de la surveillance du Mur. Si en
1961 et 1962, les fortifications ne représentent que 12 km de mur, en 1970, elles
atteignent 155 km. Dès 1972, le mur est considéré comme infranchissable. Le nombre
de miradors augmente, un second mur est édifié, renforcé par des pièges et surveillé
par des rondes incessantes de Vopos et les points de passage entre l'Est et l'Ouest
sont limités à deux, Checkpoint Charlie et celui à proximité de la gare de Friedrichstrasse.
Les tentatives d'évasion ont donc été nombreuses. On estime à 5 043 le nombre
de personnes à avoir réussi à franchir le Mur et à 239, le nombre de fugitifs
à avoir été tués. Tunnels, voitures, bateaux, câbles métalliques, déguisements,
les moyens pour passer le mur furent parfois des plus surprenant. L'évasion collective
la plus spectaculaire reste quand même celle des 57 personnes qui creusèrent un
tunnel sous les fortifications de la frontière. La pression populaire face à ce
manque de liberté conduira à fissurer le régime soviétique.
La chute
du Mur, premier pas vers la réunification
Plusieurs facteurs ont donc joué dans l'effondrement du Mur de Berlin. Tout commence
vraiment à s'accélérer avec la visite de officielle en RFA
de Mikhaïl Gorbatchev en mai 1987. Ce dernier mène une politique novatrice marquée
par l'abandon de la doctrine Brejnev. Le 7 octobre, de nombreuses manifestations
de protestations contre le régime ont lieu et les allemands demandent à Gorbatchev
de leur venir en aide. Le 18 octobre 1989, Honecker est limogé et le 9 novembre
1989, le Conseil des ministres de la RDA décide l'ouverture du mur de Berlin
et des frontières. Des milliers de Berlinois de l'est comme de l'ouest se regroupent
autour du mur de la "honte" pour célébrer la fin de 28 années de séparation.
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