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Exposition > The Whitney Biennial
 EXPOSITION 
Avril 2006

The Whitney Biennial, la nuit américaine va-t-elle durer ?

Rendant hommage au cinéma français, la Whitney Biennial s'est nommée "Day for night" en référence au film "La nuit américaine" de François Truffaut, de 1973.

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Pratique
Nom : the Whitney Biennial
Lieu : Whitney Museum of Art, New York
Dates : jusqu'au 28 mai
Sur le Web : www.whitney.org
Relire : "Notre Histoire" au Palais de Tokyo

Ce long-métrage fut tourné avec des filtres spéciaux lui permettant de filmer artificiellement des scènes de nuit en pleine journée. Un titre qui porte en lui la métaphore de l'artifice comme paravent ou comme prisme face à la vie réelle. Un écho français pour ouvrir une biennale farouchement politique, même si son objectif premier est de faire connaître au plus grand nombre des artistes américains émergents.

De même que l'exposition "Notre Histoire" au Palais de Tokyo tente un tour d'horizon de la création contemporaine française, la Whitney Biennial cherche à donner une idée l'état des lieux de la création contemporaine aux Etats-Unis.

Avec plus de 100 artistes présent, elle explore la réaction artistique face à un ensemble de phénomènes esthétiques, sociaux, politiques et culturels. Et met ainsi en exergue un certain engagement à travers la pratique artistique. Car l'art émerge d'un environnement politique. Il est un filtre de beauté ou de sensations par rapport à des questionnements et des expériences sur la violence, le religieux, le sombre, l'érotique ou l'irrationnel.

Dans une situation complexe, sur fond de guerre d'Irak, et après les désastres naturels qu'ont connus les Etats-Unis, la relation à l'événement est plus confuse et contradictoire. D'un côté, ils sont omniprésents à travers les médias, mais de l'autre, ils surgissent dans un lointain géographique mal identifié, sans présence palpable, en dehors d'une bulle de prospérité et de sécurité. Deux réalités en viennent à coexister de façon schizophrénique, l'une prenant part à l'angoisse et au désespoir, et l'autre vivant au contraire dans l'exubérance, l'énergie et le rêve.

C'est cette réaction face à la confusion et à la distorsion du réel que traque la biennale de New York, au sein du Whitney Musem. Son architecture fait d'ailleurs un écho étrange au thème de la biennale par sa structure opaque, construite presque comme une forteresse moderne fermée à toute influence externe.

Le visiteur y est accueilli par la Peace Tower, une "tour de paix", de Mark di Suverop et Rirkrit Tiravanija, dont les origines remontent à la guerre du Vietnam, il y a 40 ans, lorsque son créateur l'implanta dans les rues de Los Angeles comme marque de protestation. Ses 15 mètres de haut sont désormais enrichis des signes de contributions de plus de 200 artistes.

Littéralement un "jour pour une nuit", la biennale cherche une vision du présent à travers l'art, comme ce dernier tente sans doute de trouver un sens derrière les images. Parce que c'est aussi notre monde et notre actualité, la démarche du Whitney Museum a le mérite de faire un état des lieux de la création artistique, et de son exploration de nouvelles valeurs dans un monde de plus en plus difficile à saisir.

EN IMAGES Les plus belles photos de la Whitney Biennial
14 photos
 
 Elodie Rothan, L'InternauteVoyager
 
Magazine Voyager
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