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Yves Chaloin : "Le plus dur en vélo, c'est les 1500 premiers kilomètres !"
Qu'est-ce qui vous a poussé à faire ce tour du monde ?
Yves Chaloin. Au départ, j'aime le vélo, et puis mon créneau : c'est l'endurance. Très vite, j'ai pris goût aux choses assez longues, des étapes d'une journée ou de plusieurs jours, et quand j'en ai eu marre de traverser la France, j'ai voulu passer les frontières. Je suis donc allé en Ukraine, puis en Israël, et au milieu de ce voyage, j'ai décidé de préparer un tour du monde. En plus du plaisir sportif que je prends à travers le vélo, il y a la découverte des pays de façon privilégiée. Quand on a voyagé en vélo, on trouve fades les autres formes de voyage : je pose un pied à terre, les gens viennent vers moi, ils discutent, ils m'accueillent, ils m'invitent chez eux… tout ça est assez spontané.

Dans ce cas-là, pourquoi ne pas voyager à pied ?
Le voyage à pied c'est la rolls du voyage parce que, plus encore qu'avec le vélo, on prend le temps de voir les paysages, les visages, et de s'imprégner des lieux qu'on traverse. L'ennui c'est qu'en ce qui me concerne, la marche c'est un peu trop lent. Je suis de caractère assez impulsif.

D'où vous vient cette passion pour le vélo ?
J'aime le vélo parce qu'il permet de faire corps avec la nature et le climat, et de vivre à leur rythme : si l'air est frais, on a froid ; s'il fait chaud, on a chaud, s'il pleut on est mouillé… Même si parfois, j'ai la tête dans le guidon, concentré sur mon effort, j'ai toujours le temps de voir, de prendre le temps de voir, et d'être complètement ouvert à mon environnement. Et puis c'est indéniable qu'il existe un bonheur de l'effort, c'est un jeu avec soi-même, un équilibre. On souffre mais c'est de la bonne souffrance.

Comment avez-vous préparé ce tour du monde ?
Pour le financement, j'ai cherché des sponsors. En raison de l'aspect sportif très prononcé de ce tour du monde, c'était nécessaire de ne pas trop voyager à la dure. En Russie par exemple, je pédalais 12h par jour. Pour maintenir le rythme, c'était appréciable d'avoir la possibilité de dormir à l'abri de temps à autres et de ne pas camper tous les soirs. J'avais aussi planifié l'itinéraire pendant deux ans, en prenant compte de toutes les données possibles : culturelles, climatiques… Sept semaines avant le départ, il y a eu les événements du 11 septembre. Comme j'avais prévu de rejoindre rapidement l'Afrique du Nord, de passer en Iran, en Arabie et au Pakistan, j'ai choisi de de renoncer à cet itinéraire. J'aurais pu le faire parce qu'on peut aller partout en vélo. Simplement, j'ai estimé que c'était déplacé. Les gens menacés par la guerre ont d'autres choses à faire que de s'occuper d'un voyageur à vélo. J'ai donc élaboré à la hâte un nouvel itinéraire qui partirait d'Amérique du Sud. Ce sont les hasards de la vie : quand on essaie de programmer on se trompe toujours. Du coup, quand je suis parti, je ne savais rien sur les pays que j'allais traverser. J'ai juste eu le temps de lire et de me renseigner en route, sur le cargo, en potassant des bouquins sur l'Amérique du Sud et l'Amérique Centrale. Lire la suite de l'interview | Poursuivre le diaporama
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