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Suite du tour du monde
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Suite et fin de l'interview d'Yves Chaloin
Yves ChaloinQuelles ont été les principales difficultés que vous avez rencontrées pendant ce périple sur le plan physique ?
L'épouvantail, c'était la Cordillère des Andes, incontestablement. Sur le plan physique c'était monstrueux. Pour que vous compreniez, le plancher est entre 1500m et 2000m, on grimpe jusqu'à 4000m / 4200m, là on fait le yoyo sur 50 km entre 4000m et 4500m, puis on retombe dans un trou : 1800m. Et après on recommence ! Ça c'est terrible.
En numéro 2 dans l'ordre des difficultés, je mettrais les Rocheuses alors que je m'y attendais moins. Déjà, j'ai fait la totalité des Etats-Unis vent de face. Mais plus particulièrement dans la Vallée de la Mort, j'ai eu des moments très pénibles. Pour traverser cette étuve, j'étais en cuissards et maillot court, et lorsque je suis remonté sur le versant Ouest en direction de la Sierra Nevada, j'ai pris une tempête incroyable. Le vent m'a totalement surpris, il était glacial et très violent. Je ne pouvais plus avancer, même pas à pied, et il a réussi à me faire tomber par terre sur le vélo. Je n'ai pas pu me changer parce que si j'avais ouvert un sac tout se serait envolé. J'ai donc gelé sur place en attendant que ça passe !
Enfin en numéro 3, je pense à la Russie alors que ça ne monte jamais ! En Sibérie on oscille dans une plage de 300m de dénivelé : sans arrêt des petites montées et des petites descentes sur 5000 km. En plus l'été, il y fait très chaud et c'est infecté de moustiques. Mais vous savez, le plus dur en vélo, c'est les 1500 premiers kilomètres !

...et sur le plan matériel ?

Sur le plan matériel, j'ai pas cassé un rayon ! Les patins de frein-avant ont fait le tour du monde, j'ai juste changé les patins arrière en Chine, par prévention. Ah si ! J'ai cassé une petite tige en titane sous la selle. Mais rien d'autre. Si ça s'est aussi bien passé, c'est que j'avais fait un énorme travail de préparation sur le vélo et que je l'avais équipé de tout ce qui se fait de mieux.
A part les Etats-Unis où je n'ai pas eu trop de chance sur la météo, le reste du voyage a été un miracle permanent. Seulement 77 heures de pluie pour 287 jours de voyage soit 2208 heures de vélo ! J'aurais facilement pu passer 800 heures sous la pluie. Quand j'ai traversé la Bolivie, il y avait des inondations au Pérou, et quand j'étais au Pérou, les inondations étaient en Bolivie ! Quand je suis arrivé dans le désert d'Atacama, la région la plus aride du globe : il pleuvait ! J'ai traversé toute la Sibérie entre les orages, et quand je suis arrivé en Autriche où les gens avaient été évacués pour inondation, c'est en Russie qu'il pleuvait des trombes ! Je me suis baladé avec mon bout de ciel bleu portatif.

Qu'avez-vous comme projet désormais ?
Je compte refaire un tour du monde à vélo, mais cette fois-ci ce sera à deux. On va partir en tandem avec mon amie Olivia. Elle est très motivée et très endurante. Nous avons fait un entraînement dur, tout en montagnes. Les côtes se gravissent beaucoup plus difficilement en tandem mais on y arrivera. Par ailleurs, nous sommes en train de monter une association qui s'appellera "Départ", dont le but sera d'aider des personnes sur la touche, chômeurs, ceux qui sortent de prison, etc. à partir par petits groupes en voyage à vélo. De tels périples peuvent vraiment ressourcer et structurer des personnes en difficulté.
[Olivier Pisella, L'Internaute]
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