Dans quel pays et à quelle époque se passe votre histoire ?
Le Lieu Unique, Nantes, 2006 ou 2007.
Racontez-nous cette histoire drôle.
Un soir, début de vacances et l'apéritif commencé depuis une bonne heure avec ma compagne du moment. Un serveur arrive vers moi et me tends 2 billets pour un spectacle qui débute tout juste. Je regarde mon amie, et cerne un oui dans son regard alcoolisé. On boit donc nos verres, reprenons une tournée puis deux et nous lançons dans cette expérience unique... On arrive dans un couloir sombre, une personne nous chuchote à l'oreille : "La conférence a commencée mais rentrez discrètement il reste des places assises ici en pointant du doigt les 2 dernières places libres parmi seulement une soixantaine... On se fait discrets, nous asseyons, non sans tituber et manquer de s'effondrer sur quelqu'un et enfin le spectacle commence ! Et là attention ! Un virtuose avec son violon s'installe, avec un style à la mode certes ! Mais de quelle année... ? La musique part, constituée de gestes répétitifs, stridents, étranges pour finir dans le glauque, sans cohérence apparente pour un non initié, ponctué de Plics !, de Plocs !, de Ding !, de Schtong ! ou encore de Ouah ! Semblables à des bruits de bouches samplés grossièrement... En gros, il suffit de fermer les yeux et on se retrouve devant le générique d'Arte... La comparaison me vient en tête, je me retourne vers mon amie qui croise mon regard et l'expression franche se lit sur son visage : "mais qu'est ce qu'on fout la... ?".
Comment avez-vous réagi ?
Le fou rire étouffé monte à une allure folle, je suis pris de convulsions, la promiscuité est telle que mon bras droit touche celui de mon voisin, à chaque expiration je souffle dans les cheveux du monsieur devant moi et mon dos tape dans les genoux de celui derrière moi... Nulle part ou regarder, ma copine pleure discrètement, moi pareillement et à ce moment critique je me rends compte qu'un même rang métallique relie tous les sièges de la rangée et j'imagine toutes les personnes de la rangée ressentant les secousses de mon fou rire... Les Pffft! Des aficionados se font clairement entendre ainsi que les regards successifs qui en disent long... L'alcool aidant, une espèce de bouffée de chaleur monumentale m'envahit, ça devient franchement insoutenable et au bout de 20 minutes interminables l'entracte pointe le bout de son nez! La suite logique, on sort en marche forcée, pour ne pas courir non plus; un rictus au coin de la bouche et les larmes dégoulinant sur nos joues respectives... Enfin l'éclat de rire à gorge déployée et néanmoins salvateur nous prend après avoir franchi la porte... Et surtout ne pas croiser le serveur car impossible de feindre une excuse bidon dans cet état là! La morale de cette histoire: "Ne jamais aller voir un spectacle contemporain sans en connaître le thème au préalable et après un loonng apéro..." Un grand moment de solitude...