| Comment vous est venue cette
passion des voyages ? Suite à une année d'étude à San Francisco, je ne
voulais pas revenir en France sans avoir fait un voyage qui soit comme de vraies
vacances. Je suis donc parti au Mexique avec une amie pendant 3 semaines, avec
la seule option "routard" car nous n'avions pas d'argent. Là-bas, nous avons vécu
tellement de moments épiques, que j'ai voulu recommencer l'expérience, seul cette
fois, en Inde pendant 2 mois. Comment avez-vous choisi les pays de
votre tour du monde ? Globalement, j'avais en tête d'approfondir ma connaissance
de l'Amérique Latine et de découvrir l'Afrique Australe. Ca n'a pas été facile,
car il faut faire un compromis entre le cur et la raison, souvent dictée
par le budget. J'ai donc fait une liste d'endroits que je rêvais de voir, puis
j'ai essayé de définir un itinéraire en privilégiant les pays frontaliers, et
en évitant de faire de trop grandes distances entre chaque endroit, en regardant
bien sûr le coût de la vie sur place, la facilité de déplacement. Enfin, très
important, j'ai regardé les saisons afin d'essayer d'arriver toujours au moment
où il fait beau. Arriver en Patagonie au mois de Juillet, ce n'est pas la meilleure
idée pour en profiter. Bref, un vrai-casse tête ! Arrivez-vous à
suivre votre planning ? Au
début oui, mais c'était une discipline d'enfer. Il fallait courir tous le temps,
parfois se séparer d'amis juste parce que le planning l'exigeait. Et puis, il
y a toujours des imprévus : une liaison en bus qui n'existe pas, ou un endroit
plus difficile que prévu à atteindre. Finalement, j'ai décidé de m'accorder plus
de souplesse et de ne garder le planning que comme une ligne directrice pour mieux
profiter de mon voyage. Par exemple, je suis arrivé en Argentine avec 2 mois de
retard par rapport à ce que j'avais prévu pour mieux explorer l'Amazonie, je vais
allonger mon voyage en Nouvelle-Zélande car j'ai rencontré des gens qui
m'ont convaincu d'y passer plus de temps, mais je vais ensuite "sacrifier" l'Australie
pour une raison budgétaire. Quel a été votre plus mauvaise expérience
? Et la meilleure ? Dans ce tour du monde, j'ai vécu seulement deux mauvaises
expériences : un couteau sous la gorge en Afrique du Sud pour me voler mon sac
à dos, mais je m'en suis sorti sain et sauf avec toutes mes affaires, et une utilisation
frauduleuse de ma carte bancaire sur Internet, il y a juste quelques jours. En
8 mois de voyages, j'ai plutôt eu de la chance à ce niveau. En
ce qui concerne la meilleure expérience, c'est difficile il y en a eu tellement !
Au niveau humain, la visite des townships (bidonvilles) de Cape Town fut poignante,
la rencontre avec une tribu Himba en Namibie impressionnante. Au niveau nature,
les 10 jours en Antarctique me semblent encore faire partie d'un rêve. Je ne réalise
toujours pas d'ailleurs. Depuis quand pratiquez-vous la photo ? Quel
appareil utilisez-vous ? Depuis
une dizaine d'années. A chaque fois qu'il y avait une soirée, un week-end entre
amis, j'étais toujours le photographe officiel ! J'ai commencé vraiment à m'y
intéresser artistiquement parlant en Inde, car je savais que ça allait être un
voyage hors du commun, et je voulais garder un souvenir visuel de tout ce que
je voyais et vivais. J'utilise un Panasonic
Lumix DMC-FZ 20, que j'ai choisi pour la qualité de son optique, et son zoom
fabuleux couplé à un stabilisateur optique. En Tanzanie, lors d'un safari, sur
certaines photos, j'ai rendu vert de jalousie des allemands qui avaient pourtant
plus de 5 000 euros de matériel photographique avec eux ! Tenez-vous
votre journal de voyage chaque jour ? Est-ce important pour vous d'écrire ?
Oui, autant que possible. Si j'accumule 5 jours de retard, c'est l'enfer
pour le mettre à jour. J'oublie des détails, des anecdotes, et c'est justement
ça qui va faire que quand je vais le relire dans quelques années, je vais voyager
à nouveau virtuellement cette fois. L'écriture n'est pas aussi importante pour
moi que les photographies, mais j'ai toujours aimé ça. Les deux se complètent
merveilleusement. Les images aussi belles soient-elles, ne font pas souvent passer
les émotions. Les mots prennent alors le relais. De manière plus pratique, écrire
permet aux lecteurs de savoir de quel endroit il s'agit, comment on y va, etc...
Quels sont les récits de voyageurs que vous avez lu ? Ceux que vous
préférez ? Dans les récits historiques, Pierre Loti reste ma référence.
J'ai découvert avant de partir Alexandra David-Néel, qui a traversé le Tibet déguisée
en mendiante il y a plus de 50 ans, une épopée fantastique. Dans les sites internet,
il y a un autre Ludovic qui fait un tour du monde en ce moment, mais lui il le
fait en stop et ça fait 3 ans qu'il est parti : Ludovic Hubler. Du
journal au blog, comment ça se passe ? Je n'écris quasiment rien sur
papier car je voyage avec un ordinateur portable. J'écris mes articles avec un
éditeur de texte basique pour être sûr qu'il n'y aura pas de problème de compatibilité
des caractères avec les ordinateurs locaux. Puis je télécharge mes photographies
de la journée sur l'ordinateur aussi. Je fais une sélection d'une dizaine maximum
pour illustrer l'article du jour. Je dois ensuite les retailler avec Photoshop
et optimiser le poids avant d'uploader l'ensemble sur mon blog. Quel
a été votre itinéraire en Uruguay ? Je n'y ai passé qu'une journée....
à Colonia ! En partant de Buenos Aires. C'est une excursion facile à organiser,
et le village est suffisamment petit pour en faire le tour en 4-5 heures.
Qu'avez-vous aimé là-bas ? Il
y a une atmosphère spéciale ... Dans le centre, les maisons coloniales avec leurs
vieilles pierres, les rues pavées qui donnent sur des petites places ombragées
par les platanes, les vieilles automobiles des années 50 disséminées un peu partout,
m'ont fait remonter dans le temps, du côté de la Provence. C'est assez déroutant
de trouver ça en Uruguay. Il ne manquait plus que les grands-pères qui se font
leur partie de pétanque sur la place principale, à l'ombre des platanes, et le
tableau était complet ! Si l'on se se balade en longeant la côte, on se croirait
plutôt en Bretagne. L'herbe bien verte, toujours ces pavés, le phare blanc et
rouge, les vestiges des fortifications avec ses canons, les lampadaires en forme
de vieille lanterne, tout concourt à donner cette ambiance particulière. Colonia,
on ne peut qu'aimer, même en débarquant directement de France. En
ce moment vous êtes au Chili, comment avez-vous passé le jour de l'an ?
De
manière plutôt tranquille, mais originale : j'étais dans un camping dans le mythique
Parc du Torres del Paine en Patagonie, au pied du Glacier Grey. Un endroit magique.
J'étais avec 2 israéliens et une anglaise, et nous nous sommes préparé un plat
de pâtes que j'ai apprécié comme jamais après 6 heures de randonnée et 30 kilos
sur le dos ! J'avais pris soin d'amener une bouteille d'un très bon vin chilien
pour le passage en 2006. Réputation française oblige ... Quelle est
la prochaine aventure ? L'île de Pâques à partir du 20 janvier va être
un grand moment. Ce caillou au milieu de l'Océan Pacifique avec ses Moaïs me fascine.
En savoir plus Ludovic
Passamonti
|