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Le "Noël" des moines
A Vientiane (Laos), c'est la grande fête annuelle du That
Luang et des milliers de moines novices affluent vers la ville pour
une grande "cérémonie" des offrandes.
Ce matin le réveil a sonné à 5 heures 30.
La recette dans ce genre de situation consiste à se lever
rapidement, pour ne pas se rendormir. Quelques minutes plus tard,
nous sommes dehors. La pleine lune éclaire le petit matin
de tout son éclat. Direction le That Luang, le monument le
plus sacré du pays, un emblème national. Selon la
légende, des missionnaires du roi indien Ashoka auraient
édifié à cet emplacement une stupa renfermant
le sternum du Bouddha historique. Le temple est situé au
nord de Vientiane, au bout de la longue rue qui porte son nom.
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Il règne dans les rues une agitation peu commune pour cette
capitale aux allures provinciales où tout semble aller d'un
rythme lent et régulier. Mais aujourd'hui, les policiers
sont de sortie, la circulation est intense et tous les rickshaws
de la ville et des environs sillonnent la ville. Tout Ventiane s'est
donné rendez-vous. On vient en voiture, en bus, en rickshaw
ou "samlor", trois roues, comme on dit ici. Des familles
entières arrivent en scooter, un gosse devant, un autre entre
le père et la mère, à bicyclette ou à
pied. Leurs bras sont chargés d'offrandes. C'est la grande
fête annuelle du That Luang.
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A cette occasion, des milliers de moines et de novices affluent
vers la capitale. Tellement nombreux ce matin, qu'ils semblent venus
du pays tout entier. Le long de la large allée qui mène
au temple, la couleur orange prédomine. Orange comme le lever
du soleil. Les moines attendent, le visage souriant et amusé
pour les plus jeunes, impassible pour les plus anciens. Devant eux,
leurs sébiles sont disposées sur une table de fortune.
Tout ce que le religieux possède lui vient de la communauté
bouddhique. Et s'il reçoit le jour de son ordination trois
robes, il ne peut posséder qu'une tasse, un rasoir, un filtre
pour purifier l'eau qu'il boit, un parapluie et une sébile.
Celle-ci lui sert à recueillir les offrandes. Mais ce matin,
pas besoin de déambuler dans les rues, les sébiles
se rempliront toutes seules.
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Dans l'enceinte du temple, les laïques s'installent. Sur de
grandes nattes, les familles se réunissent. Les plus jeunes
viennent entre amis. Rapidement, on refait le compte. Des biscuits,
des soupes instantanées, du riz, des fleurs, et des liasses
de billets de 500 kips (50 euro cents). Le costume national est
de rigueur et les femmes portent leurs plus beaux habits. Une grande
écharpe de soie lao portée sur l'épaule, un
sarong, et un chemisier blanc. Maquillage et bijoux en plus. Un
jour comme aujourd'hui est une belle occasion de se faire photographier
devant le temple. Entre deux clichés, les photographes professionnels
notent rapidement les adresses des clientes.
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Nous avançons au milieu des familles rassemblées
comme pour un pique-nique. Autour du sanctuaire principal, les marchands
ont installé leurs stands. Quelques barbecues sur lesquels
grillent poulets et brochettes, des marchandes de fleurs, de fruits
et de plats à emporter que les cuisinières ont passé
la nuit à préparer. A l'intérieur, les hauts-parleurs
diffusent une prière. Une foule de fidèles s'y est
engouffrée. Tous sont agenouillés et serrés
les uns contre les autres, l'heure est au recueillement. La fin
de la prière annoncent le début de la distribution.
Ici comme partout à l'extérieur du sanctuaire, des
lignes s'ébauchent, formant une queue interminable. Tout
le monde se presse devant les moines. Devant chacun d'eux, les fidèles
déposent un billet, un peu de riz et quelques biscuits. Il
en faut pour tout le monde.
Les sébiles se remplissent, se vident et se remplissent
de nouveau. Les moines bourrent d'énormes sacs de toile de
victuailles, et mettent dans leurs poches l'argent qui servira à
rénover un dortoir ou un sanctuaire. Pour nos yeux d'occidentaux,
la fête ressemble à un Noël des moines.
Quelques heures plus tard, ces derniers repartent les bras chargés
de lourds sacs et paquets. Le temple et les environs se vident peu
à peu, et la ville reprend son rythme lent et nonchalant.
Dans les rickshaws, sur les galeries des bus, les novices aident
au chargement des paquets. La fête est terminée et
il est temps de regagner le monastère. Le soleil est maintenant
haut dans le ciel.
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