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Docteur Web
peut-il se substituer au médecin ?
"J'ai
la rate qui se dilate,et le foie qu'est pas droit..."
Les sites médicaux permettent souvent de questionner
un médecin en ligne, mais rappellent qu'ils ne peuvent
se substituer à une véritable consultation médicale.
Hypocrisie ou déontologie ? Un peu des deux. La prudence
est de mise.
Chez nos amis américains, qui ne font jamais les choses
à moitié, certains sites Web médicaux
sont devenus de véritables cabinets virtuels de consultation.
Là bas, on peut poser sa question à un "docteur
en ligne", on décrit ses symptomes, on obtient
par mail un diagnostic, voire une prescription... d'un produit
parfois vendu en ligne sur le site en question ! Le Conseil
de l'Ordre des Médecins mentionne même dans son
rapport sur "l'exercice
le médecine et Internet" que certains internautes
américains envoient leur numéro de carte de
crédit pour honorer les réponses en ligne du
médecin. Autre dérive : certains sites
dits médicaux sont en fait les vitrines de laboratoires
pharmaceutiques.
Les excés américains sont-ils en
passe de débarquer en France ? Non, car l'exercice
de la médecine est autrement plus règlementé
de ce coté-ci de l'Atlantique. Un avis médical
engage la responsabilité pénale et civile du
médecin. Sans compter les sanctions disciplinaires
qui planent. L'Ordre
des médecins a même établi une charte
"Qualité et déontologie des sites Web"
en avril 2000. La situation semble donc plus saine, même
si les craintes formulées par la corporation médicale
à l'égard d'Internet n'ont pas non plus des
raisons toujours avouables. N'y aurait-il pas une certaine
peur de voir la toute puissance du médecin s'étioler
? Le patient dispose en effet avec Internet d'une gigantesque
base de données : rien ne l'empêche, en cas de
doute, de rechercher d'autres avis médicaux que celui
de son médecin traitant ou des informations complémentaires.
En France, certains sites proposent aussi aux internautes
de poser des questions à des médecins. Très
soucieux de conserver leur crédibilité, ils
prennent leurs précautions et avertissent les internautes
que les conseils de leurs experts ne sont pas des consultations
en ligne et qu'aucun avis médical ne sera délivré.
Mais, dans la pratique, la frontière entre conseil
et avis médical est parfois très mince, et ce
d'autant qu'on ne peut poser sa question de manière
anonyme. Il va sans dire que de tels conseils ne peuvent vous
exempter d'une visite chez le médecin en cas de problème.
Nous tenons par ailleurs à attirer l'attention des
internautes sur les services interactifs que proposent
certains sites médicaux : suivi d'un régime
alimentaire en ligne, traitement de l'éjaculation prématurée
(sic !), carnet de santé en ligne, interprétation
des analyses biologiques, tests divers... Prudence ! Ces services
ne résoudront pas vos problèmes. Il y a certains
problèmes et informations qu'il est préférable
de garder pour soi et son médecin traitant. D'ailleurs,
la CNIL
(Commission nationale de l'informatique et des libertés)
a épinglé les sites médicaux dans un
rapport
datant de mars 2001. Après avoir évalué
59 sites de santé, la commission a estimé que
"l'information des internautes sur leurs droits était
très largement insatisfaisante et rappelé que les données
de santé ne sont pas des données comme les autres".
En outre, "La CNIL constate un 'fossé éthique' entre
certains sites plus particulièrement respectueux des droits
des internautes et les autres". En bref, les sites
que nous vous conseillons valent largement le détour
pour la somme d'informations et de connaissances qu'ils fournissent,
mais les services qu'ils proposent nous rendent nettement
plus circonspects.
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