Minute de silence pour Samuel Paty : sa sœur Gaëlle la trouve "inutile" et explique pourquoi

Minute de silence pour Samuel Paty : sa sœur Gaëlle la trouve "inutile" et explique pourquoi Gaëlle Paty, sœur de Samuel Paty assassiné devant son collège en 2020 dans les Yvelines, trouve les minutes de silence "inutiles". Elle estime que "la laïcité ne va pas rentrer de force dans l'esprit des élèves qui en sont éloignés".

Il y a cinq ans, le 16 octobre 2020, Samuel Paty, professeur d'histoire et géographie, a été assassiné par le terroriste islamiste Abdoullakh Anzorov à la sortie du collège où il enseignait à Conflans-Sainte-Honorine dans les Yvelines. Depuis, chaque année, une minute de silence est observée dans tous les collèges et lycées de France en hommage au professeur. Minutes de silence que la sœur de Samuel Paty, Gaëlle Paty, trouve "parfaitement inutiles."

L'établissement, depuis cette année rebaptisé Collège Samuel Paty en l'honneur du professeur, rend hommage chaque année au professeur à travers une minute de silence. À l'occasion de la sortie de son livre, Samuel Paty, un procès pour l'avenir, Gaëlle Paty, l'une des sœurs du professeur, s'est exprimée sur ces hommages en les qualifiant d'"inutiles." Le livre, créé avec l'historienne Valérie Igounet et le dessinateur Guy Le Besnerais, retrace le procès des huit accusés, qui s'est tenu en décembre 2024, dans l'affaire de la mort de Samuel Paty.

Dans une interview du Parisien, Gaëlle Paty a donné son avis sur les minutes de silence nationales qui devraient être remplacées par des "actions collectives et à visée pédagogique" selon elle. "Certains ne savent pas de quoi on parle, ou bien la rejettent avec parfois des oppositions qui n'apportent rien à personne. Aujourd'hui, on laisse cette minute de silence aux mains des professeurs enfermés dans leur classe", déclare-t-elle dans Le Parisien. Ces minutes de silence ne seraient donc pas utile aux élèves, "J'imagine que les jeunes n'en retirent rien", explique-t-elle.

La sœur du professeur d'histoire géographie a écrit ce livre pour un "besoin personnel" mais aussi dans l'espoir qu'il soit "partagé dans les classes". En l'élaborant avec en tête "le souci du devoir de mémoire", Gaëlle Paty adresse cet ouvrage aux "jeunes en général." "La laïcité ne va pas rentrer de force dans l'esprit des élèves qui en sont éloignés. C'est le sens du prix Samuel Paty porté par l'Association des professeurs d'histoire et de géographie", indique-t-elle.

Gaëlle Paty lance un appel à l'Éducation nationale : "Il faut trouver le moyen de dépassionner ce débat sur la laïcité" mais aussi "ne pas laisser les enseignants seuls face à leurs élèves" car "ce n'est pas simple."