Plusieurs manifestations contre les violences faites aux femmes en France ce samedi

Plusieurs manifestations contre les violences faites aux femmes en France ce samedi De nombreux cortèges se sont élancés dans toute la France, samedi 22 novembre, pour lutter contre les violences faites aux femmes. Les associations demandent l'adoption d'une "loi-cadre intégrale".

Paris, Lille, Lyon, Rennes, La Rochelle, Bordeaux… des milliers de personnes se sont réunies ce samedi 22 novembre pour manifester contre les violences faites aux femmes. Le cortège parisien s'est élancé depuis la place de la République à 14 heures, en direction de la place de la Nation.

Les associations se sont réunies pour demander une véritable "révolution" de la politique de lutte contre les violences sexistes et sexuelles. "On est en 2025, est-ce qu'il est encore normal de compter nos mortes ?", a dénoncé Sylvaine Grévin, présidente de la Fédération nationale des victimes de féminicides avant le départ du cortège parisien, selon Le Monde.

Il faut dire que les féminicides conjugaux ont augmenté de 11% entre 2023 et 2024, selon la Mission interministérielle pour la protection des femmes contre les violences et la lutte contre la traite des êtres humains (Miprof), avec 107 femmes tuées par leur conjoint ou ex-conjoint. Mais les féminicides ne sont pas les seules violences sexistes subies. La Miprof assure qu'une femme est victime de viol, de tentative de viol ou d'agression sexuelle toutes les deux minutes et de harcèlement sexuel, d'exhibition sexuelle ou d'envoi non sollicité de contenus à caractère sexuel toutes les 23 secondes.

Une loi-cadre intégrale demandée

Cent trente associations féministes se sont d'ailleurs réunies pour demander l'adoption d'une loi-cadre intégrale contre les violences sexuelles. Cette coalition "porte 140 mesures pour une réforme contre les VSS (violences sexistes et sexuelles, NDLR) afin de garantir une meilleure protection des femmes et des enfants en tant que priorité publique, ainsi qu'un financement d'au moins 344 millions d'Euros par an pour la lutte contre les VSS", explique Audrey Richaud, coordinatrice du Laboratoire de l'Égalité, membre de la Coalition, à l'Internaute.

Elle rappelle qu'une pétition "a déjà recueilli 100 000 signatures depuis octobre 2024, avec des objectifs pour en finir avec l'impunité : des moyens financiers pour les professionnels, faire reculer la culture du viol, garantir une justice qui protège et qui juge et sanctionner les auteurs de VSS pour lutter contre les classements sans suite pour mieux protéger les femmes".

La manifestation du samedi 22 novembre avait aussi pour but de dénoncer la baisse des financements des associations qui accompagnent les victimes. Selon l'enquête "Ne leur fermons pas la porte" de la Fondation des Femmes, "71% des associations déclarent une situation financière dégradée ou très dégradée par rapport à 2024", avec "6,7 millions d'Euros de perte estimée pour les associations accompagnatrices".