Jacques Chirac : bourde, mystère et belles images, retour sur les hommages

Jacques Chirac : bourde, mystère et belles images, retour sur les hommages Jacques Chirac a reçu les honneurs de la Nation avec à la clé de très belles images... mais aussi une bourde concernant Anne-Aymone Giscard d'Estaing et un mystère entourant Carla Bruni et François Hollande.

L'essentiel sur les hommages rendus à Jacques Chirac

  • Ce lundi, la France disait adieu, en grandes pompes, à Jacques Chirac. Une cérémonie aux Invalides, une messe à Saint-Sulpice : c'est un deuil national qu'ont observé les Français en l'honneur de leur ex-président, donnant lieu à des belles images.
  • La cérémonie religieuse à Saint-Sulpice, où se sont pressés des dizaines de chefs d'États ce lundi, s'est déroulée sans accroc... sauf pour Anne-Aymone Giscard d'Estaing. L'ex-première dame, venue avec son mari, a été victime d'une bourde. Sur sa place attitrée dans l'église, son nom a été (très) mal orthographié puisqu'il était écrit "Anémone Giscard d'Estaing" ! Par ailleurs, une scène assez mystérieuse a émaillé la cérémonie : François Hollande a été aperçu en train de converser avec Carla Bruni, provoquant chez l'épouse de Nicolas Sarkozy un vif émoi... qui serait dû à une conversation à propos de Bernadette Chirac, dont la santé est inquiétante.
  • Jacques Chirac a été inhumé au cimetière du Montparnasse, un peu après 14 heures, dans le caveau familial où est enterrée sa fille Laurence. À 15 heures, une minute de silence a été observée en hommage à Jacques Chirac dans les services publics.

En direct

23:31 - La tombe de Jacques Chirac très sobre

FIN DU DIRECT - Jacques Chirac repose désormais dans une tombe simple, sans ornement ni épitaphe, dans le même caveau que sa fille Laurence. La pierre est blanche, sobre. L'ensemble se fond assez discrètement dans le cimetière, sans distinction particulière. Il est en revanche fort probable que cette tombe continue à être très fleurie dans les jours à venir.

22:36 - Bientôt un pont Jacques Chirac ?

Dans un communiqué commun, Jean Deguerry, président du département de l’Ain, et André Accary, président du département de Saône-et-Loire, ont annoncé leur volonté de vouloir renommer un pont en hommage à l'ancien président de la République Jacques Chirac, décédé le 26 septembre dernier. Si la proposition doit encore être soumise aux assemblées des deux départements, il s'agirait de l'actuel pont de Fleurville, qui relie Pont-de-Vaux, dans l'Ain, à Montbellet, en Saône-et-Loire. Dans leur déclaration, les deux présidents ont par ailleurs fait savoir que des travaux de modernisation, s'élevant à 20 millions d'euros, doivent également être entrepris. Dans le détail, le département de l'Ain financera 55% du projet tandis que celui de la Saône-et-Loire paiera 45%.

21:37 - Au lendemain de l'enterrement de Jacques Chirac, François Hollande revient sur la réaction de Carla Bruni

Invité sur le plateau de C à vous ce mardi 1er octobre, l'ancien président de la République François Hollande est revenu sur la vidéo qui le montre en train de parler à Carla Bruni lors de la messe à l'église Saint-Sulpice, donnée en hommage à Jacques Chirac. Pour rappel, ses paroles avaient visiblement choqué l'ex-première dame qui avait peiné à rester de marbre. Une réaction qui avait suscité lundi de nombreuses interrogations sur la toile quant aux propos tenus par François Hollande. "C’était quand même une cérémonie, donc j’étais un peu surpris qu’on n’ait retenu que ces images", a tout d'abord lâché l'ancien chef de l'État, avant d'expliquer ce qu'il avait dit à Carla Bruni pour la faire réagir comme cela : "La réalité est beaucoup plus triste et simple, c’est qu’elle me posait la question que beaucoup avaient à l’esprit : 'Pourquoi Bernadette Chirac n’était pas là lors de cette cérémonie à l’église ?' Je lui ai confirmé que son état de santé ne lui permettait pas d’être là et que c’était très difficile pour elle. Et c’est sans doute ce qui a suscité cette réaction humaine et, je crois, sincère".

20:34 - Ce jour où un journaliste a sauvé la réputation de Jacques Chirac

La réputation d'homme à femmes de Jacques Chirac n'est plus un secret pour personne depuis longtemps. Et alors que l'ex-président a été enterré lundi au cimetière du Montparnasse à Paris, L'Express dévoile une petite anecdote sur l'ancien président. Dans les années 70, alors que Jacques Chirac n'est encore que Premier ministre, le mari de Bernadette Chirac entretient une liaison secrète avec la journaliste du Figaro Jacqueline Chabridon. Et quand les deux amoureux ne se voient pas pendant les voyages de Jacques Chirac, c'est à l'abri des regards, dans une garçonnière qu'ils se retrouvent. À l'époque, comme le rapporte L'Express, Le Nouvel Observateur aurait découvert le pot aux roses. Mais tandis qu'un article intitulé "La garçonnière du Premier ministre" devait paraître, la conseillère influente de Jacques Chirac, Marie-France Garaud, a appris l'affaire. Alors qu'elle s'interrogeait sur la façon de faire interdire la publication de cet article qui égratignait sérieusement la réputation de Jacques Chirac, c'est finalement le journaliste du Quotidien de Paris, Henry Chapier, proche des dirigeants du journal, qui va intervenir. "Le journaliste est prêt à aider, à empêcher la parution de l’article embarrassant. Il aime Chirac. Entre eux, il y a un truc, un lien", indique ainsi L'Express dans son article. 

19:45 - Un quai Jacques-Chirac bientôt inauguré à Paris ?

Depuis la mort de Jacques Chirac, les hommages se multiplient ici et là. Si de nombreuses personnalités ont pris la parole pour rendre hommage à l'ancien président de la République, du côté des maires et autres élus, les idées fleurissent ces derniers jours pour mettre à l'honneur le mari de Bernadette Chirac. À Paris, d'après nos confrères du Figaro, Anne Hidalgo devrait pour sa part proposer dès ce mardi soir, à l'occasion du Conseil municipal de la mairie de Paris, de rebaptiser un quai de la capital Jacques-Chirac. Selon le quotidien, le quai en question ne serait pas choisi au hasard, bien loin de là puisqu'il s'agirait de celui qui se trouve aux abords du musée du quai Branly, aussi appelé Jacques Chirac ou musée des arts et civilisations d'Afrique, d'Asie, d'Océanie et des Amériques. 

15:56 - Une minute de silence à l'Assemblée, après un dernier hommage de Philippe

Le président de l'Assemblée nationale, Richard Ferrand, a demandé aux parlementaires du Palais Bourbon et aux ministres présents dans l'hémicycle de respecter une minute de silence en hommage à Jacques Chirac. Auparavant, Edouard Philippe s'était exprimé devant les députés, évoquant un "capitaine au long cours" qui a "marqué son siècle".

13:27 - Déjà une place Jacque Chirac en Alsace

Dès le lendemain de la mort de Jacques Chirac, vendredi 27 septembre, le conseil municipal de Cernay, dans le Haut-Rhin, a voté le changement de nom de la place de l'Hôtel-de-Ville comme le maire Les Républicains de la commune l'a annoncé sur Facebook. "Suite au décès du président Chirac, le 26 septembre 2019, j’ai proposé ce soir, au Conseil municipal de Cernay, de renommer la place de l’Hôtel-de-Ville 'place Jacques-Chirac' en hommage à ce dernier", a ainsi déclaré Michel Sordi. Et de renchérir : "Je me réjouis du vote du conseil municipal qui a approuvé ce point à l’unanimité permettant d’honorer l’engagement politique de ce grand homme d’État que j’estimais sincèrement."

12:50 - Pourquoi Bernadette Chirac n'était pas dans l'église Saint-Sulpice

Bernadette Chirac, qui fut bien présente à l'hommage lundi matin à la cérémonie de la cathédrale des Invalides a décidé de rentrer chez elle ensuite et de ne pas se rendre à la messe rendue à l'église Saint-Sulpice, en présence de 115 chefs ou ex-chefs d'Etat. L'ancienne première dame est très affaiblie, ses proches indiquent qu'elle est "très fatiguée". Elle a suivi cette cérémonie depuis son domicile.

12:01 - Bientôt un lycée nommé Jacques Chirac en Occitanie

La présidente socialiste de la région Occitanie a fait part de sa volonté de rendre hommage à l'ancien président. "C'est pour rendre hommage à l'ensemble de [ses] valeurs qu'un lycée de notre région portera bientôt son nom", a-t-elle précisément fait savoir dans un communiqué de presse, sans indiquer pour l'heure de quel établissement il sera question.

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Biographie de Jacques Chirac

Jacques Chirac, homme politique de droite fondateur du mouvement RPR, est le cinquième président de la Vème République. Elu en 1995, il fut réélu en 2002 en bénéficiant d’un vote « barrage » contre le Front National. Il fut  également à deux reprises Premier ministre : dans le gouvernement de Valéry Giscard d'Estaing de 1974 à 1976 et dans celui de François Mitterrand (cohabitation) de 1986 à 1988.

Jeunesse de Jacques Chirac

Jacques Chirac, né le 29 novembre 1932 à Paris, est le fils unique de François Chirac, administrateur de sociétés et de Marie-Louise Valette. Dès son plus jeune âge, Jacques Chirac a fréquenté des établissements prestigieux. Après avoir achevé son lycée à Louis le Grand, il intègre Sciences Po puis l’ENA. Il est aussi diplômé de la Summer School de l'université de Harvard (USA). De 1956 à 1957, Jacques Chirac fait son service militaire et se porte volontaire pour faire la guerre d’Algérie. Un tournant puisqu'il a, dans sa jeunesse épousé des idéaux de gauche.

Bernadette, la femme de Jacques Chirac

En mars 1956, Jacques Chirac se marie avec Bernadette Chodron de Courcel, issue d'une famille de la haute société française, rencontrée sur les bancs de SciencesPo. Ils auront deux filles, Laurence et Claude. En plus de soixante ans de vie commune, le couple Chirac marquera la vie politique Française. Si leurs prises de bec et leurs échanges venimeux, parfois publics, amusent la presse, Bernadette Chirac sera un personnage clé, qu'on sous-estime souvent, dans la réussite politique de son mari, à laquelle elle aurait tout sacrifié. Bernadette Chirac apportera des moyens financiers à son mari, sera une Première dame de terrain, portera l'opération Pièces jaunes à bouts de bras, présidera plusieurs fondations, soignera son carnet d'adresse chez les people, les patrons ou encore les créateurs de mode. Elle gardera aussi un pied en Corrèze, où elle a été conseillère générale jusqu'en 2015 et participera, en coulisses, à bien des projets politiques, de l'union de la droite derrière l'UMP au début des années 2000, à l’ascension de Nicolas Sarkozy, qu'elle continuera de chérir malgré sa brouille avec Jacques Chirac.

Avant et même pendant la présidence de Jacques Chirac, on prêtera à ce dernier de très nombreuses infidélités. Bernadette Chirac s'exprimera à la télévision à ce sujet, dans les dernières années : "Au début, ça a été dur, j'ai eu beaucoup de chagrin. Puis après, je m'y suis faite. Je me suis dit que c'était la règle et qu'il fallait la subir avec autant de dignité que possible".

Claude et Laurence, les fille de Jacques Chirac

Le couple Chirac a eu deux filles, Laurence et Claude Chirac. Née le 4 mars 1958, Laurence, l’aînée se serait très vite révélée vive et intelligente et aurait entamé des études brillantes à l'adolescence. C'est dans les années 1970-1980, alors que son père devenait tour à tour Premier ministre ou chef charismatique de l'opposition, qu'elle a développé des troubles alimentaires. Souffrant d'une "Anorexie mentale" elle va brutalement disparaître des écrans radars alors qu'elle entamait des études de médecine. Des tentatives de suicide seront rapportées dans la presse, mais le clan Chirac restera toujours très secret à son sujet, pour la protéger dit-on. Laurence Chirac réapparaîtra en 1995, lors de l'investiture de Jacques Chirac à l'Elysée, fragile, entourée de deux infirmières. C'est en quinquagénaire abîmée par la vie que les Français la reverront dans un documentaire en février 2013.  Laurence Chirac est morte le 14 avril 2016 des suites d'une attaque cardiaque, à l'âge de 58 ans. 

La seconde fille de Jacques et Bernadette Chirac, Claude est née le 6 décembre 1962. Elle a toujours été bien plus exposée dans les médias que sa soeur et a travaillé avec son père jusqu'à s'occuper de la communication de l'Elysée. Décrite à plusieurs reprises comme une femme amoureuse de la vie parisienne devenue conseillère zélée et ombrageuse de son père, elle s'opposera notamment à Bernadette Chirac à de nombreuses reprises, notamment en 2002, quand il fallait "déringardiser" le président sortant et donc écarter "Maman" des photographies... Après des rumeurs de liaisons avec l'acteur Vincent Lindon ou Nicolas Sarkozy, et un mariage avec le politologue Philippe Habert, en 1992, elle a un fils, Martin Rey-Chirac, le 22 mars 1996, avec le champion olympique Thierry Rey. Claude Chirac s'est mariée avec Frédéric Salat-Baroux, ancien secrétaire général de la présidence de la République, en 2011. Depuis 2012, elle est présidente de la Fondation Chirac.

Jacques Chirac ministre

Jacques Chirac a tout juste 30 ans lorsqu’il devient chargé de mission au cabinet du Premier ministre Georges Pompidou, en 1962. Il est ensuite conseiller référendaire à la Cour des comptes. Il commence réellement sa carrière politique en 1965, par un poste de conseiller municipal à Sainte-Féréole en Corrèze. En 1967, il est élu député de Corrèze et peu de temps après il devient secrétaire d'Etat à l'Emploi dans le gouvernement Pompidou. Plus tard, de 1970 à 1979, Jacques Chirac sera Président du Conseil général de Corrèze. Ainsi, Jacques Chirac enchaîne, de 1968 à 1974, divers mandats tantôt en Corrèze (député UDR, Membre puis Président du Conseil Général), tantôt au gouvernement.

Jacques Chirac sera une première fois ministre sous le gouvernement Pompidou avec le poste de secrétaire d'Etat aux Affaires Sociales, chargé des problèmes de l'emploi (1967-1968). Il sera ensuite successivement : secrétaire d'Etat à l'Economie et aux Finances (1968-1971), ministre de l'Agriculture et du Développement rural (de 1972 à 1974), et ministre de l'Intérieur sous le gouvernement de Pierre Messmer en 1974. On lui doit notamment à cette époque la création de l'Agence nationale pour l'Emploi (ANPE) en juillet 1967. Elle prend alors le relais des Services Extérieurs du Travail et de la Main d'Oeuvre (SETMO) mis en place au lendemain de la seconde guerre mondiale. L'ANPE, est chargée de venir en aide aux 300 000 chômeurs que compte la France à l'époque, en leur proposant travail ou formation.

Jacques Chirac Premier ministre

Pour récompenser Jacques Chirac d'avoir soutenu sa candidature à la présidentielle de 1974, Valéry Giscard d'Estaingle nomme Premier ministre. Les deux hommes ont du mal à s'entendre sur la façon de gouverner. Leus divergences politiques et surtout leur rivalité sont si grandes que Jacques Chirac démissionne avec grand bruit le 25 août 1976. C’est une période importante dans la carrière politique de Jacques Chirac. Il fonde cette même année le Rassemblement pour la République (RPR), en reprenant les bases de l'UDR. Il sera son président jusqu'en 1994. D'inspiration gaulliste, le RPR contribuera fortement à sa victoire aux élections municipales de Paris.

Jacques Chirac sera de nouveau premier ministre en 1986. Cette année là,  la droite remporte les élections législatives, le 16 mars, et le président François Mitterrand est contraint à la première cohabitation de la Ve République. Le nouveau Premier ministre dévoilera la composition de son gouvernement dans la soirée. Edouard Balladur est nommé à l'Economie et aux Finances, Charles Pasqua à l'Intérieur et François Léotard à la Culture.

Jacques Chirac maire de Paris

En 1977, la capitale française élit pour la première fois son maire au suffrage universel et c'est Jacques Chirac qui remporte l'élection. Paris n'avait plus connu de maire depuis Etienne Arago en 1870. La victoire du leader du RPR lors des municipales de 1977 contraste avec le résultat des élections au niveau national, où la gauche l'a emporté à 51,5% des suffrages. A 45 ans, Jacques Chirac entame son premier mandat à la tête de la capitale. Il sera réélu par deux fois, en 1983 et en 1989, et restera à l’hôtel de ville de Paris jusqu’en mai 1995. Cette fonction lui permettra de gagner en popularité et de jouir d’une excellente vitrine politique. Jacques Chirac sera ainsi le premier à se servir de la mairie de Paris comme un tremplin pour sa carrière politique nationale.

Jacques Chirac président de la République

Jacques Chirac se présente à l'élection présidentielle contre Valéry Giscard d'Estaing en 1981, mais n'obtient que 18% des suffrages. C'est François Mitterrand qui est alors élu président. Valéry Giscard d'Etsaing, qui garde une profonde racoeur vis à vis de Jacques Chirac a plusieurs fois attribué sa défaite à ce dernier, suggérant que Chirac a appelé secrètement à voter Mitterrand au second tour.  Deux ans plus tard, Jacques Chirac se présente de nouveau à l'élection présidentielle et se qualifie cette fois au second tour. Après un débat lors duquel François Mitterrand va rabaisser Jacques Chirac à son rang de Premier ministre, le socialiste sort de nouveau vainqueur avec 54% des voix contre 46% pour Chirac au second tour. La majorité du PS aux législatives ouvre la voie à un nouveau gouvernement, piloté par Michel Rocard. Jacques Chirac bascule dans l'opposition.

Il faudra que Jacques Chirac attende la présidentielle de 1995 pour être enfin élu président de la République. Il surclasse alors, contre toute attente, l'ancien Premier ministre et rival de droite Edouard Balladur dès le premier tour, malgré des sondages défavorables pendant des mois et de nombreuses trahisons. Jacques Chirac battra ensuite le socialiste Lionel Jospin, avec 52,6% des voix. Cette victoire constitue le sommet de sa carrière politique.

Jacques Chirac, Alain Juppé et la dissolution

Jacques Chirac nomme l'un de ses fidèles, Alain Juppé Premier ministre. La vague de réforme lancée par le nouveau gouvernement, notamment pour les retraites et la sécurité sociale, secoue le pays, qui plonge dans une période de grèves inédites fin 1995. "Droit dans ses bottes" au départ du mouvement, Alain Juppé devra reculer sur la réforme des retraites avant Noël. De quoi affaiblir considérablement sa position à Matignon. Considéré comme "le meilleurs d'entre nous" par Jacques Chirac, Alain Juppé.

Jacques Chirac et la cohabitation avec Lionel Jospin

C'est dans ce contexte politique et social tendu que Jacques Chirac décide, en 1997, de dissoudre l’Assemblée nationale, convaincu qu'il pourra en tirer une majorité plus forte. Mais c’est la gauche plurielle, alliance entre le PS, le PC et les Verts, qui sort victorieuse de ces élections anticipées. Le chef de l’Etat est contraint de nommer Lionel Jospin, son ancien adversaire, Premier ministre. Ce sera la plus longue période de cohabitation de la France (1997-2002). Une cohabitation décrite rétropsectivement comme cordiale, marquée par une relative embellie économique, la réforme des 35 heures mais aussi la victoire de la France lors de la Coupe du monde 1998.

Jacques Chirac face à Jean-Marie Le Pen

Lors des élections présidentielles de 2002, c'est la surprise générale que Jacques Chirac se retrouve, au second tour, face au leader du Front National, Jean-Marie Le Pen. Le candidat du Front National obtient 16,86 % des voix au premier tour, et Jacques Chirac 19,88 %. Lionel Jospin est quant à lui battu avec 16,18 % des voix. Il annonce immédiatement qu'il se retire de la vie politique. 

La première qualification de l'extrême droite au scrutin présidentiel provoque plusieurs jours de manifestations contre le FN. Jacques Chirac est finalement réélu avec 82,21% des voix au second tour. Cette réélection traduit davantage la volonté du peuple de faire barrage à l'extrême droite qu'une marque de confiance des Français envers Jacques Chirac. 

Attentat raté contre Jacques Chirac

Quelques mois plus tard, le 14 juillet 2002, Maxime Brunerie, 25 ans, tire en direction du président Jacques Chirac pendant le défilé militaire sur les Champs-Elysées à Paris. Au moment où il vise le chef de l'Etat avec sa carabine 22 long rifle, trois spectateurs l'immobilisent. Un coup part mais rate le président qui ne remarque rien. Maxime Brunerie, membre du groupe d'extrême droite "Unité radicale" et du MNR de Bruno Mégret, avait laissé un message sur un site internet britannique incitant les internautes à regarder la télévision ce dimanche 14 juillet. Entendu par la police, le déséquilibré sera interné en unité psychiatrique.

Jacques Chirac et le référendum de 2005

Le second quinquennat de Jacques Chirac commence par un coup d'éclat sur la scène internationale, quand le chef de l'Etat refusera de soutenir George W. Bush dans l'invasion de l'Irak. Cette position vaudra à la France l'hostilité des médias anglais et américains. Mais la situation va vite se détériorer. En 2005, le Président décide d'organiser un référendum pour ratifier le projet de Constitution européenne en France. Plusieurs éléments dont l'entrée de la Turquie dans l'Union Européenne et les craintes sociales viennent perturber les débats. Le 29 mai, c'est le "non" qui est majoritaire avec  54,8 % des voix. Le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin démissionne après de référendum perdu. Jacques Chirac choisit pour le remplacer Dominique de Villepin, un de ses plus fidèles alliés.

Jacques Chirac et Dominique de Villepin

Dominique de Villepin est l'ancien secrétaire général de l'Elysée, un très proche de Jacques Chirac, qui lui aurait d'ailleurs soufflé en 1997 l'idée (pas si bonne) de la dissolution. Grâce à son discours brillant contre la guerre en Irak à l’ONU, alors qu'il était ministre des Affaires étrangères en 2002, Dominique de Villepin semble à même de redonner plus de sérénité au quinquennat de Jacques Chirac. Mais dès octobre 2005, la crise des banlieues secoue la France après la mort de deux adolescents qui étaient poursuivis par la police. Six mois plus tard, face à des manifestations étudiantes d’ampleur, Chirac doit annoncer lui-même l’abandon du Contrat première embauche, une réforme clé pour Villepin. La fin du dernier mandat de Jacques Chirac se terminera dans un contexte malsain avec l’affaire Clearstream, illustration de la rude concurrence entre les deux candidats à la succession de Jacques Chirac, Dominique de Villepin et Nicolas Sarkozy. Le 20 juin 2006, le Musée du quai Branly est inauguré. Ce dernier est consacré aux arts et civilisations d'Afrique, d'Asie, d'Océanie et des Amériques. Il est l’empreinte de l’engagement culturel du Président.

Jacques Chirac au Conseil constitutionnel

Après que Villepin ait renoncé à s’opposer à Nicolas Sarkozy, et après avoir fait planer un doute sur une éventuelle nouvelle candidature, Jacques Chirac annonce qu’il soutient le candidat de l'UMP, Nicolas Sarkozy, pour la présidentielle de 2007. Le 6 mai, ce dernier est élu, la passation des pouvoirs s’effectue le 16 mai. Jacques Chirac crée la Fondation Jacques Chirac pour le développement durable et le dialogue des cultures, terrain d’un nouvel engagement pour l’avenir du "bien commun". Il devient également membre de droit du Conseil constitutionnel, mais n'y siégera plus à partir de septembre 2011.. Il publiera aussi ses mémoires, en plusieurs tomes.

Jacques Chirac, le RPR et les affaires

A la fin des années 1990, plusieurs affaires politico-financières concernant le financement du RPR sont dévoilées au grand jour. Jacques Chirac, ayant fondé puis présidé le RPR entre 1974 et 1994, se retrouve cité plus ou moins directement dans huit de ces affaires. Cependant, il ne pourra être traduit en justice car le président de la République bénéficie d'une immunité selon les textes de la Constitution. C'est Alain Juppé qui sera condamné en 2004 pour prise illégale d'intérêts dans le cadre de l'affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris et qui s'exilera alors pendant deux années au Québec.

Dès le 19 juillet 2007, Jacques Chirac, qui n'est plus président de la République, est entendu par la justice sur cette affaire, en tant que témoin assisté, dans ses bureaux de la rue de Lille. Le 30 octobre, il est renvoyé devant le tribunal correctionnel par la juge Xavière Simeoni. Le 21 novembre 2007, Jacques Chirac, est mis en examen pour "détournement de fonds publics".  Après une seconde mise en examen, son procès se déroule finalement du 5 au 23 septembre 2011, en son absence pour raisons de santé.

Le 15 décembre 2011, Jacques Chirac est condamnés par le tribunal correctionnel de Paris à deux ans de prison avec sursis pour "détournement de fonds publics", "abus de confiance", "prise illégale d'intérêts" et "délit d'ingérence". C'est la première fois qu'un ancien président est mis en examen, jugé et condamné après son mandat. Jacques Chirac s'en explique dès le lendemain de sa mise en examen dans le quotidien le Monde en affirmant : "Ces recrutements, je les ai souhaités ou autorisés parce qu'ils étaient légitimes autant que nécessaires". 

Jacques Chirac malade, sa santé en question

Le 2 septembre 2005, Jacques Chirac est victime d'un accident vasculaire cérébral, alors qu'il lui reste près de 2 ans de mandat présidentiel. L'Elysée relativise la portée de l'événement, mais le chef de l'Etat gardera des séquelles importantes et manifestes dès son retour de l'hôpital. Un ancien ministre confiera à L'Express quelques années plus tard qu'il était "nettement plus diminué qu'on ne l'a cru". L'AVC aurait réduit son champ visuel, le président aurait souffert de problème de mémoires. Jusqu'en 2007, c'est donc un homme affaibli qui préside aux destinées du pays.  Après son mandat, les choses vont s'accélérer. Jacques Chirac sera absent de son procès, en 2011. Après expertise médicale, il est certifié que l’ancien président de la République ne dispose pas de toutes ses capacités pour assister à l'audience. Suite à cette annonce, Jean-Louis Debré décide que Jacques Chirac n’est pas non plus capable de siéger au Conseil constitutionnel.

Dépression après l'Elysée, problèmes de reins, crise de goutte, infections pulmonaires ou simple état de fatigue général... Les hospitalisations se multiplient. On parle alors d'un "déclin cognitif sévère", d'un "état de vulnérabilité", de "trous de mémoire" et autres "absences" qui vont provoquer d'intenses spéculations sur la santé de l'ancien chef de l'Etat. Souffrant d'anosognosie (trouble qui le rend inconscient de sa condition), Jacques Chirac va progressivement perdre en autonomie, physique - il ne marchait plus à la fin de sa vie - et mentale - il ne communiquait plus et semblait "perdu". A l'automne 2016, d'intenses rumeurs annoncent la mort de Jacques Chirac, si intenses qu'une ancienne ministre Christine Boutin va la relater sur Twitter. Il faudra 24 heures et plusieurs communiqués de la famille Chirac pour démentir.

Mort de Jacques Chirac

La famille de Jacques Chirac a annoncé à l'AFP le décès de l'ancien président de la République le jeudi 26 septembre, à 12 heures. Il avait 86 ans. Emmanuel Macron a pris la parole à 20 heures à la télévision pour rendre hommage à "un grand Français". Les portes de l'Elysée ont été ouvertes au public pour des condoléances. La tour Eiffel s'est éteinte en hommage à l'ancien maire de Paris dans la soirée. Les obsèques de Jacques Chirac auront lieu lundi, journée de deuil national. Une messe sera donnée en l'église Saint-Sulpice, dans la capitale. 

La liste des mandats de Jacques Chirac

  • 1965-1977 - Membre du conseil municipal de Sainte-Féréole (Corrèze)
  • 1967-1995 - Député de Corrèze (laissant sa place à 4 reprises à son suppléant)
  • 1967-1968 - Secrétaire d'État chargé de l'Emploi
  • 1968-1971 - Secrétaire d'État à l'Économie et aux Finances
  • 1968-1970 - Membre du Conseil général de la Corrèze
  • 1970-1979 - Président du Conseil général de la Corrèze
  • 1971-1972 - Ministre délégué chargé des Relations avec le Parlement
  • 1973-1974 - Ministre de l'Agriculture
  • 1974 (mars-mai) - Ministre de l'Intérieur
  • 1974-1976 - Premier ministre
  • 1977-1995 - Maire de Paris
  • 1979-1982 - Membre du conseil général de la Corrèze
  • 1979-1980 - Député européen
  • 1986-1988 - Premier ministre
  • 1995-2007 - Président de la République

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