Marine Le Pen sera candidate à la présidentielle 2022, mais que disent les sondages ?

Marine Le Pen sera candidate à la présidentielle 2022, mais que disent les sondages ? MARINE LE PEN. Ce jeudi 16 janvier 2020, Marine Le Pen a annoncé son intention de se présenter à la présidentielle 2022. Une annonce réalisée dans une séquence plutôt favorable pour la présidente du Rassemblement national du côté des sondages...

[Mis à jour le 16 janvier 2020 à 16h28] Elle ne cache pas ses intentions pour la présidentielle de 2022 et semble même décidée à commencer la course dans les premiers. Lors de ses vœux à la presse ce jeudi 16 janvier 2020, à Nanterre, Marine Le Pen a confirmé qu'elle entendait de nouveau être candidate à l'élection suprême dans deux ans. "Je prépare la présidentielle", a indiqué la présidente du Rassemblement national depuis le siège de son parti, sans trop prendre de précautions quant à son avenir, même si elle précise qu'elle s'exprime "sans pour autant préjuger d'une décision qui appartient au Congrès" du RN.

Marine Le Pen a d'ailleurs déjà trouvé un argument massue pour justifier un départ si précoce dans le combat pour 2022 : "Emmanuel Macron ayant lui-même lancé la campagne présidentielle, je ne le laisserai pas courir tout seul", a prévenu la dirigeante nationaliste. Dans un contexte bien difficile pour le chef de l'Etat avec la contestation de la réforme des retraites et des municipales 2020 qui s'annoncent difficiles, Marine Le Pen saisit surtout un moment clé.

Que disent les derniers sondages sur Marine Le Pen ?

Depuis mai 2017 et a fortiori depuis la rentrée de septembre 2019, les sondages placent régulièrement Marine Le Pen comme l'une des favorites de la prochaine présidentielle. Les derniers chiffres disponibles, remontant au mois de novembre 2019, lui donnent 36% de "bonnes opinions", un chiffre en forte hausse (tableau de bord Ifop-Fiducial pour Paris Match et Sud Radio). Un sondage l'a récemment sacrée meilleure opposante à Emmanuel Macron, 44 % des Français pensant que la présidente du Rassemblement national est une "bonne opposante" (baromètre politique Odoxa/CGI/Presse régionale/France Inter). Enfin, selon un sondage Ifop pour le Journal du Dimanche réalisé entre le 28 et le 30 octobre 2019,  Marine Le Pen et Emmanuel Macron arriveraient en tête du premier tour de la prochaine présidentielle avec respectivement 28 % et entre 27% et 28% des votes en fonction des scénarios. Ce serait alors la première fois qu'un candidat ou une candidate d'extrême droite serait en tête au premier tour de l'élection.

Déjà donnée en tête du premier tour de la dernière présidentielle, Marine Le Pen était alors crédité de 24 à 28% des intentions de vote, selon les différents instituts de sondages. Le 23 avril 2017, elle a finalement obtenu un peu plus de 20% des suffrages et n'était arrivée qu'en seconde position selon le résultat définitif de cette présidentielle, 1,3 point derrière Emmanuel Macron. De quoi partir avec un sérieux handicap pour le second tour avec entre 35 et 40% des intentions de vote, soit un retard de 10 points sur son principal rival. Le 7 mai 2017, elle avait finalement été battue assez largement par Emmanuel Macron, par 33,90% des voix contre 66,10%.

"Si je suis élue"... Marine Le Pen optimiste

Après le résultat en demi-teinte des européennes au printemps dernier, le Rassemblement national semble donc avoir digéré la défaite de 2017. Le parti est en ordre de bataille pour les municipales et les troupes semblent aller un peu mieux et sa présidente avec. Marine Le Pen semble même assez optimiste sur ses chances d'accéder à l'Elysée. Quand on lui demande si la campagne de 2022 sera la dernière,  elle lance, goguenarde : "Si je suis élue, il va bien bien falloir que je me présente pour ma réélection".

Invitée du "Grand Jury" RTL-Le Figaro-LCI" le 20 octobre dernier, Marine Le Pen avait déjà ouvert la porte à une candidature. "J'ai été deux fois candidate à la présidentielle. Je m'apprête à être candidate à la présidentielle pour la troisième fois", avait-elle déjà déclaré, ajoutant : "Oui, j'ai envie d'être candidate ". Et la patronne du RN de faire, justement, la liste de ses envies, clairement dirigées contre Emmanuel Macron. "J'ai surtout envie qu'on arrête avec la politique qui est menée. J'ai envie qu'on arrête avec le chômage, qu'on arrête avec l'insécurité. J'ai envie que les agriculteurs arrêtent de se suicider. J'ai envie que les Français arrêtent d'être écrasés par les impôts. J'ai envie qu'on arrête de se battre pour défendre notre culture et notre identité, ce qui devrait couler de source. J'ai envie que tout ça s'arrête", avait-elle scandé, avant de résumer : "J'ai envie que nos idées arrivent au pouvoir".

Marine Le Pen - Biographie

Quel est l'âge et la taille de Marine Le Pen ?

Marine Le Pen est née le 5 août 1968, elle a 51 ans. En 2012 comme en 2017, elle sera donc l'une des plus jeunes candidates à l'élection présidentielle. Parmi les prétendants les plus importants à la présidence de la République, seul Emmanuel Macron était plus jeune (39 ans). C'est justement lui qu'elle retrouvera au second tour le 7 mai, avec le résultat qu'on connait... Marine Le Pen mesure 1,74 m, comme sa nièce Marion Maréchal-le Pen. Son père, Jean-Marie, mesure lui 1,77 m. En 2017, on remarque que la candidate du Front national fait exactement la même taille que Jean-Luc Mélenchon, elle est d'un centimètre plus petite que François Fillon.

Une jeunesse marquée par la politique

La fille de Jean-Marie Le Pen, née dans une famille de trois enfants, trois filles, conserve encore quelques secrets et des blessures dans sa biographie, qui resurgissent de temps à autre au détour d'interviews et de confidences. Elle a par exemple connu dès on plus jeune âge le goût du combat politique, mais aussi ses conséquences, comme quand un attentat a désintégré la maison familiale, en 1976, obligeant les Le Pen à déménager et à se protéger. Une expérience qui l'a amenée jusqu'à aujourd'hui à protéger sa vie privée, ses maris, son ex-compagnon Louis Aliot, ou encore ses enfants, tenus à l'écart des médias.

De cette prise de conscience, Marine Le Pen a tiré un autre enseignement, politique cette fois : la fille de Jean-Marie Le Pen, qui a monté les échelons au sein du parti de son père pendant des années, a pris conscience du "plafond de verre" qui le réduisait aux seconds rôles et de la nécessaire dédiabolisation du FN dès 2002. Elle s'est employée dès lors à faire oublier les outrances et les dérapages, la ligne pétainiste et parfois révisionniste du mouvement pour lui offrir un nouveau visage. Et cette "dédiabolisation", entamée dès 2011 pour tenter de rendre respectable le premier parti d'extrême droite de France, l'a forcée à quelques compromis avec les Gala, Paris Match et autres Karine Le Marchand lors de la dernière campagne pour l'élection suprême. La patronne frontiste a en outre voulu personnaliser son parti à l'extrême n'hésitant pas à jouer de temps à autres la carte du portrait plus intime, quitte à lever un peu le voile sur sa vie et ses états d'âme.

Des traumatismes et des surprises

La présidente du FN doit tout à son père en politique. C'est dans son sillage qu'elle s'est faite connaître, qu'elle a tissé ses réseaux et qu'elle a appris. Dès l'âge de 13 ans, elle assistait Jean-Marie Le Pen dans une campagne électorale. Mais Marine Le Pen a aussi eu une jeunesse difficile, confrontée aux animosités que suscitait son père, Jean-Marie Le Pen homme de scandales et de controverses. Lorsqu'elle avait 8 ans, l'appartement dans lequel elle vivait avec sa famille, Villa Poirier, dans le XVe arrondissement de Paris, a été la cible d'une attaque à la bombe, qui détruisit une grande partie de l'habitation. Elle restera très marquée par cet événement, et évoque parfois dans les médias cet instant où son lit d'enfant s'est retrouvé "plein de verre". Elle fera sa scolarité au lycée Florent-Schmitt de Saint-Cloud pour étudier ensuite le droit et devenir avocate.

La suite, étonnante, est notamment racontée par les journalistes David Doucet et Mathieu Dejean, auteurs de "La politique malgré elle, la jeunesse cachée de Marine Le Pen" (édition La Tengo), sorti en 2016. Leur enquête dans le passé de Marine Le Pen confirme que ses études furent peu brillantes, que la future prétendante à l'Elysée avait un goût immodéré pour la fête, qu'elle a défendu en tant qu'avocate des sans-papiers (notamment un Algérien, Nour-Eddine Hamidi) et qu'elle n'envisageait absolument pas de carrière politique. Pour lui succéder, Jean-Marie Le Pen pensait avant tout à son aînée, Marie-Caroline, jusqu'à ce que celle-ci rejoigne le félon Bruno Mégret, lors de la scission de 1998. C'est à cause de cette trahison, mais aussi parce que sa carrière d'avocate piétinait que Marine Le Pen se résoudra à travailler au FN. D'abord comme petite main.

Qui sont les membres de la famille de Marine Le Pen ?

Marine Le Pen est la fille de Jean-Marie Le Pen et de Pierrette Le Pen. Elle a deux soeurs plus âgées qu'elle, Marie-Caroline et Yann Le Pen. Ses deux parents se séparent alors qu'elle est âgé de 17 ans. Elle se mariera en 1997 au dirigeant d'entreprise Franck Chauffroy, avec qui elle aura 3 enfants : d'abord une fille, Jehanne, née en 1998, puis un garçon et une fille, jumeaux, Louis et Mathilde, nés seulement un an plus tard. L'année suivante, en 2000, elle divorce et se remarie en 2002 avec l'ancien conseiller régional du Nord-Pas-de-Calais, Eric Iorio. Après un nouveau divorce en 2006, elle se met en couple à partir de 2009 avec Louis Aliot, alors secrétaire général du FN, qui deviendra en 2011 vice-président du parti. Le couple a annoncé sa séparation le 11 septembre 2019.

Avec ses parents, Marine Le Pen a toujours eu une relation compliquée. Le Front national l'a démenti à l'époque, mais Marine Le Pen a par exemple claqué la porte du parti début 2005. Membre du bureau exécutif tentant de lisser l'image du FN depuis la cinglante défaite de 2002, elle était alors scandalisée par les propos de Jean-Marie Le Pen qui, interviewé par l'hebdomadaire français d'extrême-droite Rivarol en janvier, relativisait l'occupation allemande. Jean-Marie Le Pen avait plus précisément qualifié l'occupation ennemie de "pas si inhumaine", provoquant un véritable tollé. Fâchée, Marine Le Pen aurait même quitté pendant quelques jours la villa de Saint-Cloud avec ses enfants, où elle vivait alors en voisinage avec son père (elle vit aujourd'hui hors de Montretout, à la Selle-Saint-Cloud). 

Avec sa mère, les relations ont été tout aussi complexes pendant quinze ans. Pierrette Lalanne, la première femme de Jean-Marie Le Pen, a provoqué le scandale dans les années 1980 en posant en soubrette dans Playboy, alors que son mari s'apprêtait à briguer la présidence de la République. Le couple était alors en instance de divorce et la provocation faisait office de vengeance. Pierrette le Pen a quitté le domicile familial quand Marine Le Pen, avait 16 ans. "Elle est partie du jour au lendemain. Ma sœur est venue me chercher au collège et m'a dit 'maman est partie'", raconte la présidente du FN. Pendant quinze ans, Pierrette n'a plus donné de nouvelles directes. "Je me suis retrouvée avec mon père avec qui je n'avais pas des relations du quotidien", continue Marine Le Pen. Quinze ans plus tard, leur mère s'étant rapprochée de Marie-Caroline, l'aînée, ce fut le temps des retrouvailles, à propos desquelles la chef de file des frontistes dit : "Vous ne voyez pas votre mère pendant 15 ans. Vous la revoyez et c'est comme si vous l'aviez vue hier". Si Marine Le Pen avoue n'avoir jamais eu de réelle explication sur cette interminable absence, elle dit aujourd'hui entretenir "une super relation" avec sa mère. Voir aussi : La famille Le Pen en images.

La famille Le Pen au grand complet en 1984 à Montretout. © CHANCE/SIPA

Qui est le compagnon de Marine Le Pen ?

Jusqu'en septembre 2019, Marine Le Pen était en couple avec Louis Aliot, figure du FN puis du RN. Les deux cadres frontistes avaient officialisé leur relation en 2010. C'est Louis Aliot qui a annoncé leur rupture le 11 septembre 2019. Ce Toulousain, âgé de 48 ans, fut d'abord chiraquien, avant d'adhérer au Front national en 1988. Il se fera élire conseiller régional de Midi-Pyrénées dix ans plus tard puis sera nommé coordinateur de campagne de Jean-Marie Le Pen en 2001. Louis Aliot deviendra ensuite l'assistant parlementaire européen du patriarche en 2004.

Louis Aliot a aussi été rémunéré comme assistant parlementaire de Marine Le Pen entre 2011 et 2013. Selon le Canard Enchaîné, il touchait alors 5000 euros brut pour un mi-temps. L'Organisme antifraude de l'Union européenne (Olaf) avait, en 2013, épinglé Marine Le Pen pour cette collaboration. La dirigeante du RN avait alors argué du fait que sa relation avec Louis Aliot ne pouvait être qualifiée de "relation stable", puisqu'elle n'était ni mariée ni pacsée. Louis Aliot a été député européen entre 2014 et 2017, année qui le voit entrer à l'Assemblée nationale aux côtés de Marine Le Pen. Il est aussi conseiller municipal de Perpignan depuis 2014.

Qui sont les enfants de Marine Le Pen ?

Marine Le Pen est la maman de Jehanne, prénom orthographié comme l'était "Jeanne d'Arc" dans les temps anciens, née en 1998, ainsi que des jumeaux Louis et Mathilde, nés en 1999. Plusieurs passages leur sont consacrés dans l'autobiographie de Marine Le Pen, "A contre flots", publiée en 2006. Mais difficile d'en savoir plus sur eux tant Marine Le Pen a toujours veillé à maintenir le plus grand secret sur sa progéniture. Et même quand une information fuite, il est tout aussi difficile d'en dire plus dans la presse : Marine Le Pen n'hésite pas à saisir les tribunaux quand, par exemple, on dévoile le nom de famille de ses enfants.

Il faut dire que, fille de Jean-Marie Le Pen, elle a plusieurs fois été témoin de la haine que peut susciter sa famille... Et manque rarement de le rappeler. Marine Le Pen a levé un petit coin du voile lors de la dernière campagne présidentielle, indiquant que son fils Louis était "une baraque" passionné par le rugby. "Mon fils joue assez bien et régulièrement, c'est une baraque !", avait-elle ainsi lâché sur France Bleu en avril. "Ma fille était capi­taine de l'équipe qu'elle a constituée dans son inter­nat", avait-elle ajouté.

En octobre 2018, l'AFP et BFMTV ont rapporté qu'une fille de Marine Le Pen et un de ses cousins avaient été violemment agressés, à Nanterre. Il était question d'une "bagarre" lors de laquelle les deux jeunes membres de la famille Le Pen ont été "frappés au visage", sans qu'on connaisse pour autant la cause exacte de l'altercation. La fille de Marine Le Pen, dont le prénom n'a pas été cité, a "reçu des coups de poing" et "a été transportée par les pompiers à l'hôpital". "Tirée par les cheveux, mise au sol et rouée de coups", elle a subi une de fracture du nez. Les hommes à l'origine des coups, deux individus de 32 et 47 ans, ont été condamnés en février 2019 à 15 mois de prison assortis de 7 mois de sursis simple pour agression aggravée.

Quelles sont les idées et programme de Marine Le Pen ?

Si Marine Le Pen a longtemps milité et fait campagne pour son père, elle a nettement infléchi la ligne politique du Front national depuis qu'elle a pris la tête du parti. Certains lui ont reproché d'avoir fait bien trop de place aux idées défendues par l'ancien chevènementiste Florian Philippot, un temps pressenti pour devenir un pilier, si ce n'est le Premier ministre du gouvernement de Marine Le Pen, mais démissionnaire du FN à la rentrée 2017, au cours d'un règlement de comptes sanglant. D'aucuns jugent que la ligne économique s'est bien trop éloignée du franc libéralisme revendiqué autrefois par son père, dans les années 1980.

Reste que la matrice idéologique du RN est toujours articulée sur quelques fondamentaux : la priorité nationale en matière d'emploi et d'aides sociales, la restriction à l'extrême de l'immigration, une vision de la Nation très identitaire, fondée sur une vision idéalisée et traditionaliste de la France, la dénonciation de l'Union européenne et des institutions de la République. La question de la sortie de l'euro a, elle, fait l'objet d'un grand débat interne au FN dans l'entre-deux tours de la dernière présidentielle. En janvier 2019 Marine Le Pen a finalement tranché, déclarant que l'euro est "un boulet", mais qu'en sortir n'est "plus une priorité". Revoir le programme de Marine le Pen pour l'élection de 2017

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