Suicide d'Evaëlle : la professeure finalement condamnée, la famille sous le choc

Suicide d'Evaëlle : la professeure finalement condamnée, la famille sous le choc La cour d'appel de Versailles s'est prononcée sur le sort de la professeure de français accusée de harcèlement moral sur Evaëlle, adolescente de 11 ans qui s'est suicidée en 2019. Le verdict est tombé, elle a été condamnée.

Ce lundi 13 avril 2026, la cour d'appel de Versailles s'est prononcée sur le cas de la professeure de français d'Evaëlle, poursuivie pour des faits de harcèlement scolaire après le suicide de la collégienne de 11 ans en juin 2019 dans sa chambre du pavillon familial d'Herblay, dans le Val-d'Oise. Le parquet général avait requis 18 mois de prison avec sursis contre l'enseignante aujourd'hui retraitée.

L'enseignante a finalement été reconnue coupable et condamnée à douze mois de prison avec sursis, la cour estimant ce lundi 13 avril qu'elle a joué un rôle dans la dégradation des conditions de vie de la collégienne avant son suicide. Elle a également l'interdiction d'exercer comme professeure. Dans un communiqué, la cour estime "que tant les faits matériels que l'élément intentionnel de l'infraction étaient caractérisés" pour justifier sa décision.

La réaction de la mère d'Evaëlle après la condamnation

"On y croyait tellement pas (...) elle est reconnue pour tous les autres enfants qu'elle (la professeure) a fait. Parce qu'on a des témoignages. Il n'y a pas eu que nos deux enfants qui ont été harcelés et je me dis que pour eux le soulagement doit être énorme. Il y a des adultes qui nous ont dit qu'ils font encore des cauchemars à l'âge de quarante ans d'être passés entre ses mains".

Ils vont se dire : 'on est reconnus comme victimes'. Et puis ils lèvent le voile sur la maltraitance des enfants par des professeurs. Maintenant, il y a une loi, la 'loi Evaëlle' de 2022 sur le harcèlement scolaire et j'ai envie de dire, il faut que ça continue. On lève le voile et je pense que nous ne sommes qu'au début", a déclaré la maman d'Evaëlle face aux journalistes, après la condamnation en appel de l'enseignante de la petite fille à un an de prison avec sursis.

Relaxée en première instance

La mère de l'adolescente s'est justement exprimée ce lundi au micro de RTL. Marie Dupuis, faisait part de son "appréhension" quelques heures avant le verdict. "Nous appréhendons beaucoup. On était peut-être un peu trop confiants en première instance", explique-t-elle, évoquant un "coup de théâtre" après la relaxe de l'enseignante de 63 ans. "Je vois cela comme une faute professionnelle", a-t-elle dénoncé.

L'enseignante avait été relaxée en avril 2025, la justice avait estimé que les éléments retenus contre l'enseignante étaient "discordants, indirects, peu précis" ou relevant simplement de "comportements appropriés et légitimes pour l'exercice de l'autorité d'un enseignant en classe". "Ce que je souhaite, c'est qu'on enlève enfin ce voile sur la maltraitance de certains professeurs", poursuit la maman d'Evaëlle chez nos confrères ce lundi.

Un "acharnement" dénoncé par la mère d'Evaëlle

D'après elle, la professeure a "initié" le harcèlement de sa fille, évoquant un "isolement" et parlant d'un véritable "mode opératoire". "C'est par exemple, passer une heure à crier sur Evaëlle", poursuit la mère de famille, qui parle d'un "acharnement". Mais elle ne s'arrête pas là, et met en cause "14 élèves" : "ils ont initié du harcèlement sur les mêmes remarques que la professeure lui disait en cours. Et de fil en aiguille, c'est devenu du harcèlement physique, avec des violences quotidiennes", dit-elle. Elle assure avoir été mise au courant par une autre parente d'élève.

De son côté, l'enseignante a toujours nié s'en être prise à son élève. Lors de son interrogatoire, Pascale B. a maintenu sa version des faits : "Mon intention n'était pas de la mettre en difficulté, mais de l'aider au contraire", avait-elle déclaré. "Le décès d'Evaëlle est effectivement dramatique" mais "je n'ai pas de responsabilité", assurait-elle le 11 avril dernier sur France Info. "Le tribunal n'a pas entendu" les arguments de la partie civile "parce que ce n'est pas la réalité", martelait-elle.