Eric Robic victime de représailles ? Qui est l'escroc assassiné publiquement à Neuilly ?
Un assassinat en plein jour. Jeudi 16 avril, un homme a été tué par balle au 49 boulevard Victor Hugo à Neuilly-sur-Seine dans les Hauts-de-Seine. L'individu a été ciblé par deux hommes casqués circulant à bord d'un T-Max et ayant ouvert le feu à plusieurs reprises selon les informations du Parisien et de Paris Match. L'engin a été retrouvé "incendié" quelques minutes plus tard sur la rampe d’un parking dans le XVIIe arrondissement de Paris, indique Le Parisien. Le parquet de la JIRS de Paris a ouvert une enquête préliminaire pour meurtre en bande organisée.
La victime est un homme d'une cinquantaine d'années portant un casque de moto gris et rouge, pris en charge par les secours, il n'a été identifié que plusieurs minutes plus tard par les forces de l'ordre : il s'agit d'Eric Robic. Et selon les informations de France Info, la piste d'un règlement de compte est pour l'instant privilégiée par les enquêteurs.
L'homme de 51 ans est défavorablement connu de la police pour outrages, rébellion, escroqueries, association de malfaiteurs, coups et blessures volontaires et involontaires et surtout homicide involontaire liste Le Parisien. Il avait fait la Une en 2011 après avoir tué Lee Zeitouni, une jeune Israélienne, lors d'un accident de voiture à Tel Aviv. Eric Robic a succombé à ses blessures ce jeudi 16 avril peu après 10 heures malgré l'intervention des secours. L'information a été confirmée par le parquet de Nanterre, dont un représentant s'est rendu sur place. Le corps de la victime devait subir une autopsie ce vendredi 17 avril.
Un règlement de compte privilégié par les enquêteurs
Les forces de l'ordre ont dressé un périmètre de sécurité autour de la scène du crime et sont à la recherche des deux suspects ayant pris la fuite. Tous les indices sont relevés et les images de vidéosurveillance recueillies. Les données liées à la téléphonie vont également être exploitées. Les enquêteurs disposent désormais d'une piste privilégiée : celle du règlement de compte qui aurait mené à la mort d'Eric Robic.
"Quand on voit le mode opératoire, effectivement, on se pose la question. Est-ce que c'était des proches ? Est-ce que c'était des complices ? Est-ce que c'était des personnes qui lui en voulaient ? Parce qu'effectivement, il était mêlé à des affaires qui ne parlaient pas pour lui. Les suspects ont réussi à prendre la fuite", explique Laurent Lefebvre du syndicat Alliance Police Nationale, dans les colonnes de France Info.
"Pour nous, il s'était complètement rangé"
"C’est tout de même une opération menée de manière méthodique, avec un grand sang-froid, qui fait plus penser au crime organisé qu’à une vengeance d’ordre privée (...) Les meurtriers l’attendaient devant chez lui et connaissaient visiblement ses habitudes", abonde un fonctionnaire dans les colonnes du Parisien. Les enquêteurs comptent désormais interroger les proches d'Eric Robic et refaire le fil de sa vie pour tenter de trouver d'autres informations, et infirmer ou confirmer la piste principale. Jeudi après-midi, son épouse a été entendue.
"Pour nous, il s'était complètement rangé. Il avait pris des parts dans un restaurant casher à Levallois et il gagnait sa vie en menant des affaires tout à fait légales", indique une connaissance d'Eric Robic auprès du quotidien francilien. "Franchement, on ne comprend rien (...) La dernière affaire pour laquelle il a été jugé en 2024 concerne des faits anciens qui datent d’il y a huit ans", précise-t-il.
Père de quatre enfants âgés de 9 à 18 ans, il "tentait même de faire en sorte que ses enfants ne soient pas impactés par son passé" et avait indemnisé toutes les parties civiles et réglé toutes les amendes reçues, apprend-on. "Pour moi, il était complètement en dehors du milieu de la criminalité. Mais c’est vrai qu’on ne connaît jamais complètement les gens", confie une autre source au Parisien.
Une condamnation pour homicide involontaire dans l'affaire Lee Zeitouni
La victime est un homme d'affaires connu pour diverses escroqueries et condamné par la justice à diverses reprises. Il cumulait au moins six condamnations dans son casier judiciaire avant d'être condamné en décembre 2014 dans l'affaire Lee Zeitouni pour avoir tué la jeune Israélienne de 25 ans au volant d'une voiture et avoir pris la fuite. Condamné à cinq de prison ferme pour homicide involontaire, il a bénéficié d'une liberté conditionnelle après avoir passé 15 mois derrières les barreaux.
Le jour de la mort de Lee Zeitouni, Eric Robic conduisait un imposant 4x4 dans lequel se trouvait également son acolyte Claude Kayat. Les deux hommes sortaient de boîte de nuit et ont fauché la jeune femme. Sans s'arrêter avec l'accident, les deux hommes étaient rentrés en France pour fuir la justice israélienne. Les relations franco-israéliennes s'étaient tendues après le drame. La France, n'extradant pas ses ressortissants hors de l'Union européenne, souhaitaient juger les deux hommes sur son territoire, mais Israël réclamait que justice soit faite dans le pays hébreu chose que refusaient les deux hommes pointant une "vindicte populaire exacerbée" rappelle Europe 1. Lors du procès, Eric Robic avait exprimé des "regrets".
Eric Robic mêlé à plusieurs affaires d'escroquerie
Après l'affaire Lee Zeitouni, Eric Robic a fait fait parler de lui en tant qu'escroc dans diverses arnaques rapporte Le Parisien. Peu avant le mort de la jeune Israélienne, l'homme était mêlé à une arnaque liée à une "vieille affaire d'achats de crevettes" selon une source judiciaire citée par Le Parisien en 2012.
Une des plus grosses arnaques à laquelle Eric Robic est mêlé est une autre affaire mise sur pied ente 2013 et 2014 et ayant rapporté plus d'un million d'euros à l'arnaqueur et à sa bande. Huit personnes impliquées, dont Eric Robic, ont été jugés en 2023 dans cette affaire portant sur la "vente de voitures en leasing, via de faux encarts publicitaires, de faux virements et de la fausse facturation" écrivait Le Figaro. ajoutant que "l'argent du trafic aurait transité par la Pologne, la Hongrie, la Belgique et la Chine, avant d'être récupéré en Israël". Eric Robic et Claude Khayat ont été considérés comme les instigateurs de l'escroquerie réactivaient des entreprises inactives ayant conservé leur immatriculation au registre du commerce, et contractaient des prêts bancaires via ces entreprises pour "acheter des véhicules en location avec option d’achat (leasing), les reconfigurer, puis les revendre à des prix extrêmement compétitifs à des garages peu scrupuleux" expliquait le site Warning Trading.
Reconnu coupable dans cette affaire en 2024, Eric Robic a été condamné à 18 mois de prison assortis d’un sursis probatoire de deux ans avec l’obligation de travailler, de payer les sommes dues à l’État et d’indemniser les victimes rapporte Paris Match.
L’homme d’affaires Eric Robic a été exécuté en pleine rue à Neuilly-sur-Seine le jeudi 16 avril 2026. Il a été abattu par deux hommes à bord d'un scooter T-MAX. Eric Robic était défavorablement connu de la police pour outrages, rébellion, infractions financières, notamment au préjudice de concessionnaires automobiles et organismes bancaires, association de malfaiteurs, coups et blessures volontaires et involontaires et surtout homicide involontaire. À ce stade de l'enquête, la piste du règlement de compte est privilégiée.