Disparition de Manon Relandeau : les confidences de la famille sur le couple de l'agricultrice
- Où est Manon Relandeau ? L'agricultrice et éleveuse de 31 ans à Saint-Étienne-de-Montluc (Loire-Atlantique) n'a plus donné aucun signe de vie depuis le 27 mars dernier. Pour l’heure, le conjoint de la mère de famille est considéré comme le suspect principal par les enquêteurs. Interpellé en Algérie le lundi 27 avril 2026, d’après une information du parquet de Nantes, l’individu âgé de 41 ans avait pris la fuite vers son pays natal le 2 avril dernier. Abdelkarim B. a embarqué en fin d’après-midi sur un vol au départ de Nantes, direction Alger. Il était alors accompagné de sa fille, Inaya, 15 mois.
- Avant son interpellation, celui qui a été condamné en 2019 pour des violences commises sur une ancienne compagne a notamment affirmé que Manon Relandeau est toujours en vie. Au sujet de sa conjointe, il avait assuré qu’elle "se cache parce qu’elle a honte". Il a aussi indiqué ne plus avoir de ses nouvelles "depuis le 2 avril". Il avait confié ne "plus arriver à dormir" et avait ajouté que "si Manon (lui) donne un signe de vie, (il) rentre vite en France" même en sachant qu'il "sera placé en garde à vue".
- La famille de Manon Relandeau a fait des confidences sur le couple à Ouest-France. Selon ses proches, l'agricultrice s'est rendue compte ces derniers mois "que son couple ne fonctionnait pas normalement". La famille évoque également la "jalousie" d'Abdelkarim B. "Il l'empêchait de parler à des hommes, la coupait de sa famille", a expliqué la marraine de la mère de famille.
- Deux autres personnes ont été interpellées les 22 et 23 avril. Il s'agit d'une jeune femme de 26 ans et d'un homme de 42 ans pouvant être des "proches" d'Abdelkarim B., selon RMC. Les deux individus ont été mis en examen pour "association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un crime" et "modification des lieux d’un crime", précise le parquet. Ils ont été placés en détention provisoire.
16:45 - Le compagnon de Manon Relandeau déjà connu de la justice, qu’a-t-il fait ?
Abdelkarim B. est considéré comme le suspect numéro dans la disparition de sa conjointe Manon Relandeau. L’homme, récemment interpellé en Algérie, a été condamné en 2019 par la justice française pour des faits de violences conjugales sur son ex-compagne. Il avait écopé d’une peine d’emprisonnement avec sursis et mise à l’épreuve.
14:30 - La mère de Manon Relandeau a vu l'agricultrice moins d'une semaine avant sa disparition
Manon Relandeau n'a plus donné signe de vie depuis le 27 mars dernier. Sa mère a pris la parole dans un entretien à Ouest-France, dimanche 3 mai. Elle a vu sa fille pour la dernière fois le 21 mars dernier. "Elle a dansé, elle était rayonnante, tellement heureuse", assure la mère de l'agricultrice. Interrogée par le quotidien, la famille de Manon Relandeau parle d'une femme "douce, bienveillante envers les autres, toujours souriante et positive".
11:55 - "Il y avait beaucoup de jalousie" : les confidences de la famille de Manon Relandeau
Des tensions dans le couple confirmées par la famille de Manon Relandeau. À Ouest-France, les proches de l'agricultrice évoquent l'ambiance tendue. Selon sa marraine, Manon Relandeau "a pris conscience que son couple ne fonctionnait pas normalement" ces derniers mois. L'attitude du conjoint interroge également les proches. "Il y avait beaucoup de jalousie, il l'empêchait de parler à des hommes, la coupait de sa famille", souligne la famille maternelle au quotidien.
Le conjoint de Manon est considéré par les enquêteurs comme le principal suspect dans la disparition de Manon Relandeau depuis le début de l'affaire. Depuis 2022 et l'installation du couple à Saint-Étienne-de-Monluc, leur relation se serait dégradée. Manon Relandeau s'est séparée de son premier conjoint, avec qui elle était en couple depuis une dizaine d'années. Elle a ensuite rapidement rencontré le père de sa fille dont elle serait "follement" tombée amoureuse, selon sa marraine. Mais ces derniers mois, le couple battait de l'aile.
Abdelkarim B. est aussi décrit comme un homme violent et menaçant par le voisinage de Manon Relandeau. "On voyait bien qu’ils ne cherchaient pas à s’intégrer du tout" et "avait un langage particulier, très braque (cassant) dans les paroles, agressif verbalement, j’ai trouvé ça bizarre, mais je n’ai jamais rien vu qui laisse penser à de la violence", a confié le voisin d'en face auprès du Parisien. "La dernière fois que je l’ai vu, lui, il rentrait en marche arrière avec une grosse voiture noire, ce qu’il ne faisait jamais. Il est rentré directement dans la maison et est reparti assez vite", a raconté Danielle auprès du quotidien francilien, une voisine qui est "sans doute la dernière à l’avoir aperçu dans la commune, le jeudi 2 avril", précise le journal.
Il aurait pu exercer une forme d'emprise sur la jeune femme. Laquelle avait, selon les informations du Parisien, pris contact avec une association d'aide aux femmes victimes de violences conjugales. Elle avait même pris un rendez-vous à la date du 3 avril, jour du signalement de sa disparition par les proches, mais ne s'y est jamais rendue.
Le lendemain de sa disparition, le 28 mars, un SMS a été envoyé aux proches de la jeune femme depuis son téléphone. Il expliquait son départ en formation pour trois semaines. Mais les proches de Manon Renaudeau sont restés perplexes devant ce message, considéré comme suspect de par sa syntaxe et par son contenu.
Sur RMC, la mère de Manon Relandeau a pris la parole mardi 28 avril. Elle a exprimé sa détresse et ses inquiétudes au sujet de la disparition de sa fille. "J’ai des moments de plus en plus sombres", a-t-elle confié. Toutefois, elle a partagé son soulagement pour sa petite-fille Inaya, qui a été retrouvée saine et sauve en Algérie. "Je veux juste récupérer ma fille", a-t-elle lancé. La mère de famille attend désormais des réponses à ses questions, suite à l’arrestation du compagnon de sa fille. Elle espère que ce dernier dira "la vérité".
Une extradition impossible vers la France pour son compagnon ?
Quid d'une potentielle extradition du principal suspect vers la France ? Il faisait l'objet d'un mandat d'arrêt international et possède uniquement la nationalité algérienne, ce qui complique fortement la suite de la procédure. En effet, rien n'oblige Alger à accepter une demande d'extradition émanant de Paris. Le fait que l'Algérie ait exécuté le mandat d'arrêt français constitue toutefois un premier signe de coopération. Le mandat d'arrêt peut valoir mise en examen, le suspect pourrait donc, en théorie, être jugé en son absence.
"Qu'il soit algérien seulement ou franco-algérien, l'Algérie le considère comme algérien et ne l'extradera pas", estime Abderrazak Boudjelti, président de l'Union des avocats franco-algériens chez F3 Pays de la Loire. Le juriste pense que l'Algérie "voudra se garder cette affaire mais il y aura une coopération. La coopération judiciaire existe". Selon l'avocat, des enquêteurs pourront donc se rendre en Algérie et travailler avec leurs homologues algériens. Mais l'enquête sera placée sous l'autorité du juge algérien. "C'est comme en France : il y a un juge d'instruction et il fait ce qu'il veut. Toutes les demandes devront lui être adressées", conclut-il.
"Manon, c’est un ange (…) mais peut-être elle cache des trucs affreux"
Le conjoint de Manon Relandeau s'est-il exprimé, le 25 avril dernier, deux jours avant son arrestation en Algérie ? C'est en tout cas ce que des vidéos TikTok suggèrent. Un document que Ici Loire Océan a pu se procurer. Dans ces échanges, un homme dont le profil correspond au compagnon de la jeune femme de 31 ans. Il répond aux questions et y assure qu'elle est encore en vie. Cet homme, "BK" comme il se fait appeler, explique d'abord être chez ses parents en Algérie avec la petite fille du couple qui "fait la sieste". Il assure que Manon, qu'il présente comme "fragile", "est vivante" et qu'elle "se cache parce qu'elle a honte".
Il "n'a plus de contact avec elle depuis le 2 avril" (jour de leur départ en avion depuis Nantes pour l'Algérie, ndlr) assure-t-il et il "n'arrive plus à dormir". "Si Manon (lui) donne un signe de vie, (il) rentrera vite en France", poursuit celui qui pourrait être le compagnon de l'agricultrice. Attention, rien ne permet à ce stade d'identifier l'authenticité de ces images et d'imputer ses propos à Abdelkarim B. L'homme sait qu'il "sera placé en garde à vue" en cas de retour en France. "Je sais que je vais passer quelques petites vacances en prison", poursuit-il.
"Manon, c’est un ange (…) mais peut-être elle cache des trucs affreux, peut-être qu’elle est très méchante. Les gens la voient comme quelqu’un de bien, mais il faut creuser, il ne faut pas écouter la presse", précise cet homme dont le profil sur les réseaux sociaux lui correspond sur le réseau social TikTok
Un dispositif de recherche musclé avec de nouveaux drones
Si l'enquête sur la disparition de Manon Relandeau avance, la jeune agricultrice est encore introuvable. Depuis le début des recherches, plus de 100 gendarmes de la compagnie départementale de Nantes ont été engagés pour tenter de retrouver la jeune femme, aidés par deux équipes cynophiles, dont un chien St Hubert. Des recherches par hélicoptère et drone ont aussi été menées et la brigade fluviale de Saint-Pierre-des-Corps a été sollicitée pour explorer les marais environnants. La cellule d'identification criminelle de Nantes est également à la recherche de traces et indices. Enfin, une cellule nationale d'enquête, composée de 15 enquêteurs et dirigée par la Section de Recherches de Nantes, a été mise en place pour l'occasion.
Mercredi 29 avril, le Lieutenant-colonel Caffart a tenu un point pour faire le point sur les recherches en cours pour tenter de retrouver Manon Relandeau. "Aujourd'hui on a une cellule d'enquête avec 15 enquêteurs qui sont en permanence sur ce dossier. Et on a en plus de l'IRCGN, au sein de la compagnie de Nantes, on fournit au moins une dizaine de gendarmes qui vont faire les vérifications sur les points ciblés", indique-t-il au micro de BFMTV. Il précise que les drones de l'IRCGN permettent d'apprivoiser des zones "difficilement accessibles" en renfort des moyens disponibles en région, qui ne sont pas suffisants dans le cadre des recherches pour tenter de retrouver Manon Relandeau. "C'est un moyen complémentaire" aux moyens cynophiles ou à pied, dit-il. En revanche, "on a pas de périmètre défini, mais on est sur plusieurs dizaines de kilomètres carrés autour de la zone très rurale, avec de nombreux canaux, des marais, donc on a une réelle plus value avec l'emploi de nouveaux moyens aériens", à savoir, deux drones complémentaires de l'IRCGN, indique le Lieutenant-colonel Caffart.
"Il y a des investigations sur des comptes bancaires, des vidéos, l’enquête de voisinage qui est très large. On ratisse tout ce qui nous semble intéressant à l’instant T… [...] Il y a eu énormément d'auditions. On espère toujours, mais plus on avance dans le temps, plus les espoirs s’amenuisent", a confirmé le commandant Thierry Coin lors d'un point presse le 21 avril. Le 22 avril dernier, la gendarmerie avait lancé un appel à témoins pour tenter de retrouver Manon Relandeau. Toute personne susceptible d'avoir des informations qui pourraient aider l'enquête sur la disparition de Manon Relandeau, 160 cm, d'une corpulence mince et aux cheveux longs et ondulés, est appelée à contacter le 0800 877 668.