Mort de Lyhanna : Nous t'aimons tellement, les mots de la famille lors de l'hommage à Fleurance

Mort de Lyhanna : "Nous t'aimons tellement", les mots de la famille lors de l'hommage à Fleurance

La famille de la jeune Lyhanna a participé ce dimanche à la marche blanche organisée à Fleurance, dans le Gers. Elle a aussi pris la parole.

L'essentiel : 
  • Le corps découvert jeudi dans un silo agricole est bien celui de la jeune Lyhanna, 11 ans, portée disparue depuis le 29 mai dernier. L’autopsie a permis de confirmer qu'il s'agissait bien de la collégienne. "L'identification de la victime est confirmée", a déclaré vendredi le procureur de la République d'Agen.
  • Les causes de la mort restent à ce stade indéterminées. "Les médecins légistes, en l'état de leurs investigations, ne sont pas aujourd'hui en mesure d'indiquer quelles sont les causes de la mort. Dès lors, des examens et expertises complémentaires ont été ordonnés et vont être diligentés", a précisé le procureur de la République d'Agen.  
  • Jérôme Barella reste le principal suspect dans l’affaire Lyhanna. L’homme de 41 ans connaît bien le site agricole où le corps a été retrouvé puisqu’il y a travaillé par le passé. Le profil de l’individu est au centre de cette enquête puisque plusieurs plaintes pour viol sur mineur ont été déposées contre lui par le passé. Selon les informations de BFMTV, quatre nouvelles procédures, trois plaintes et un signalement, ont été lancées depuis la mise en examen de Jérôme Barella.
  • Une marche blanche a eu lieu ce dimanche 7 juin à Fleurance (Gers), la ville d'origine de la jeune Lyhanna. La famille était présente. La tante de la collégienne a lu une lettre écrite par la mère de la collégienne. "Pardon pour ce que tu as vécu, nous t'aimons tellement", a-t-elle notamment confié lors de cet hommage. Environ 6 000 personnes ont participé à ce rassemblement, selon la préfecture. 
En direct

17:10 - 6 000 personnes présentes à Fleurance, selon la préfecture du Gers

Selon la préfecture du Gers, environ 6 000 personnes participent à la marche blanche en hommage à Lyhanna organisée ce dimanche à Fleurance, la ville d'origine de la collégienne. La commune disait, avant ce rassemblement, attendre 5 000 personnes.  

16:55 - "Nous t'aimons tellement" : les mots de la famille Lyhanna

La famille de Lyhanna s'est exprimée dimanche 7 juin lors de la marche blanche organisée en hommage à la jeune fille. La tante de la collégienne a lu une lettre écrite par la mère de la victime. "Ma fille doit être tellement émue de voir tout ce monde rassemblé spécialement pour elle". Elle a aussi parlé d'un "drame abominable" lors de cette prise de parole. "Pardon pour ce que tu as vécu, nous t'aimons tellement". 

16:45 - Jérôme Barella : quatre procédures depuis sa mise en examen

Jérôme Barella reste le principal suspect dans cette affaire. Les témoignages sur la personnalité de cet homme se multiplient. Des plaintes et des signalements avaient été faits par le passé sans mener à des sanctions judiciaires. Selon les informations de BFMTV, depuis sa mise en examen, Jérôme Barella est visé par quatre nouvelles procédures, trois plaintes et un signalement de l'ASE. 

16:10 - "Plus jamais ça" : le message des participants à la marche blanche

Le cortège de la marche blanche se rapproche du collège où allait la jeune Lyhanna. Des milliers de personnes défilent quasiment silencieusement pour saluer la mémoire de la jeune fille. Des participants portent t-shirts avec l'inscription "plus jamais ça" et le visage de Lyhanna.

15:20 - La marche blanche à Fleurance a débuté

L'émotion est forte à Fleurance à ce dimanche 7 juin où la marche blanche en hommage à Lyhanna vient de débuter. Les parents de la collégienne et le maire de la ville sont bien présents. "Plus jamais ça. Lyhanna on t'aime, tu nous manques", peut-on lire sur la banderole en tête de cortège.

14:35 - Pourquoi Jérôme Barella a-t-il été viré d'un lycée en 2021 ?

Le passé de Jérôme Barella, suspect numéro un dans l'affaire de la mort de la jeune Lyhanna, est troublant. Il a déjà été cité dans plusieurs affaires impliquant des mineures. En février 2021, l'homme, alors agent d'entretien dans un lycée, est viré. "En février 2021, il a été mis fin à son contrat après une procédure disciplinaire, suite au signalement d'un comportement inapproprié envers une lycéenne", a expliqué la région Occitanie, selon franceinfo. La direction du lycée avait été mise au courant de messages envoyés entre Jérôme Barella et une lycéenne. 

14:10 - Une mère parle du comportement de Jérôme Barella après la disparition de Lyhanna

Jérôme Barella est toujours le principal suspect dans cette affaire. Une mère de famille a vu l'homme quelques après la disparition de Lyhanna à l'occasion d'une fête scolaire à Montestruc-sur-Gers. "On commençait à en parler avec les parents et il était là. Je me suis fait la réflexion que les papas étaient toujours en retard parce que j'ai vu qu'il était arrivé 15 minutes après", explique-t-elle à franceinfo. Jérôme Barella s'est assis, durant cette fête, juste à côté de cette mère. Selon elle, il avait une attitude normale. Néanmoins, elle se souvient que, dans les discussions entre parents, le suspect "n'intervenait pas vraiment, il était plutôt derrière, un peu souriant". Elle a été choquée d'apprendre que Jérôme Barella était le principal suspect dans cette affaire. "C'est une histoire de dingue. C'est très choquant de se dire que cette personne qui dit bonjour, qui sourit, peut en fait être le pire pervers qu'on ait jamais côtoyé", a-t-elle expliqué. 

13:40 - Mathilde Panot réclame la démission de Gérald Darmanin

Gérald Darmanin dans le viseur de Mathilde Panot. Sur LCI, dimanche 7 juin, la cheffe des députés LFI a réclamé la démission du ministre de la Justice. Pour Mathilde Panot, un départ de Gérald Darmanin ne permettrait pas "de changer la politique de fond" mais "enverrait un signal politique".

13:20 - "Ce drame aurait dû être évité" : Jean-Noël Barrot revient sur la mort de Lyhanna

Jean-Noël Barrot est revenu, dimanche 7 juin, sur la mort de la jeune Lyhanna et sur les révélations autour du principal suspect de l'affaire, visé par plusieurs plaintes mais qui n'a reçu aucune sanction judiciaire. Invité du Grand Jury RTL - Le Figaro - Public Sénat - M6, le ministre des Affaires étrangères a notamment parlé d'un "échec immense". "Ce drame aurait pu, aurait dû être évité", a affirmé Jean-Noël Barrot. Selon lui, les résultats de l'enquête visant à mettre en lumière les failles judiciaire vont conduire "sans doute à ce que des sanctions soient prises". 

12:15 - La colère de plusieurs célébrités après la mort de Lyhanna

La mort de la jeune Lyhanna fait réagir anonymes et personnalités. À l'image de l'animatrice Flavie Flament, des célébrités prennent la parole. L'actrice Juliette Binoche a partagé une publication sur les réseaux sociaux. "Les filles ont des droits dont celui de ne pas être des proies", peut-on lire. Avec cette publication, la comédienne a décidé de répondre à l'appel lancé par le média Mesdames de Maïtena Biraben. "Quand allons-nous protéger nos enfants ? La tragédie de trop", estime Emmanuel Béart. Philippine Leroy Beaulieau et Alex Lutz ont aussi pris la parole dans une vidéo. 

11:35 - "Une forme de protestation silencieuse" : les mots de David Taupiac, député du Gers

David Taupiac, député du Gers, a fait part dimanche de son émotion après la mort de la jeune Lyhanna. "C'est tout un territoire qui est traumatisé", a-t-il confié sur franceinfo. L'élu a prévu de participer à la marche blanche organisée à Fleurance. Avec sa présence, il souhaite "être aux côtés de la famille" et "dénoncer une situation" alors que les révélations autour du principal suspect et de son profil se succèdent ces derniers jours. Cette marche blanche est aussi, selon David Taupiac, "une forme de protestation silencieuse". 

11:05 - "On le surveillait" : les mots du directeur d'un centre sportif où se rendait Jérôme Barella

Jérôme Barella est toujours le suspect numéro un dans cette affaire. Les témoignages sur le comportement inquiétant du quadragénaire se multiplient depuis plusieurs jours. Le directeur d'un centre sportif où Jérôme Barella revient sur l'attitude étrange du suspect avec les enfants. "Très vite, on a repéré que quelque chose n'allait pas. Il était tout le temps avec les enfants et on le surveillait", explique-t-il notamment à BFMTV

10:40 - Des habitants de Fleurance s'expriment avant la marche blanche

La ville de Fleurance s'apprête à saluer la mémoire de la jeune Lyhanna, dont le corps a été retrouvé. Les habitants de cette commune du Gers sont toujours sous le choc. "Cette petite fille aurait pu être la mienne. Je me mets à la place des parents, des grands-parents… Enfin de toute la famille touchée par ce malheur", raconte un habitante à BFMTV. Un sentiment de colère est aussi présent. "C'est une gamine, la pauvre, qui ne demandait qu'à vivre sur cette terre et partir à cet âge-là et dans ces conditions, c'est inadmissible", souligne une autre personne. 

09:50 - Les demandes des parents de Lyhanna avant cette marche blanche

Les parents de la jeune Lyhanna vont participer à la marche blanche organisée en hommage à leur fille, selon leur avocat. Ils ont tenu à remercier la municipalité de Fleurance. "Ils invitent l'ensemble des maires présents à leurs côtés depuis le début des recherches de bien vouloir les accompagner pendant ce moment de recueillement", peut-on lire dans le communiqué de leur avocat. Les parents de la jeune fille ont fait savoir qu'"aucune autre présence politique n'est souhaitée" lors de ce rassemblement. 

09:30 - Ce que l'on sait de la marche blanche à Fleurance

La ville de Fleurance a donné des détails sur la marche blanche prévue ce dimanche après-midi en hommage à Lyhanna. Elle doit débuter dans l'après-midi, à partir de 15h, au niveau de la piscine municipale. Pour des raisons de sécurité, le parcours de la marche n'est pas détaillé. Mais elle doit durer jusqu'à 19h. Avant cet hommage, la municipalité appelle "à la dignité de tous" et au respect de "la demande d'intimité de la famille et des proches". Les parents de la jeune fille sont attendus à ce rassemblement. 

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Tout savoir sur l'affaire Lyhanna :

La disparition de Lyhanna a été signalée le vendredi 29 mai 2026 vers 19 heures par ses proches. La dernière trace de l'adolescente de 11 ans remonte au jour même, vers 15 heures, lorsqu'elle a été aperçue "assise à l'ombre, sur un trottoir" aux abords de son établissement scolaire avant d'être vue par un témoin "après sa sortie du collège dans le véhicule d'un homme", a déclaré le parquet dans le week-end. Le conducteur est le principal suspect : Jérôme Barella. Il a été identifié grâce aux caméras de vidéosurveillance de la ville.

Ce jeudi 4 juin, un corps a été retrouvé près du lieu de disparition de la jeune fille, révèle BFMTV. "Statistiquement, c'est forcément elle", a déclaré l'ex-commandant de la section de recherches d'Orléans, Jacques Fombonne, au micro d'une chaine info. "Il sera facile de la reconnaitre", dit-il. "Il faudra déterminer les causes de la mort et la chronologie". "Il est possible qu'il y ait plusieurs coups, une agression sexuelle avant le décès", poursuit-il.

Une enquête pour "enlèvement et séquestration de mineure" a été ouverte et a été transmuée en information judiciaire le lundi 1er juin, a annoncé le parquet d’Auch dans un communiqué. Clémence Meyer, procureure de la République dans le Gers, a ainsi annoncé que le parquet d'Auch se dessaisissait de l'affaire pour "le parquet d'Agen, pôle criminel".

Selon Clémence Meyer, Lyhanna n'avait jamais fugué et aucun élément n'orientait l'enquête vers une telle piste. Une hypothèse confirmée par les parents de Lyhanna : "C'est une certitude qu'elle a été enlevée, elle n'est pas partie d'elle-même", tous deux parlent d'une adolescente qui "ne serait jamais partie toute seule", au micro de France 3 Occitanie. En revanche, "si elle a confiance en quelqu'un, elle serait capable de monter dans la voiture". Un scénario qui corrobore la piste de l'enlèvement et de la séquestration.

Toutes les procédures concernant Jérôme Barella depuis 2017

Jérome Barella a d'abord été déféré devant le tribunal judiciaire d’Agen avant d'être finalement mis en examen lundi 1er juin pour enlèvement et séquestration de mineur de moins de 15 ans, crime puni de 30 ans de réclusion criminelle. Il a également été placé en détention provisoire. Il reste, à ce stade, présumé innocent. Cet homme, marié et père de deux filles âgées de 7 et 11 ans dont l'une est une amie de Lyhanna, est connu de la famille de l'adolescente disparue.

La procureure de la République d'Auch, Clémence Meyer, a fait le point sur toutes les procédures concernant Jérôme Barella - 41 ans, domicilié à Montestruc-sur-Gers, principal suspect dans la disparition de Lyhanna - menée par son parquet lors d'une conférence de presse, mercredi 3 juin. Elle a fait état de "trois procédures" anciennes en plus des enquêtes en cours : un renseignement de 2017 classé sans suite, une plainte pour viol sur mineur déposée en 2022 et reçue par le parquet d'Auch en 2024 également classée sans suite, une plainte pour viol sur mineur déposée en août 2025 pour laquelle une affaire est en cours et une plainte pour viol sur mineur déposée le mercredi 3 juin 2026.

La première procédure concernant le principal suspect dans la disparition de Lyhanna est un renseignement judiciaire "établi en 2017 par la mère d’une jeune fille de 17 ans" qui venait de découvrir que sa fille entretenait une relation avec cet homme. L'adolescente avait alors évoqué une relation consentie. "Au regarde de l’âge [de la jeune fille], il n'y a eu aucune infraction susceptible d’être enregistrée", a ajouté la procureure. L'affaire a été classée sans suite en février 2018.

Une autre procédure mettant en cause Jérôme Barella "a été reçue par le parquet d’Auch en janvier 2024". Celle-ci fait suite à "une plainte déposée en 2022" et dénonçant un "viol sur mineur de 15 ans commis courant 2020". La plainte déposée au commissariat de Béthune a d'abord été prise en charge par le parquet de Béthune avant d'être transmise au parquet d'Auch en 2024 en raison du lieu de domiciliation du suspect. Les actes d’enquête diligentés, notamment des examens médico-légaux, n’ont pas "permis d’étayer les déclarations" de la fillette. L'affaire a donc été classée sans suite.

Selon les révélations de RTL, Jérôme B. est accusé d'avoir violé la fille d'un ami qui était venue en visite avec sa famille. La plainte intervenait toutefois à l'époque dans un contexte de séparation difficile des parents de la fillette. Les examens médico-légaux tout comme l'expertise psychologique et les témoignages n'avaient pas non plus permis d'étayer les déclarations de l'enfant alors âgée de 9 ans.

La procureure de la République d'Auch, Clémence Meyer, est aussi revenue sur la plainte déposée en août 2025 par une mère dénonçant un viol sur sa fille mineure. "La plainte a été déposée le 22 août 2025", auprès du parquet de Toulouse qui s'est dessaisi de l'affaire au profit du parquet d'Auch en octobre 2025. "Le 27 août, la plaignante a été entendue et a dénoncé des faits de viols qui auraient été commis sur sa personne par le mise en cause entre septembre 2024 et mai 2025 au domicile de ce dernier", a précisé la procureure. "Les examens médico-légaux et psychologiques ont été réalisés en septembre et octobre 2025", ajoute-t-elle. "Le 9 janvier 2026, la procédure a été adressée par le parquet d'Auch à la gendarmerie de Lectoure dans le Gers pour poursuite de l'enquête" qui est actuellement en cours.

Dans le cadre de l'enquête faisant suite à la plainte pour viol sur mineure déposée en août 2025, la procureure d'Auch a fait savoir que, le 23 janvier 2026, le parquet avait prescrit "un certain nombre d'actes d'enquête complémentaires" dont un complément d'audition de la mère de la mineure, des auditions de témoins, des réquisitions téléphoniques. "Il a été prescrit à l'issue de ces actes d'enquête en placement en garde à vue du mis en cause pour audition", mais Clémence Meyer a rappelé que "dans une enquête pénale, l’audition du mis en cause est toujours le dernier acte d’enquête à effectuer" et que "cette enquête était en cours au moment de la disparition".

Enfin, une nouvelle plainte pour viol sur mineur a été déposée contre Jérôme Barella, principal suspect dans la disparition de Lyhanna, ce mercredi 3 juin a confirmé la procureure Clémence Meyer. Elle n'a cependant pas précisé le contexte ou la nature des faits. "Les faits se seraient déroulés lors d’une soirée pyjama, l’été dernier", au domicile du mis en cause, Jérôme Barella, à Montestruc-sur-Gers, où trois ou quatre mineures étaient conviées. Nicolas, le père de la victime, exprime sa colère : "Je ne comprends pas pourquoi il faut attendre qu’une jeune fille disparaisse pour que les choses soient prises au sérieux". "Des caresses sur les fesses quand elle sortait de l’eau..." sont évoquées par La Dépêche du Midi. "Ma fille, elle a subi ça à la soirée pyjama, le lendemain matin, quand il a voulu la réveiller, il l'a réveillée en lui caressant les fesses", raconte-t-il, cette fois-ci à Franceinfo.

La procureure Clémence Meyer a indiqué qu'"en parallèle de l'information judiciaire ouverte pour 'enlèvement et séquestration'" après la disparition de Lyhanna, "les enquêtes judiciaires ouvertes pour viols sur mineurs vont se poursuivre, et vraisemblablement faire l’objet d’un regroupement afin de les traiter à la lumière les unes des autres". Elle a également jugée "envisageable que la procédure qui avait fait l’objet d’un classement sans suite en 2024 soit réexaminée à la lumière des événements récents pour envisager une reprise des investigations".

Une enquête administrative ouverte sur le traitement de la plainte de 2025

Une plainte pour viols a donc été déposée contre le suspect en août 2025 par la mère d'une fillette âgée de 11 ans au moment des faits et prénommée Rosa. La mère de l'enfant a expliqué sur BFMTV qu'à l'époque sa fille avait changé de comportement depuis plusieurs mois et posait beaucoup de questions sur la sexualité. Elle aurait finalement révélé, en larmes, à sa mère et son compagnon avoir été violée à plusieurs reprises par Jérôme Barella, qui se trouve être le père d'une amie à elle, qu'elle côtoyait dans le cadre d'un sport commun. Ces viols qui auraient été commis entre septembre 2024 et mai 2025.

Rosa était "amie avec les enfants de Jérôme Barella" et se rendait "régulièrement à son domicile pour jouer avec ses copines", révèle BFMTV. Après plusieurs questions de l'adolescente au sujet du sexe, le conjoint d'Audrey, la maman, se doute de quelque chose. "Quand mon ex-compagnon a posé la question 'est ce qu'il t'a violée?' Ma fille a répondu 'oui'", raconte-t-elle. "Je me suis écroulée", concède la maman.

"Elle nous a décrit des pénétrations, en disant que ça lui avait fait très mal", explique la mère de famille. "Il dit qu'il va se pendre, qu'il va se suicider si elle ne dit pas qu'elle a menti", se souvient-elle. Justement, sous la pression, Rosa déclare qu'elle a menti alors qu'elle n'a que 11 ans. Mais avec les détails donnés par sa fille, Audrey se rend compte qu'elle disait vrai. En août 2025, Rosa et Audrey déposent plainte auprès de la gendarmerie mais neuf mois plus tard, en juin 2026, "le suspect n'a jamais été entendu sur ce dossier". "J'ai appelé les policiers, et ils m'ont dit clairement que je les saoûle et que si je n'arrête pas d'appeler, ils déposeraient une main courante pour harcèlement", regrette la maman de Rosa.

La procureure d'Auch a assuré le 3 juin avoir été récupéré l'affaire initiée par le parquet de Toulouse en octobre 2025. Elle soutient que la gendarmerie de Lectoure (Gers) a été informée de la poursuite de l'enquête le 6 janvier et que des actes d'enquête complémentaires ont été prescrits à la gendarmerie le 23 janvier ainsi que le placement en garde à vu du suspect en vue d'une audition après les actes d'enquête. Le parquet confirme cependant qu'il n'y a eu "aucune audition" du suspect, celle-ci étant le dernier acte d'enquête à mener.L'une des avocates de l'homme mis en examen le défend et confirme : "Mon client est toujours présumé innocent, il n’a jamais été entendu dans le cadre de cette enquête, il n’a jamais été interrogé".

Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez a annoncé mercredi 3 juin l'ouverture d'une enquête administrative pour "identifier d'éventuels dysfonctionnements" dans le traitement de cette plainte pour viols sur mineure déposée en 2025 contre le principal suspect. Elle sera confiée à l'inspection générale de la Justice et à l'inspection générale de la gendarmerie, précise Laurent Nuñez. "Quels sont les actes d'enquête qui ont été engagés, quelles suites ont été données ?" s'interroge le ministre, qui répondait au député Liot du Gers David Taupiac, lors de la séance des questions au gouvernement dans la chambre basse du Parlement.

Un examen médico-légal attestait de lésions compatibles avec les viols décrits dès septembre 2025, révèle ce jeudi BFMTV. Cela concerne bien la petite Rosa. Le 11 septembre 2025, la jeune fille a subi un "examen médico-légal aux unités médico-judiciaires, qui a attesté de la présence de lésions pouvant être compatibles avec les viols qu'elle avait décrits", dit BFMTV, confirmant une information du Figaro. Autrement dit, depuis cette date, les déclarations de la jeune fille pouvaient être jugées crédibles par la gendarmerie et le parquet de Toulouse. "Le suspect n'a pourtant jamais été auditionné", abonde la chaîne info. De son côté, la maman de Rosa assure n'avoir "jamais su quels étaient les résultats de cet examen, malgré ses multiples demandes".

Des "chatouilles" et un comportement inapproprié avec une lycéenne

L'homme de 41 ans et principal suspect connaissait Lyhanna selon les parents de l'adolescente. "Il venait au collège tous les matins (...). Il amenait des goûters à Lyhanna tous les jours. Elle nous a dit qu'il s'était amusé à lui faire des chatouilles, qu'il avait pas mal joué avec elle", raconte-t-elle au micro de M6. Certains comportements avaient d'ailleurs alerté les parents, notamment après une soirée pyjama chez l'une des fille du suspect : "Elle a fait une soirée pyjama en début d'année scolaire chez Sofia, sa meilleure amie (...). On a demandé si ça avait été plus loin. Elle nous a regardés un peu choquée, sans trop comprendre de quoi on parlait. Elle m'a dit que non, qu'il avait juste joué avec elle, comme un papa qui jouerait avec sa fille", précise-t-elle auprès de BFMTV.

"Ils avaient senti qu’il y avait eu un comportement inapproprié, sans forcément parler d’agression sexuelle, mais en tout cas, un comportement qui n’était pas adapté à un père qui reçoit les amis de sa fille pour une soirée pyjama. Lyhanna en avait parlé à sa mère qui avait stoppé tout contact", a expliqué l'avocat des parents à Sud Ouest.

Jérôme Barella aurait déjà eu des comportements inappropriés avec une autre jeune fille selon les informations de BFMTV. L'homme, qui a assuré des remplacements en tant qu'agent d'entretien contractuel dans différents lycées du Gers pendant environ trois ans à compter de septembre 2018, a vu un de ses contrats prendre fin après une procédure disciplinaire en février 2021. Celle-ci faisait suite à un signalement de la proviseure concernant des messages insistants que le suspect avait envoyés à une lycéenne sur les réseaux sociaux.

Au micro de RMC, le professeur de sport de l'homme soupçonné d'avoir enlevé la jeune Lyhanna, a déclaré mercredi 3 juin qu'il avait des soupçons concernant Jérôme Barella. "Nous trouvions qu’il passait trop de temps avec les enfants ; en particulier avec une gamine qui prenait elle aussi des cours de sport", explique-t-il. "On l’avait toujours à l’œil. Hélas, je ne suis pas allé jusqu’à le virer du club. C’est affreux", dit-il.

"J’ai appris seulement hier que la maman de cette gamine de notre club, auquel Jérôme B. semblait très attaché, avait porté plainte. Elle m’a appelé, m’a expliqué qu’elle avait déposé plainte pour viol contre Jérôme B. Comme elle avait déménagé en juin avec sa fille, elle ne m’avait pas informé de la plainte et la gendarmerie ne m’avait pas informé non plus", poursuit-il. Enfin, ce professeur a rencontré l’épouse du suspect. "Elle venait pour les passages de grades, mais je ne lui ai jamais parlé ; elle était assez effacée", conclut-il.

Le parcours de Jérôme Barella, de 15h05 à 20h30, le 29 mai

Le domicile du suspect a été passé aux cribles selon BFMTV et des scellés ont été posés sur la maison. Le véhicule du suspect a par ailleurs été transféré vers l'Institut de recherche criminelles de la gendarmerie. Des "constatations extrêmement poussées" doivent y être menées. Les enquêteurs doivent notamment essayer de décrypter les équipements de ce véhicule plutôt "moderne" pour obtenir des précisions sur les déplacements du suspect, Jérome Barella.

Interrogé en garde à vue, le suspect a "reconnu avoir déposé l'enfant, à sa demande, aux abords de la piscine de Fleurance" le 29 mai, a indiqué le parquet, tout en précisant que "ses déclarations sont néanmoins apparues contradictoires et imprécises". À noter que l'homme "a été brièvement hospitalisé samedi 30 mai, peu après son interpellation par les gendarmes", indique La Dépêche du Midi. Il se plaignait de problèmes cardiaques.

Vers 15h05, Jérome Barella est donc filmé par la vidéosurveillance de la commune de Fleurance, transportant Lyhanna dans sa voiture. Il dit l’avoir déposée aux abords de la piscine municipale, or cette dernière était fermée ce jour-là. Entre 18h30 et 20 heures, il est aperçu par plusieurs témoins à la fête de l’école primaire de sa plus jeune fille, dans le village de Montestruc-sur-Gers où il réside. "Le suspect était présent à la fête de l’école pour la bonne raison que sa fille participait au spectacle", indique Anne-Marie Pisoni, la maire de la commune, pendant le JT de 20 Heures de France 2. "Mon fils, lui, l’a vu, il prenait la vidéo avec son téléphone, il était tout souriant", indique un autre habitant.

Ensuite, il serait retourné à Fleurance alerter les parents d’une amie de Lyhanna de sa disparition. "Le téléphone de mon conjoint a sonné. Il m’a dit : 'C’est Jérôme. Je le rappellerai après'. Il a insisté plusieurs fois et, à 20h15, 20h30, on a entendu sonner à la maison et c’était lui. Il nous a dit : 'La petite Lyhanna a disparu. Vous ne l’avez pas vue ?'", révèle à France 2 Audrey Portalié, maman d’une amie de Lyhanna. Selon elle, le suspect aurait demandé si Lyhanna avait pu fuguer. Enfin, plusieurs témoins disent ensuite l’avoir vu participer aux premières battues avant son interpellation samedi 30 mai.

Lors de sa première audition, Jérôme Barella a nié avoir vu la collégienne de 11 ans le jour de sa disparition, même s'il a reconnu la connaître pour être une amie de sa fille aînée, selon les informations du Parisien. Ce n’est qu'après que les gendarmes lui ont montré les images de vidéosurveillance ayant permis de l'identifier dans la voiture qu'il a reconnu avoir fait monter Lyhanna dans son véhicule. Il a ensuite indiqué l'avoir déposée à la piscine. Un changement de version qui a alerté les enquêteurs.

Des recherches minutieuses pour capter le moindre "indice"

Jeudi 4 juin, près de 180 gendarmes sont mobilisés pour tenter de retrouver la jeune fille, appuyés par des hélicoptères équipés de caméras thermiques survolant chemins et cours d'eau, des drones thermiques pour les bâtiments, des équipes cynophiles et des plongeurs. Des cavaliers équestres sont également attendus sur site selon La Dépêche du Midi.

Les plongeurs sont mobilisés pour poursuivre les recherches "dans le lac au nord d’Urdens, à l’intersection de la D953 et de la D568", indique Sud-Ouest. Les gendarmes doivent également balayer "le bois de Labarthe, au sud de l’hippodrome". Un peu plus tard dans la journée, les personnes mobilisées sur les recherches "reprendront le porte-à-porte", précise le quotidien.

Des civils volontaires ont également participé à des battues et "afin de coordonner les actions et faciliter le travail des agents mobilisés", a fait savoir le maire de Fleurance, Grégory Bobbat, dimanche dernier. À ce stade, "un certain nombre d’objets, d’indices" ont été trouvés et son en cours d'analyse a indiqué le colonel de Laforcade lors d'un point presse lundi. D'autres analyses doivent être menées sur le véhicule du suspect qui a été saisi.

Le véhicule de Jérôme B. est au cœur des investigations, il est passé au crible à Pontoise (Val-d'Oise), à l'institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale. "On regarde tout ce qui lui est rattaché : sa maison, son véhicule", explique Jacques Dallest, ex-procureur général auprès de la Cour d'appel de Grenoble, à France 2. Objectif : rechercher une preuve matérielle.

Dans le détail, des prélèvements génétiques sont réalisés sur les sièges passagers, mais aussi dans le coffre. Aucun élément accablant n'a été découvert à ce stade, révèle BFMTV jeudi 4 juin, confirmant une information du Parisien. Des traces ADN de Lyhanna ont bien été retrouvées à l’intérieur du véhicule puisque l'adolescente a été vue à son bord par un témoin le jour de sa disparition. Autre point qui intéresse particulièrement les enquêteurs : l'électronique embarquée. Il permet de savoir où et quand s'est rendu un véhicule. Ici, les analyses sont toujours en cours.